
Célébrant les mérites du disques vinyle à l'heure de la musique digitale, le phénomène Sleeveface, (littéralement « figures pochette »), n'a pas fini de plaire aux collectionneurs, aux passionnés de musique de tout âges.
Le concept est loin d'être jeune: déjà en 2008 Carl Rostron et Carl Morris publiaient Sleeveface, un livre ludique et amusant de 192 pages, contenant autant de photographies que de noms de groupe et de musiciens ( 200 environ).
Depuis et à travers la toile, de nouvelles photos continuent d'affluer, et internet regorge d'exemples, d'illusions plus ou moins bien réalisés.
Initialement lancé par un mouvement du Dj Carl Morris lors d'un soir de fête (dans un bar du pays de Galles), l'idée est simpliste mais efficace: il suffit de sélectionner une pochette de vinyle qui a du potentiel et de la placer sur son visage, en faisant bien sûr en sorte que le cadre réaliste dans lequel évolue le poseur corresponde à l’esthétique du disque. Il s'agit évidemment de prolonger l'image en jouant sur la perspective, les couleurs et les actions.
Un site est réservé au divers post des internautes: http://www.sleeveface.com

Purement amusant, le sleeveface permet de renouer avec les pochettes kitschs et improbables des années 70-80. Il est aussi un bon indicateur quand à l'ingéniosité de certaines illustrations de pochettes de disques, parfois même, il s'avère un révélateur d'associations ignorées, comme pour Rain Dogs, le neuvième album de Tom waits ( 1987), décoré d'une des plus célèbre œuvre du photographe Anders Petersen, récemment exposé à la Bibliothèque nationale de France à Paris.

Il va sans dire que la prochaine édition du Disquaire Day, programmé pour le 19 Avril prochain, en ravira plus d'un. Au-delà de maintenir à flot une offre multiple et des disquaires indépendants, cet événement pourrait bien donner lieu à une nouvelle recrudescence de photographies construites et déconstruites, joueuses et modulables.
Charlotte Courtois

