
Les Rencontres d'Arles 2010 34 rue du docteur Fanton 13200 Arles France
Palais de l'Archevêché Place de la République 13200 Arles France
Un musée éponyme, qui porte le nom de l’inventeur, Nicéphore Niépce. Qu’attendons-nous de sa visite ? Une révélation, mais laquelle ? Le cadeau de Dieu aux hommes, de la France au monde ? De belles images, la consécration de la photographie et son accession au statut d’art ? La confirmation de la catastrophe annoncée par les philosophes ? Chacun se sent en droit d’exiger sa part d’un musée consacré à cet objet étrange si proche et si obscur. Le visiteur n’a que faire des appareils et de la technologie. Des machines, il y en a toujours trop et les voir exposées et disséquées n’est pas son affaire. Face à la technique, il reste désemparé. Car, les boîtiers en eux-mêmes ne disent rien.
Ils sont par nature muets. Dans la chambre noire se joue l’objet même du photographique. La capture d’image est une opération mystérieuse pour l’observateur distant, elle relève de l’optique et de la chimie, et désormais de l’électronique. Opérations invisibles, difficiles à comprendre et à éclaircir.
Le parcours du musée de la photographie se doit donc de mettre à jour les zones d’ombre et demande de nouvelles formes de présentation. La mission est si complexe, - expliciter ce que l’on ne voit pas et ce que tous nous pratiquons -, que l’exercice muséal en devient cas d’école… Lorsqu’il entre au musée, le spectateur reste ce qu’il est en dehors : un amateur de jeux vidéo, un téléspectateur, un amateur de cinéma, l’oeil rivé sur ses multiples écrans… Spectateur fasciné par les effets spéciaux et attiré par les grandes manifestations, on ne peut plus lui imposer des expositions traditionnelles satisfaisant uniquement l’amateur éclairé, l’esthète et le collectionneur.
Les pièces muséographiques initiées à Chalon-sur-Saône par le musée et ses partenaires d’On-Situ, nos « chambres claires », ont pour ambition de remettre les visiteurs, tous les visiteurs, au centre des préoccupations du musée. L’objet photographique doit pouvoir se présenter collectivement et de manière originale. Les installations muséographiques doivent allier pédagogie, spectacle, et autonomie du spectateur.
L’expérimentation menée dans la création de dispositifs muséographiques par l’utilisation des nouvelles technologies de l’image offre une alternative aux usages, au sens commun en acte au musée. Les recherches engagées visent simultanément à mettre le spectateur en face d’originaux (tirages ou appareils) et à le replacer en élément actif de la généralisation du geste photographique, considéré comme une forme primordiale des activités de l’homme moderne.