
Galerie du Lucernaire 53, rue Notre Dame des Champs 75006 Paris France
« Une trentaine d’années a frapper sur des instruments « rudimentaires » pour qu’il en sorte quelques chose, nom de … !
Quelques années a photographier le monde qui m’entoure, avec un téléphone équipe d’un appareil photo. Voyez-vous un lien entre les deux ? »
Profession : berger de pixels. Face à l'écran, «j'attends mes bêtes. » La nuit, les photos prises au 6680 larguent leur cargaison de pixels sur les espaces vides de ma mémoire. Ils sont grossiers, désordonnés, couverts d'encre.
« Je ne me plains pas. Je les aime. » Art digital ! On ne croyait pas si bien dire. Un pixel propre et net à l'arrivée, on peut douter de sa sincérité, pourquoi ? Parce qu'il embellit tout ce qu'il touche. Parce qu'il fait de la misère et du
dénuement un spectacle, à se demander qui décide des événements : le pixel, l'appareil photo ou l'auteur du déclic.
YOUVAL MICENMACHER
« Je suis photographe tendance graphe et c'est comme ça.
Avant Youval était percussionniste. Il faut souvent s'expliquer sur l'attirance qu'on a pour les origines. La photographie renferme un projet déraisonnable : écrire avec la lumière, voilà pour l'étymologie. Noir de l'encre noire sur un papier Fine Art. Noir sans reflet ni trace de lumière et les renfermant toutes ! La photographie actuelle charge les couleurs en lumière comme la littérature charge les mots en particules de mémoire. À la différence que la photographie débusque le réel sur les rives d'un langage d'où les mots ont disparu.
Par une nuit épaisse, quand on ne sait plus distinguer la lumière d'un phare de celle d'une bougie, les pixels les plus fragiles rapportent dans leurs flancs quelques traces d'humanité, permettant à la photographie d'exister en inventant une archéologie des émotions. »