
« Pipeau, monté, bidon »
Leroy n'est vraisemblablement pas du genre à se cacher derrière son petit doigt : « Nous n'exposerons pas le World Press à Perpignan cette année » Selon lui, le prix doit se ressaisir. http://fr.actuphoto.com/31180-scandale-a-charleroi.html" et de son photographe italien Giovanni Troilo qui a proposé un sujet « pipeau, monté, bidon » n'y est pas pour rien. Le prix accordé à Mads Nissen, au moment où Daesh met le monde à feu et à sang et qu'Ebola n'en finit de se propager au cœur de l'Afrique, joue lui aussi un rôle dans cette distance qui s'est installée entre les deux associations. « On essaie de défendre un journalisme de qualité et on ne se reconnaît plus dans le World Press » conclue-t-il. A suivre.
Un programme copieux et de nombreux prix
Alors en vrac (et gratuitement, ce qui ne gâche rien), les chanceux qui se rendront à Perpignan pourront découvrir ou redécouvrir le travail de photojournalistes de talent : Mohamed Abdiwahab, Lindsey Addario, Daniel Berehulak, Marcus Bleasdale, Nancy Borowick, Andres Kudacki, Bülent Kiliç, Giulio Piscitelli, Pascal Maïtre, Sergey Ponomarev, Manoocher Deghati...
L'occasion aussi de voir les images d'http://fr.actuphoto.com/31180-scandale-a-charleroi.html", Vénézuélien qui photographie son pays depuis la mort de Chavez : « Un boulot qui m'a éblouit ! » confie Leroy à son propos. Et le temps d'être bouleversé devant les clichés de http://fr.actuphoto.com/31180-scandale-a-charleroi.html" qui a suivi le combat de ses deux parents contre le cancer ou de s'étonner de l'infinie bêtise du tourisme à Tchernobyl, immortalisé par http://fr.actuphoto.com/31180-scandale-a-charleroi.html".
Mais Perpignan, c'est aussi l'endroit et le moment de récompenser celles et ceux qui s'illustrent et se distinguent dans le monde du photojournalisme : prix de la ville de Perpignan Rémi Ochlik 2015, Visa d’or humanitaire du Comité International de la Croix-Rouge, Prix Camille Lepage 2015, etc. Mention spéciale pour le prix Canon de la femme photojournaliste en partenariat avec le magazine ELLE et qui permettra d'ailleurs d'exposer cette année le travail de la gagnante de l'édition 2014 : http://fr.actuphoto.com/31180-scandale-a-charleroi.html" et son Devenir «mère ado» (ou le destin de jeunes filles du Nord-Pas -de-Calais devenues mères alors qu'elles ne sont qu'adolescentes).

A l'ombre de Charlie
Jean- François Leroy et Jean Paul Griolet, président de l'association http://fr.actuphoto.com/31180-scandale-a-charleroi.html", ont chacun évoqué à leur manière le drame Charlie Hebdo et une liberté de la presse souvent compromise, pour ne pas dire parfois anéantie.
L'édition 2015 du festival rendra donc hommage à Charlie, notamment à travers le travail de Arnaud Baumann et Xavier Lambours : Dans le ventre de Hara-Kiri Les pères de Charlie. L'occasion de se souvenir des anciens comme le Professeur Choron, François Cavanna, Gébé, Wolinski, Cabu, Willem ou Reiser, et de la relève incarnée par Berroyer, Vuillemin, Gourio, ou encore Charb,Tignous et Honoré, assassinés aux côtés de Cabu et Wolinski.
Un futur Centre International du Photojournalisme
Et puis, afin de pérenniser le travail du festival, Perpignan lance le projet d’aménager au Couvent des Minimes un Centre International du Photojournalisme, ouvert toute l’année. Lieu de fonds, d'archivage, de monstration, d'apprentissage et de transmission, le CIP souhaite proposer aux plus jeunes une éducation à l'image qui est essentielle. Belle idée.
Emilie Lemoine

