
Vallauris (Alpes-Maritimes), 1948. Picasso, ses amis, sa famille photographiés par Robert Capa. | ROBERT CAPA/INTERNATIONAL CENTER OF PHOTOGRAPHY NY
Depuis ses images de la guerre civile d'Espagne, le maître précurseur du photojournalisme est aussi l'incontestable du noir et blanc.
Pourtant, ce sont des clichés aux couleurs douces et pâles que le http://www.icp.org/museum/exhibitions/traveling/capa-color"accueillera jusqu'au 4 Mai prochain. Un hommage posthume et grandiose, concernant 125 photographies inédites, pour la première fois offertes au public.
Aux cotés d'Ernest Emingway, Pablo Picasso et Ava Gardner, Capa documente également le Vietnam, l'Italie, le Maroc, Israel ou encore l'URRS.
Si c'est en 1938 qu'il découvre avec enthousiasme l'arrivée des premiers films couleurs Kodachrome pendant qu'il couvre la guerre sino-Japonaise, le jeune homme qu'il est alors continue à exploiter une dimension moins vernaculaire, plus « vivante » de l'image immobile. « Capa s'est réinventé en tant que photographe quand il ne couvrait pas les guerres ou les conflits politiques » commente Cynthia Young , commissaire de l'exposition et conservatrice des archives de Robert et Cornell Capa
Travaillant à l'époque pour le Saturday evening post et Life, le photographe devra toutefois affronter de nombreux refus de la part de la Presse en raison de son utilisation de la couleur. Goûtues, rebondissantes et débordantes de vie, les images de Capa sont également mises à mal après sa disparition : une des idéologie dominante des années 60 imposait aux journalistes une illustration monochrome.
Digne retour des choses donc, et justice rendue par les années passées, l'exposition est une nouvelle commémoration largement mérité.
Géographiquement et chronologiquement parlant cohérente, Capa in Color suit la courbe d'une époque, le dessin d'une vie impossible à vouloir oublier.
Charlotte Courtois

