
Le quotidien américain Chicago Sun-Times a annoncé le licenciement de l'ensemble de ses photographes, jeudi 30 mai. La direction a mis en avant la nécessite de « restructurer la manière dont [il] gère sur [son] réseau le multimédia, y compris la photographie ».
Désormais ce sont les rédacteurs journalistes qui prendront les photos et réaliseront les vidéos pour illustrer leurs articles. Le quotidien fera également appel à des photographes indépendants lors d'événements importants, explique un source proche du dossier à l'Agence France Presse. « Le secteur dans lequel évolue le Chicago Sun-Times change rapidement et notre public est constamment à la recherche de plus de vidéos accompagnant leurs informations. Nous avons fait de grands progrès pour satisfaire cette demande et nous allons nous concentrer pour enrichir nos reportages avec des vidéos et d'autres éléments multimédias ».
Ce sont donc 28 photographes qui se retrouvent désormais sans emploi. Parmi eux, John White, lauréat du prestigieux prix Pultizer en 1982. Leur syndicat a réagi, se disant « abasourdi » et « consterné » d'estimer que les photographes sont « facilement remplaçables ». « C'est offensant et c'est faux à plus d'un niveau » a expliqué Bernie Lunzer, président du syndicat Newspaper Guild-CWA, dans un communiqué. « J'ai appris à maintes reprises que l'oeil d'un photographe professionnel peut voir et exprimer des choses dont je suis personnellement incapable. »

