
« Le droit à l'image doit céder devant la liberté d'expression chaque fois que l'exercice du premier aurait pour effet de faire arbitrairement obstacle à la liberté de recevoir ou de communiquer des idées qui s'expriment spécialement dans le travail d'un artiste, sauf dans le cas d'une publication contraire à la dignité de la personne ou revêtant pour elle des conséquences d'une particulière gravité » arrêt du 5 novembre 2008, Cour d'appel de Paris.
Dorénavant, photographier en Hongrie expose à des poursuites sans l'autorisation de toutes les personnes présentes dans un lieu public. Depuis samedi 15 mars, le Gouvernement a tranché en faveur du droit des passants qui se retrouvent sujets malgré eux d'une photographie prise dans la rue. Quiconque prendra des photos dans le pays devra s'assurer d'avoir le consentement de toutes les personnes visibles sur ses photographies. Cette nouvelle, effectivement mal accueillie par les professionnels, fait débat puisque qu'aujourd'hui, avec les réseaux sociaux et diffusions de clichés, et surtout avec le développement des techniques de reconnaissance faciale, la question de l'équilibre des droits prend une autre tournure. Comment concilier le droit à la vie privée et le droit à l'image des personnes photographiées sans leur accord, contrebalancé par le droit à la liberté d'expression ou à la liberté de création artistique ?
Jusqu'à présent, la loi hongroise autorisait les photographies mais demandait que les visages soient floutés, comme c'est le cas en France. L'accord des personnes photographiées peut se faire par simple accord verbal et la loi exclut aussi la nécessité de demander leurs permissions aux personnes connues, ainsi qu'à celles photographiées dans les manifestations et autres réunions de masse.

