
Galerie Henri Chartier 42 rue Burdeau 69001 Lyon France
« Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l'évident, le commun, l'ordinaire, l'infra-ordinaire, le bruit de fond, l'habituel, comment en rendre compte, comment l'interroger, comment le décrire? Interroger l'habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l'interrogeons plus, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s'il ne véhiculait ni question, ni réponse, comme s'il n'était porteur d'aucune information » Georges Perec espèces d’espaces.
« La ville existe par l’imaginaire qu’elle suscite, qu’elle alimente et dont elle se nourrit, auquel elle donne naissance et qui la fait naître ». Marc Augé.
Ma recherche explore la réalité urbaine que l’on ne regarde pas ou plus, prise dans ce qu’elle a de plus ordinaire. Elle puise son inspiration notamment dans les travaux des situationnistes qui soutenaient que la réalité pouvait être merveilleuse à condition qu’on la cherche dans la vie quotidienne.
Mon parti pris est de proposer une lecture de la ville, dans un contexte où le réel et l’imaginaire en viennent à s'articuler l'un sur l'autre.
La ville réelle s’est construite sur des désirs qui au fil du temps sont devenus des souvenirs qui se sont sédimentés. Cette ville dont les formes sont héritées : rues , quartiers, limites n’est pas pour autant figée dans son développement. Elle se densifie, s’étend, on la dit tentaculaire, multipolaire, morcelée… Insaisissable dans sa globalité, chacun y définit ses propres repères, y investit ses propres espaces. La ville réelle ne peut alors s’appréhender que par fragments.
Cette composante réelle de la ville, Je l’aborde comme un simple dispositif visuel, dépouillée de ses valeurs culturelles et sociales, de ses usages et fonctions. Le protocole de prise de vue emprunte au langage de la peinture et privilégie le plus souvent la frontalité, la composition des images joue sur des effets de surfaces, de seuil, d'aplatissement, de croisements de lignes pour arrêter le regard, rendre lisible ce qui était dilué dans la quotidienneté et inviter le spectateur à une reconstruction.
La ville imaginée est la composante invisible de la ville réelle, elle en constitue son épaisseur et peut-être même sa condiiton. C’est un contre-espace au coeur de lieux familiers, qui naît à partir de désirs, de souvenirs personnels, d’émotions ou de parcours individuels. C’est un espace de subversion, dans le sens où il offre une échapatoire à l’ordre établi par la ville réelle.
Aborder la ville sous l’angle de l’invisible bouscule ainsi notre mode d’appréhension et notre compréhension quotidienne de la ville. Il s’agit de faire du quotidien une expérience sensible, où l’ordinaire ne va plus forcément de soit. Un espace qui paraissait sédimenté dans son histoire, figé dans les représentations collectives, dilué dans sa quotidienneté peut à nouveau nous interroger, être porteur d’autres possibilités, d’autres devenirs.
En parallèle de ce travail d'auteur, je souhaite collaborer avec des architectes et des urbanistes. Je propose d’utiliser l’image photographique comme outil de projet partagé, pour accompagner des démarches de concertation et de sensibilisation des habitants à leur environnement, dans le cadre de projets d'aménagement et de renouvellement urbains, pour:
- favoriser la participation des habitants, diversifier leur expression, les associer aux travaux des intervenants (urbanistes,architectes, paysagistes, techniciens de la ville...),
- favoriser une approche sensible de l'urbain,
- donner à voir autrement leur cadre de vie quotidien aux habitants, pour ouvrir les débats, créer de l'échange et du lien social.
- révéler les potentiels des espaces vides ou délaissés.
David Cousin-Marsy
http://www.vuenville.com
06 87 206 906