
© Luis Arturo AGUIRRE © musée du quai Branly, Photoquai 2015 Photographe: Luis Arturo AGUIRRE

Diaspora © Omar Victor Diop © musée du quai Branly, Photoquai 2015

Supersonas © Juan Pablo ECHEVERRI © musée du quai Branly, Photoquai 2015
Depuis sa création en 2007, la biennale des images du monde Photoquai poursuit sa mission fondamentale : « mettre en valeur et faire connaître des artistes du monde entier ». La sélection des 40 photographes de cette 5e édition a été réalisée par une équipe curatoriale constituée du directeur artistique Frank Kalero, de six commissaires et d’un comité de programmation interne au musée du quai Branly présidé par Stéphane Martin. « Il n'y a pas plus mobile, fluide qu'une photo » souligne ce dernier. Paradoxalement pourtant, la circulation ne fonctionne pas toujours. Le marché de l'art et les grandes foires internationales mènent la danse, faisant émerger deux camps bien distincts : ceux qui ont la chance d'être montrés... et les autres. C'est la raison même d'exister de Photoquai, poursuit le directeur du Musée Branly, car il s'agit bel et bien d'aller à contre-courant et d'accentuer la circulation des oeuvres.

The pink choice © Maika ELAN © musée du quai Branly, Photoquai 2015

Close distance © Jannatul MAWA © musée du quai Branly, Photoquai 2015
La plus grande exposition photo du monde
Ouvrir les horizons. Vaste programme ! Surtout lorsque le monde occidental a tendance à croire qu'en dehors de lui, tout n'est que guerre, sida ou dictature, lâche Frank Kalero. C'est qu'il s'engage ce directeur artistique ! « Comment fonctionne cette société dans laquelle on a tendance à s'autoselfiser en permanence ? » interroge-t-il. La thématique de cette année « We are family » élargit le champ des possibles, questionne les identités et pointe le doigt sur la façon dont se construisent les sociétés, à travers la famille notamment. Le lien familial est génétique bien sûr, mais il est aussi bien plus, ou bien moins.

Menya’s kids © Myriam Abdelaziz © musée du quai Branly, Photoquai 2015

Piedra redonda © Karen MIRANDA RIVANEDEIRA © musée du quai Branly, Photoquai 2015
Le caractère ultradémocratique de Photoquai (accès libre, plein air) donne aux organisateurs une « responsabilité sociale » affirme Kalero, surtout face à un grand public qu'il juge, avec tendresse, sans compassion et pourtant extrêmement reconnaissant. Dans la rue, le public est différent. Il ne faudrait pourtant pas oublier que les quais constituent un vrai musée en plein air, avec un gardiennage, un éclairage, un circuit, et le tout au sein d’une scénographie de Patrick Jouin. En terme de visiteurs, Photoquai s'impose comme la plus grande exposition photo dans le monde, avec près de 500 000 visiteurs.

Frank Kalero le dit sans détour, il n'avait pas envie de travailler avec ce qu'il appelle le « ghetto photographique ». Seules les images comptent lors de cette biennale, pas les photographes stars. Comment pourrait-il en être autrement alors que Photoquai cherche précisément, à travers les oeuvres exposées, à promouvoir la « célébration de la diversité et de la condition humaine » ?
Rendez-vous en septembre !
Plus d'infos :http://www.photoquai.fr/2015/"
Emilie Lemoine

