
© Laurent Hazgui
Ces petits états de facto, pas plus grands que des départements français et non reconnus par la communauté internationale, ont en commun d’entretenir la menace d’un conflit militaire – la guerre en Ossétie du sud d’août 2008 en atteste - et de dégager une atmosphère où l’épith-ète « gelé » résonne, figeant autant les paysages que les mentalités et les hommes.
"Gelé" physiquement par les traces visibles de conflits armés et par la nature qui reprend ses droits sur l’homme ; "gelé" au niveau de la subordination envers la Russie qui a remplacé l’URSS comme supra-autorité politique et économique ; "gelé" dans les têtes avec la difficulté de créer des projets à l’ombre projetée par un avenir incertain.
La notion du territoire est floue. Les attributs de l’État (institution, frontière, monnaie, drapeau…) ne trompent pas la sensation de traverser des États fictifs dont le paraître est entretenu par le pouvoir politique. Peur d’une nouvelle guerre, corruption, trafic
illégal, forte consommation de drogue et d’alcool sont les corollaires de ces territoires plus proches du « far east » que de l’État de droit. Quelle est la vie quotidienne dans ces territoires dans les limbes ? La non-reconnaissance internationale, l’absence d’infrastructure, une économie à plat, un chômage endémique, la difficulté voir l’impossibilité de se déplacer ou la discrimination des minorités empêchent d’envisager un avenir pour les populations.
À des degrés de visibilité divers, la Russie se sert (géo)stratégiquement de ces territoires pour garder sa sphère d’influence politique et économique - comme au temps de l’URSS - sur plusieurs états ex-soviétiques (Moldavie, Ukraine, Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) qui ont le regard tourné vers l’Europe.
20 ans après la chute de l’URSS, les populations de ces territoires à « l’arrêt » et sous perfusion russe n’ont toujours pas tourné la page…"
© Laurent Hazgui
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Laurent Hazgui
Laurent Hazgui est né en 1977 de père tunisien et de mère polonaise. Il est photojournaliste et journaliste-rédacteur depuis 2002. De la plume au médium photographique, il garde cette envie d’informer avec rigueur et de raconter des histoires issues du champ du réel, alternant sujets News et magazine. Son travail de reportage le plonge dans l’actualité sociale (monde du travail, militantisme, crise du logement et jeunesse) et politique en France. À l’étranger, il travaille sur les victimes de conflits armés, les minorités et les questions environnementales. Il répond également à des commandes de portrait et de corporate. Reconnu
par la presse où son travail est régulièrement publié, il est diffusé par le regroupement de photographes indépendants DIVERGENCE. Il est membre-fondateur du site de diffusion de photo politique FRENCH-POLITICS.COM.
Contact : laurent.hazgui@gmail.com
Site Internet : www.laurenthazgui.com
Diffuseurs : www.divergence-images.com /// www.french-politics.com
© Laurent Hazgui
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Conflits Gelés
Prix :
- Sélection Coup de coeur du prix ANI-PIXPALACE 2013.
- Finaliste du Prix HSBC 2012.
- Finaliste de la Bourse du Talent Reportage 2012.
- Sélectionné par le magazine Le Pèlerin pour la projection « des coups de coeur de la presse », organisée par Fêtart au Cloitre
ouvert (Paris 8ème), lors du mois off de la photo 2010.
Expositions :
- Projection à la Nuit de la photo 2012 à Vannes – 6 juillet 2012.
- « Ossétie du sud, le réveil d’un conflit gelé » dans le cadre de l’année de la Russie en France – Maison des arts et des sciences
d’Yzeure (Auvergne) – 5 au 23 novembre 2010.
Publications :
Le Nouvel Observateur, l’Humanité, la Revue humanitaire et Chasseurs d’images.