
"Old Man" © Marvin Greenbaum
Cette histoire paraît invraisemblable. On n'est pas étonné que « les voleurs d'images » existent. Il y en a des millions et des millions sur le net. C'est loin d'être un phénomène isolé. Mais ce qui est surprenant, c'est que les jurys d'un salon de photographie mettent autant de temps à découvrir le pot aux roses. La supercherie était pourtant d'une simplicité déconcertante...
Des photographes participants au concours du salon de la photographie de Skikda, dont le thème était « le portrait », ont été interrogé par Huffpost Algérie. Certains au début du concours avaient déjà eu des doutes au sujet de Fawzi Foughali. Les tirages de sa présumée photographie étaient de très mauvaise qualité par rapport à ceux de ses adversaires. Après la remise des prix, certains participants ont voulu vérifier sur un logiciel si cette photographie était bien celle de Fawzi Foughali. Ils ont bien sûr découvert la mascarade, mais tous ont préféré garder le silence. Ce sont des passionnés de photographie qui ont révélé la supercherie sur les réseaux sociaux.
La gloire de Fawzi Foughali fut heureusement de courte durée. Face aux réactions violentes du web, la maison de la Culture de Skikda a alors décidé, ce 22 mai, de lui retirer le premier prix et de le bannir de toutes les activités et les manifestations culturelles dans la région de Skikda. L'imposteur a également enfreint la loi puisque la photographie était sous la licence tous droits réservés sur Flickr. Il est possible que Martin Greenbaum porte plainte contre Fawzi Foughali. Mais nous n'avons aucune information qui pourraient confirmer cela.
Cette situation paraît anecdotique. Elle est en fait révélatrice d'une problématique qui agite maintenant depuis plusieurs années le milieu de la photographie. A l'ère d'Internet et de la société des images, la propriété intellectuelle est une notion de moins en moins respectée. Internet est aux yeux de ses utilisateurs un espace libre de droits : « Il suffit de faire un clique droit et d'enregistrer sous... » Certes, mais il faut également respecter le travail des photographes. Mais comment faire prendre conscience au grand public de l'importance de la propriété intellectuelle alors que de nombreux médias piquent littéralement, sur Twitter ou encore sur Instagram, les clichés de photographes professionnels ou amateurs ?
Source : http://www.huffpostmaghreb.com/2016/05/22/photographie-plagiaire_n_10098956.html">Huffpost

