
25 ans, les noces d'argent lorsqu'il s'agit d'un mariage. Cette année, pour ses 25 ans, le festival Visa pour l'image n'avait pas revêtu ses atouts d'argent, mais d'or. Il est vrai que cette année marquait un tournant, et sonnait comme un événement. 25 ans, c'est quelque chose, surtout lorsqu'il s'agit d'un festival comme Visa, qui ne cesse, d'année en année, de faire parler de lui et d'attirer les foules.
Pourtant, Jean-François Leroy promettait, lors de la conférence de presse présentant cette édition en mai dernier qu'il n'en ferait pas un événement plus important sous prétexte de célébrer ses 25 ans. Avec la venue de Don Mc Cullin, le public a vite compris que l'inverse prédominerait.
Ainsi, comme chaque année, nombreuses ont été les expositions, et la qualité des sujets, des images, des reporters ne faiblit pas. Comme chaque année, les projections ont marqué les esprits. Une chose est sûre, en un an, en 25 ans, le monde n'est pas devenu meilleur, et c'est avec autant d'effroi que le public a découvert la dureté des sujets présentés. « Dès la première édition, nous avons pressenti que cet événement allait rapidement s'inscrire dans le calendrier des professionnels. Six ans plus tard, nous transformions le terme de photoreportage en photojournalisme, qui nous semblait plus adéquat.
Les magazines produisaient beaucoup, les agences étaient florissantes, les photographes pleins de talents travaillaient dans la joie et la bonne humeur. Et dans de bonnes conditions financières.
Bref, c'était un autre temps. Un autre monde. Révolu. »
Tels sont les mots du directeur du Festival en introduction de celui-ci. Souvent décourageants, ses propos cherchent sans cesse à soulever les bonnes questions et tenter de sauver une profession en péril. Pourtant, elle est encore bien debout, et cette 25e année de Visa pour l'image en est la preuve.
Sans aucun doute, l'exposition, ainsi que la présence en chair et en os de Don McCullin a ravi les foules. Difficile de s'en approcher, mais son exposition, grandiose, présentée dans l'un des plus beaux endroits d’exposition, l'Eglise des Dominicains, suffisait presque à l'oublier. Une vie de conflit résumée dans ce sanctuaire, tel un tombeau que l'on ne voudrait surtout pas refermer. Car Don Mc Cullin l'a dit, c'est terminé. Son reportage en Syrie l'année dernière était le dernier, il est désormais trop vieux pour se rendre sur les champs de bataille. Un homme fatigué mais fier de sa carrière, dont la lassitude brillait au fond des yeux. Un métier qui l'a immanquablement marqué …

Exposition de Don McCullin à l'Eglise des Dominicains, Perpignan © Claire Mayer
Aux côtés de Don McCullin, d'autres reporters de renom ont marqué cette édition : John G.Morris, David Douglas Duncan, Patrick Chauvel, Yuri Kozyrev … Plusieurs générations mais un seul combat, témoigner.

John G.Morris, David Douglas Duncan, Don McCullin, Rémy Ourdan, Patrick Chauvel, Yuri Kozyrev © Claire Mayer

La conférence « photographier la guerre » avec John G.Morris, David Douglas Duncan, Don McCullin, Rémy Ourdan, Patrick Chauvel, Yuri Kozyrev qui a attiré les foules.. © Claire Mayer
Comme toujours, Visa pour l'image a su prouver son efficacité. Un large panel de sujets, de reporters, de genres photographiques, le photojournalisme sous toutes ses coutures. Beaucoup veulent encore le croire, et ils auront raison, ce métier n'est pas mort.
Espérons que les 25 prochaines éditions le prouvent …
Les Prix
VISA D'OR NEWS : Laurent Van der Stock / Reportage by Getty Images pour Le Monde pour son spectaculaire reportage sur le possible emploi d'armes chimiques en Syrie.

© Laurent Van der Stockt / Reportage by Getty Images pour Le Monde. Jobar, Damas, Syrie, 13 avril 2013.
VISA D'OR MAGAZINE : Noriko Hayashi, pour son sujet sur le mariage forcé au Kirghizistan

© Noriko Hayashi / Panos Pictures / Réa. Le mariage au Kirghisistan : une institution pas très sainte.
VISA D'OR FRANCE 24 - RFI DU WEBDOCUMENTAIRE : Alma, une enfant de la violence, de Miquel Dewever-Plana (photographe) et Isabelle Fougère (journaliste) Production Arte, Upian et l'Agence VU : la vie d'Alma dans un gang ultraviolent du Guatemala

PRIX ANI-PIXPALACE : Paolo Marchetti pour son reportage « Cité Soleil, au coeur de l’extrême pauvreté haïtienne »

© Paolo Marchetti. Cité Soleil, Haïti
VISA D'OR HUMANITAIRE DU CICR : Sebastiano Tomada pour son reportage sur la vie quotidienne et les conditions médicales à Alep, en Syrie

© Sebastiano Tomada / Sipa Press
PRIX PIERRE & ALEXANDRA BOULAT : Arnau Bach, pour son travail en noir et blanc sur les banlieues parisiennes

© Arnau Bach
VISA D'OR D'HONNEUR : Don McCullin

© Don McCullin / Contact Press Images
GETTY IMAGES GRANTS FOR EDITORIAL PHOTOGRAPHY : Matt Eich pour « Péché et Salut dans le quartier de Baptist Town », Marco Gualazzini / LUZphoto pour «M23 - Le Kivu, RDC, région en état de siège», Samuel James / Cosmos pour « Le pétrole au Nigeria », Tomas Van Houtryve / VII pour « Corée du Nord », Eugene Richards « War is Personal »

© Matt Eich. Péché et Salut dans le quartier de Baptist Town

© Marco Gualazzini / LUZphoto. M23 - Le Kivu, RDC, région en état de siège

© Samuel James / Cosmos. Le pétrole au Nigeria

© Tomas Van Houtryve / VII. Corée du Nord

© Eugene Richards. War is Personal
PRIX DE LA VILLE DE PERPIGNAN RÉMI OCHLIK : Sara Lewkowicz pour son reportage sur les violences domestiques
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© Sara Lewkowicz / Reportage by Getty Images
PRIX CANON DE LA FEMME PHOTOJOURNALISTE : Mary F. Calvert pour son sujet sur les viols au sein de l'armée américaine

© Mary F. Calvert / Zuma Press
Claire Mayer

