Dominique Houcmant

Dominique Houcmant

#Photographe
Chez Goldo, l'homme et l'appareil ne font qu'un. Si l'on voit le premier, c'est que le second n'est pas loin : autour du cou, au bout du bras, posé au coin du bar ou au bout de la table. Il faut cependant se méfier des apparences, on ne voit jamais vraiment Goldo, c'est lui qui voit tout en premier. Il a un don pour saisir l'image fragile avant même qu'elle n'apparaisse : la lumière qui se reflète sur un bras, l'ombre qui court le long d'un mur, un visage derrière un verre de bière, un oiseau clair sur le macadam sombre.
Goldo est un œil qui se déplace à pas feutré dans un monde qui court à toute vitesse. Sur ses clichés, le temps se fige. L'espace d'un sourire, d'un regard, d'un geste, les couleurs disparaissent, laissent place au noir et au blanc, au bras de fer sans cesse rejoué entre le clair et l'obscur. Et pourtant c'est bien notre univers d'excités qu'il immobilise : des soirées imbibées, des concerts, des usines et des bateaux, des comédiens, des filles attablées seules, des mains usées et des cigarettes consumées...
Goldo est un boulimique d'images. Il ne se contente pas de photographier, il publie ses photos sur Internet, les commente, les classe, y ajoute une bande-son, échange les liens et les commentaires, tisse un réseau d'images sur le réseau des réseaux.
Derrière cette frénésie et cette impression d'urgence, l'essentiel est intact : les images qui sortent de l'appareil de Dominique Houcmant donnent à voir le monde non pas comme il est mais comme il doit être au fond de l'œil de Goldo : sombre, troublant, saisi à fleur de peau et presque toujours émouvant. Un monde humain et touchant, fait de petits instants qui durent pour l'éternité.

Nicolas Ancion, écrivain


Dominique Houcmant (Goldo), Liège 1962
Etudes en peinture puis en arts graphiques à l'institut des Beaux-Arts Saint Luc de Liège Belgique
Carrière de graphiste indépendant.
Se lance dans la photo après la quarantaine.