
"Beyond fashion V", 2012 © Susanne A. Friedel
Le musée MKG à Hambourg propose un regard engagé sur l'univers de la mode, à travers l'exposition « Fast Fashion », jusqu'au 20 septembre 2015.
La série de photographies fait réfléchir le public sur les dérives de la mode et de l'industrie textile, un secteur économique délocalisé dans les pays où la main d'oeuvre exécute à des salaires bas un travail éreintant, comme en Chine, en Inde, au Bangladesh, au Vietnam ou au Cambodge. Produire à faible coût des vêtements qui seront revendus aux consommateurs occidentaux, à des prix que les ouvriers locaux ne pourraient pas se permettre : c'est le paradoxe que soulève le musée. À travers une scénographie méthodique, les photographies dévoilent le fonctionnement de cette industrie à l'échelle mondiale, les dérives écologiques des usines, les conditions de travail dégradantes des ouvriers, ainsi que l'impact sur les consommateurs.

Ouvrière textile au Bangladeh, 2008 © Taslima Akhter
À Hambourg, on met le doigt sur un problème que bon nombre de consommateurs préfèrent souvent éviter. Les clichés choquent et dérangent. Les photos redonnent un visage humain à une industrie devenue, elle, inhumaine. Un amer constat que les visiteurs ne pourront que dénoncer. Si aujourd'hui les musées s'engagent dans ces problématiques, c'est que les médias ont tendance à fermer les yeux. L'occasion est pourtant donnée aux journalistes de parler des dérives de la mode à l'occasion de quelques catastrophes, notamment en 2013, lorsque la fabrique de tissu de Dhaka, au Bangladesh, s'est écroulée, entraînant la mort de 1133 personnes. Bon nombre de http://www.liberation.fr/economie/2013/05/10/catastrophe-de-dacca-les-marques-sont-responsables_902122">marques, comme Tex - une sous-marque de Carrefour-, Benetton, Primark ou encore Mango.
Depuis cette date, une conscience éthique de la mode est apparue chez plusieurs marques. Ainsi, le 24 avril 2014, le http://www.liberation.fr/economie/2013/05/10/catastrophe-de-dacca-les-marques-sont-responsables_902122">marques a vu le jour. Il s'agit d'une journée de mobilisation pour engager la prise de consience collective, inititée par Carry Somers, la http://www.liberation.fr/economie/2013/05/10/catastrophe-de-dacca-les-marques-sont-responsables_902122">marques en Grande-Bretagne et diffusée principalement sur les réseaux sociaux via la publication de selfies comme symbole de soutien au mouvement.
D'ailleurs, l'exposition allemande donne aussi la parole à cette nouvelle tendance « éthique » : une partie de la galerie se concentre sur ce qu'on appelle un « laboratoire » de tendance, où des labels en faveur de l'éthique, du social et de l'écologie sont mis en valeur. De nouvelles approches du design sont montrées, proposant par exemple le recyclage des tissus pour produire les vêtements.

Vêtements recyclés, 2005 © Tim Mitchell
On est encore loin d'un mouvement massif en faveur d'une industrie textile plus juste et plus humaine, mais les initiatives sont en marche. En janvier 2015, les réseaux sociaux français relayaient l'émission télé-réalité http://www.liberation.fr/economie/2013/05/10/catastrophe-de-dacca-les-marques-sont-responsables_902122">marques norvégienne, diffusée en avril 2014 sur le site du journal Aftenposten. Pendant cinq épisodes, des blogueurs mode étaient plongés au cœur du quotidien des travailleurs cambodgiens. Des larmes à la télé, pourquoi pas. C'est une arme comme une autre pour dénoncer les conditions difficiles de ces ouvriers qui ne connaîtront peut-être jamais la sensation d'un premier jour des soldes.
Source : http://www.liberation.fr/economie/2013/05/10/catastrophe-de-dacca-les-marques-sont-responsables_902122">marques

