
© Celine Pepsiline/ Creative Commons
Le magazine VSD et une photographe s'étaient retrouvés il y a un peu plus d'un mois face à la famille d'une victime du Bataclan, Cédric G. La cause ? La publication de la photo de la victime en double-page du magazine, dans un numéro spécial du 17 novembre.
Retour sur les faits
L'affaire remonte à novembre dernier. Quatre jours après les terribles attaques terroristes du 13 novembre, le magazine VSD publiait un numéro spécial dédié « aux martyrs de notre liberté. » Dans ses pages, la photo d'un homme à terre, blessé et entouré de pompiers. Son visage n'était pas flouté, il était à moitié nu et en sang. En légende, le journal affirmait qu'il s'agissait d'un rescapé du Bataclan. Or, la victime sur cette photo était morte. A la découverte de cette image, la famille du trentenaire décédé a décidé d'attaquer le magazine en justice. Me Jean Sannier, https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/vsd-magasine-au-tribunal-pour-avoir-publie-la-photo-dune-vic" : « L’image est en couleur et non floutée. On voit du sang et l’impact de la balle. Cela a choqué la famille qui, de surcroît, savait qu’il était déjà mort. ». La famille, qui s'était constituée partie civile, réclamait 8000 euros de dommages et intérêts.
L'infraction reprochée au magazine a été introduite le 15 juin 2000 par la loi Guigou : « Il est interdit de diffuser, sans l’accord de l’intéressé, la reproduction des circonstances d’un crime ou d’un délit portant gravement atteinte à la dignité de la victime. » Mais la ministre de la Justice avait alors précisé que seules les victimes vivantes pourraient poursuivre le média mis en cause. Pour la défense, il n’y avait donc que Cédric G., s’il avait survécu, qui aurait pu attaquer VSD. Personne d'autre n'aurait pu le faire à sa place.
C'est ce que la défense avait pointé du doigt lors de la première audience devant le tribunal correctionnel de Paris. https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/vsd-magasine-au-tribunal-pour-avoir-publie-la-photo-dune-vic", Vincent Tolédano, l'avocat de la photographe Maya Vidon-White, absente lors des audiences, s'était interrogé devant les juges. La victime n'étant pas en vie, il n'y avait pas d'infraction selon lui. Aude Vives-Albertini, l'une des avocats de la partie civile, estimait elle, que la loi devait être appliquée et que VSD devait donc être condamné. Pour le procureur Jean Quintard, c'est le fond du dossier qui devait prévaloir. La victime étant décédée, sa famille avait le droit de déposer plainte en son nom. Pour cela, il avait requis que le tribunal rejette l’irrecevabilité et la nullité.
Un jugement « pour la liberté de la presse » ?
Le tribunal devait répondre à cette question juridique dans un jugement le 20 mai. Et vendredi dernier, il a déclaré ces poursuites irrecevables car reposant sur un « fondement juridique erroné ». Il n'y aura donc pas de procès. Les proches de la victime peuvent toujours toutefois saisir la justice au civil, comme l'a souligné le président Alain Bourla vendredi dernier. Pour Me Toledano, « C'est une bonne nouvelle pour la démocratie et la liberté de la presse ». Selon lui, « Maya Vidon-White a fait son devoir de journaliste, témoin d'un événement dramatique, dont elle a rendu compte dans toute son horreur. Elle n'a commis aucune infraction ».
Sources : https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/vsd-magasine-au-tribunal-pour-avoir-publie-la-photo-dune-vic" https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/vsd-magasine-au-tribunal-pour-avoir-publie-la-photo-dune-vic" https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/vsd-magasine-au-tribunal-pour-avoir-publie-la-photo-dune-vic"https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/vsd-magasine-au-tribunal-pour-avoir-publie-la-photo-dune-vic"

