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Lumière dure à longue distance



Un nouvel exemple d’éclairage avant que nous passions à votre apprentissage du décryptage d’éclairage. Et pour vous permettre de commencer à réfléchir de cette façon, je vais vous guider dans le décryptage de cette photo.

Faute d’une meilleure expression je vais appeler cette technique Lumière dure à longue distance.



Cette photo, comme celle des jeunes saluant sur scène en contre-jour (voir page 44), est un bon exemple de la portée que vous pouvez atteindre avec des petits flashes de reportage.

Dans ce cas la lumière provenait d’un Nikon SB-28 sur un pied, réglé à pleine puissance, zoomé à 85mm, à une trentaine de mètres des gymnastes.

Je travaillais probablement à 800 ISO (l’exposition n’a pas été enregistrée) mais la lumière rend la photo bien détaillée et donne l’illusion d’une moindre sensibilité, de mon point de vue en tout cas. La photo a été prise avec un Nikon D1, qui n’est pas aussi performant en haute sensibilité que les boîtiers d’aujourd’hui.

Ok, décortiquons l’éclairage pendant qu’on explique la technique.

Regardez l’image. Est-ce que la lumière est à droite ou à gauche ? Elle était à ma gauche, comme l’ombre de la gymnaste cachée au centre de la photo vous le laisse deviner sur la droite à l’arrière-plan.

La lumière était-elle dure ou douce ? Vous le savez déjà. Dure. Comme cela doit être le cas si vous utilisez un flash de reportage à 30 mètres.

Quel était mon ratio d’éclairage ? La densité (tonalité) des ombres comparée au mur doit vous indiquer que j’exposais la lumière ambiante à peu près à 1,5 stop en dessous de celle du flash.

« Alors les gymnastes ne sont pas éclairées par le soleil » pensez-vous.

Non, elles ne le sont pas. Du moins pas où je vis. Elles le sont par une sale lampe à vapeur de sodium. La meilleure façon de m’en approcher était d’utiliser une gélatine pour lumière fluorescente, le régler dans l’appareil, et fixer la compensation de balance des blancs à -1 (un peu plus chaud) pour essayer de corriger tout ça.

Si je m’étais trompé, à quoi l’auriez vous vu ? Si vous dites la couleur des ombres (éclairés par la lumière ambiante) sur le mur, un point pour vous. Mais les gymnastes auraient semblé aussi un peu étranges du coté sombre aussi.

Et concernant les gymnastes au premier plan ? C’est là que la finesse du faisceau à la position 85mm du SB-28 nous sauve encore la mise. Parce que le faisceau est contrôlable je peux élargir le rayon ou le concentrer. Cela place les enfants sur la poutre au coeur du faisceau et ceux de devant sur sa périphérie (ils sont donc moins éclairés).

Pourquoi ai-je fait cela ? C’est un choix purement subjectif. Je voulais mettre en valeur les enfants sur la poutre, plutôt que ceux du premier plan. Ces derniers auraient été plus éclairés si je n’avais pas modifié le faisceau.

Le succès de cette photo n’est pas dans son apparence finale, (je l’aime bien mais ce n’est pas ma meilleure) mais plutôt dans la différence avec ce qu’elle aurait été, horrible, si je l’avais faite avec seulement la lumière sombre et caverneuse de la salle de gym.

Aucune technique de flash-sur-le-boîtier n’aurait été d’un grand secours non plus d’ailleurs.

Par redac, le 12/07/2010 à 17h31



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