
Traquer une programmation riche, indépendante et solidaire, tel est le but du centre culturel fondé par le photojournaliste Michael Kamber en 2011, qui lance un appel de fond sur le site https://www.kickstarter.com/projects/1667757478/film-and-photo-for-all-one-year-of-programs-at-the".
Afin de lutter contre les injustices, d'évoquer les grands thèmes sociétaux actuels, la meilleure des façon était certainement de rassembler autour d'une programmation éclectique et métissé.
Après avoir couvert la guerre en Irak et à la suite du décès de son ami Tim Herrington, tué au Liban en 2011, Michael Kamber choisit d'intervenir différemment et directement.
Le Bronx est une zone complexe, chaude et survoltée, dont la plupart des habitants sont issus de la classe ouvrière et de l'immigration. En tant que résidant du quartier, le photographe a voulu rendre honneur à son voisinage, à une culture et à un quotidien souvent ignoré, mis de coté. Pour ce faire, il a choisi de mettre ses connaissances et ses talents à profit, en montant un centre affranchi des injustices dont souffrent certains médias, concours photos ou festivals.
Le Bronx Documentary Center propose des cours de photo gratuits chaque semaine, quatre expositions par an, et des dizaines de projections suivies de débats. « Des mères de familles célibataires croisent le chroniqueur du New York Times, les jeunes photographes peuvent discuter avec des photographes reconnus » confie Michael Kamber dans le dernier numéro du magazine 6 mois : « Les Africains, les Latinos, les Arabes se comptent sur les doigts d'une main. Dans l'immense majorité des cas, des photographes blancs issus de la classe moyenne supérieure racontent les malheurs de pauvres Noirs à d'autres Blancs...»
Pour lutter contre les inégalités, la désinformation et la violence, le récent centre culturel offre un quotidien différent, et un juste retour de nouvelles possibilités.
Des perspectives d'avenir pour de nombreux jeunes, dont certains, déscolarisés, ne parlent pas un mot d'Anglais. Car s'il arrive de préparer des repas à une heure du matin pour des jeunes de 13 ans qui ont faim, il est surtout primordial de promouvoir l'ouverture d'un quotidien et de possibilités d'avenir, de conserver une politique solidaire et généreuse.
Pour ce faire, les bénévoles et l'ex reporter au New York Times investissent : plutôt que de compter sur les mécènes, Michael Kamber pensait acheter un parking pour financer le centre, une façon comme une autre de récolter des fonds et de promouvoir le Bronx documentary Center, qui gagne chaque jour en visibilité.
Aujourd'hui et pour une offre à la hauteur de ses projets, le Bronx documentary Center a besoin de donateurs. Il est possible de participer (ne serait-ce qu'à hauteur d'un dollar), à l'édification d'un lieu dédié à la photographie contemporaine, à une nouvelle génération forte de ses différences et fière de son patrimoine culturel universel.
Charlotte Courtois

