
Grand Curtius 136, Féronstrée 4000 Liège Belgique
Soir après soir, le temps de deux longs automnes, à partir de trajets en train répétés jusqu’à la gare d’y voir (ça ne s’invente pas), Lavandy a engrangé les images de ces hommes et de ces femmes, souvent captées à travers le double jeu d’une vitre : visages tendus par la journée de travail, harassés, somnolents, gagnés pour quelques minutes par le relâchement de l’attention, ou au contraire déjà ailleurs, embarqués vers une autre destination que celle qui leur est imposée. Chez certains,le reflet renvoyé au spectateur induit une forme de violence intérieure – on songe alors à Bacon, tant pour certains halos de couleurs filtrées rouge, orange ou verte, qu’à ses personnages hurlant en silence. ainsi apparaît l’isolement individuel, la solitude existentielle dont Lavandy dessine la toute grande foule : figures errantes, silhouettes fuyantes, ombres qui marchent, fantômes qui in fine s’effacent hors-cadre. Une part de l’autre, une part de soi, nous-mêmes en somme.
Alain Delaunois
Quelques images prises distraitement pour tromper l’attente sur un quai de gare et me voilà parti pour un long voyage.
Je le pensais solitaire, il m’a mis en présence d’esprits.
Après le grand dehors, j’ai découvert qu’il était, sinon dangereux, en tout cas vertigineux de se pencher au-dedans.
PL
D’abord homme de media, Philippe Lavandy s’est orienté vers la photographie pendant les années vagabondes passées en Europe du nord. Depuis, il associe dans son travail les dimensions artistiques et citoyennes.

