
Antikpool, 2009 Installation vidéo © Elsa Mazeau
Marrel 3 rue Edouard Marrel 13210 Saint-Rémy-de-Provence France
« En 2012, avec une nouvelle lecture de lʼanagramme du Festival Alpilles-ProvenceʼArt, Philippe Cazal donne sa signature « a-part » au festival grandissant qui cultive cet esprit à part qui plaît tant aux artistes. Dorénavant, comme pour justifier la réflexion de Ben qui le compare à « une chasse aux trésors », le festival se décline en autant de couleurs que de sections à découvrir, sur un territoire de près de 60 km2. Un circuit pour les 77 artistes des neuf sections reparties en 25 lieux dʼexception, tant intérieurs quʼextérieurs, investis durant quatre semaines estivales.
Pour la première fois, de nouveaux territoires artistiques sʼinscrivent au programme. Les champs explorés sont surprenants. Tout au long de cette édition, des artistes proposent de nous tenir éveillés, ou de nous faire rêver. Certains préparent des performances, des installations, quelques-unes des œuvres pérennes pour les Alpilles, quand dʼautres imaginent ouvrir des ateliers éphémères.
Pour dynamiser les échanges et favoriser la pluralité des propositions, il convient de susciter mille rencontres entre artistes, et aussi entre amateurs dʼart et partenaires avec les artistes. Pour cette édition, jʼai donc proposé le rôle de curateur à des acteurs singuliers du monde de lʼart contemporain. Sylvie Caron, Nina Rodrigues-Ely, Anne Olofsson, Henri Kaufmann, Alfredo Cruz Ramirez et Ariel Kyrou guident ainsi, à la lumière de leurs choix subjectifs, les pas des festivaliers tout le long de ses étapes. Ils convient à des artistes à intervenir tout en restant à lʼécoute des partenaires publics et privés qui sʼimpliquent pour favoriser lʼaccessibilité à tous, les échanges entre la population locale, les artistes et les visiteurs les plus aguérris ; ceux que Jean-Luc Godard appelle « les professionnels de la profession ».
Autoportrait - Poscas par Manser Fluxer © Anne Olofsson
Le « Festival a-part » a vocation à se renouveler continuellement. Une règle : ne jamais se laisser enfermer. Une ambition : surprendre par lʼexploration jusquʼaux marges de lʼart contemporain, par des plongées dans les univers divers de la création. Telle lʼinvitation faite, cette année, aux Electronic Music Awards, avec la remise, en ouverture du festival, du Qwartz Arts Nouveaux Médias 2012 dédié au « Sound in Process » – la mise en scène du son –, une discipline qui utilise les outils numériques du XXIe siècle.
Les Carrières de Lumières aux Baux-de-Provence, accueillent de façon magistrale les artistes pour des installations tout en lumières, images, sons et gestualités. Certes, une majorité des œuvres proposées au cours du festival renvoient à des techniques plus « classiques », mais on ne peut ignorer combien le son digital est entré dans les installations des artistes. Alors, un lien existe-t-il entre un festival dʼart contemporain et la musique électronique ? Absolument !
Dans ces moments dʼétonnement et ces interrogations, réside lʼoriginalité, la clé de la réussite de cette nouvelle édition, encore une fois à part, et conçue comme un opus dʼexcellence, afin que tous, artistes, publics et collectivités, y prennent plaisir. » Leïla G. Voight
Shape #2 - Série “Six or Six thousand movements", 2011 Moulage plâtre 24 x36 x 6 cm Projection diapositive, tirage direct sur plâtre, pigments, baguette bois © Ghislain Amar
La dynamique dʼun territoire
Le « Festival a-part » sʼentend comme une initiative privée à vocation publique fondée sur des partenariats participatifs et actifs, et sur des relations tissées entre tous les acteurs économiques impliqués. La somme de tout ce travail dʼécoute, dʼéchanges, de mises en rapport et de complémentarité suscite un réel enthousiasme, indispensable pour fédérer et redonner lʼimpulsion nécessaire à la diffusion des arts plastiques sur un territoire riche en références culturelles trop systématiquement réduite à une valeur mercantile et touristique.
Il concrétise une volonté dʼoffrir des prestations de qualité internationale dans des lieux dʼexception. Dʼannée en année, ce festival affirme son implantation dans le site des Alpilles par lʼouverture de nouveaux espaces ou lieux-dits au public dans des communes qui comptent avec plus dʼénergie privée que de musées dédiés à lʼart contemporain, le tout dans un patrimoine naturel époustouflant.
Lʼaccessibilité à tous en est lʼun des axes fondateurs. La gratuité en tous lieux, y compris dans les espaces soumis tout au long de l'année à une stricte règle de rentabilité, est un tour de force quʼil est important de souligner.
Avec le soutien des communes, la CCVBA et Tarascon il est possible de créer cette synergie nouvelle dont témoigne la mise à disposition de lieux publics, de matériel, de logements. Toutes ces actions mises bout à bout permettent dʼassurer la pérennité et le développement de ce festival atypique autour de lʼart contemporain.
Tobasiche, 2011 - C-Print 86 x 80 cm D.R © Oswaldo Ruiz Chapa
Vignette © Antikpool, 2009 - Installation vidéo © Elsa Mazeau