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De l’exotique, son nom en contient déjà , sa vitrine attire l’oeil. Derrière les brumes d’échappement du boulevard Magenta, la devanture de la librairie L’île lettrée appelle au voyage. Il y a un peu plus de trois ans, Samia Berramdane a créé cet espace qui propose un large éventail de thèmes et de domaines. Des sciences humaines aux romans policiers, du tourisme à la poésie, de l’actualité aux disques Harmonia Mundi. Au sous-sol, une cave aménagée, un refuge aux murs de pierre qui permet d’organiser des expositions et des concerts, des animations autour des arts : littérature, musique, peinture ou arts plastiques. Visite à L’île lettrée avec la maîtresse des lieux, pour des questions insulaires. Ne manquaient que les palmiers et le sable pour inaugurer la série interviews en plage...
Quelle est l’influence de la médiatisation du livre sur vos ventes et surtout sur votre rôle de conseillère vis-à -vis des clients ?
Elle est évidente, c’est certain. Il y a des gens qui écoutent et lisent la presse, qui viennent pour voir ce dont il s’agit, consulter le livre et l’acheter. D’autres sont séduits d’emblée et n’ont pas besoin de consulter. Notre rôle est de l’ordre... ce n’est même pas du conseil, c’est de la relation, de la discussion, du dialogue. Le conseil se fait quand le lecteur est à la recherche d’une idée, d’un thème, quand il est gêné dans ses choix par l’abondance d’ouvrages. Mais c’est vrai que l’impact des médias est évident.
Quels sont les livres que vous avez le plus vendus depuis la rentrée ?
Bien évidemment il y a Tigre en papier d’Olivier Rolin, chez Seuil. Et Chambre obscure, de Michel Roehr : je ne sais pas s’il a marché chez les autres, mais je le vends très bien. Il y a Les ambitions désavouées, d’Alain Fleischer, ainsi que toute la cavalerie : Christine Angot, Chantal Thomas, Pierre Berger. Echenoz aussi, bien sûr. Ça c’est pour la littérature française. Côtés livres étrangers, je citerais Jonathan Coe avec Bienvenue au club et le dernier Murakami, Les bébés de la consigne automatique. Le prix Nobel aussi, Imre Kertész, qui a été une découverte totale pour nos clients.
Un jeune auteur peu connu à nous conseiller ?
Oui, Michel Roehr. Je ne parlerai pas de jeune auteur : Chambre obscure est son deuxième ouvrage et Roehr a, je crois, près de cinquante ans. C’est un grand livre qui a une longue vie devant lui. Cet écrivain avait écrit il y a deux ans L’art de la fugue, que pour ma part je n’avais pas du tout apprécié. Mais celui-là est tout simplement extraordinaire. C’est un chef-d’oeuvre à lire d’urgence !
gd |
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