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Festival HyèresFestival Hyères
| Hyères | 83 400 | France


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Chaque année, la question se pose : ira-t-on à Hyères ou pas ? La réponse demande réflexion. Peut-on manquer cet événement devenu un incontournable ? Prendra-t-on le risque de passer inaperçu sur la liste des manquants, de rater ce rendez-vou ... Lire la suite

 
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Chaque année, la question se pose : ira-t-on à Hyères ou pas ? La réponse demande réflexion. Peut-on manquer cet événement devenu un incontournable ? Prendra-t-on le risque de passer inaperçu sur la liste des manquants, de rater ce rendez-vous avec l’antichambre de l’été et le symbole d’une artistique « régénérescence » ? Difficile de fêter cette vingtaine d’années d’existence tant le Festival symbolise l’idée même de Renaissance. Depuis ses débuts, il s’est doucement métamorphosé de réunion amicale en forum international de mode, mais, ce qui en fait le charme ne s’est pas évaporé dans l’accroissement de sa fréquentation. Les premières impressions du festivalier restent identiques à celles de l’époque où Jean-Pierre Blanc s’efforçait de drainer sur la Côte un public parisien stressé, réussissant toutefois à convaincre de vraies locomotives. En débarquant à Hyères, le festivalier est saisi par la douce impression du retour des beaux jours, retour encore indécis sous les ciels parsemés de nuages menaçants, mais dont on sent l’odeur dans la vibration de l’air qui se réchauffe… Après cette première bouffée d’oxygène, il est prêt à se plonger dans le bain du renouveau de la mode. Il assiste alors à la naissance de phénomènes de mode qui bouleverseront le paysage de la création : dès 1989, il « repère » l’émergence de l’école belge, de Sami Tillouche, Billie Mertens et Xavier Delcour. À partir de 1993, le formidable potentiel novateur de l’école hollandaise explose à Hyères, avec notamment le duo Viktor & Rolf. L’école anglaise sera également présente dès le début, avec John Galliano parmi les membres du jury. Le retour en grâce de la French Touch se fera aussi à Hyères, avec Gaspard Yurkievich, Alexandre Matthieu puis Richard René, suivant de quelques années les débuts également abrités par le Festival de Marc Le Bihan. Et si le futur de la mode constitue bien la « mission » du Festival, son atmosphère a évolué. Dans les premiers temps - désormais auréolés du mystère de la légende -, tout était plus élastique ! Les invités comprenaient le programme comme une proposition, laissant place à toutes les improvisations personnelles. Embarquer des bandes éparses dans un bus, seul moyen de communication entre les lieux éclatés du Festival, représentait un tour de force diplomatique. Renouveler l’opération à chaque étape du programme, tenait du miracle : personne ne voulait quitter la terrasse de l’hôtel Provençal, chacun s’attardant sur le délicieux petit-déjeuner pris sur le balcon solarium. Impossible d’extraire les troupes installées dans un restaurant de fruits de mer, pour les conduire dans les espaces détournés en salles de défilé, ou dans l’ineffable Espace 3000. Et le soir, à l’issue d’un cocktail corsé, difficile de cadrer des foules en délire, dispersées entre soirées les pieds dans le sable et chambres d’hôtel improvisées en night-clubs ! Cependant, tous répondaient présents à la séance d’étude des dossiers, aux défilés, aux délibérations du jury sur les rochers de Giens et à la cérémonie d’adoubement des jeunes lauréats. Aujourd’hui, le festivalier discipline sa curiosité, respecte les horaires, le programme et l’énergie investie dans l’événement. Les espaces du Festival se sont recentrés autour de la villa Noailles, clarifiant le jeu et favorisant les liens. Le Festival est devenu l’unique plate-forme de rencontres et de débats de la mode, qu’elle soit publique - au cours des tables rondes - ou improvisée entre voisins de navettes ou d’hôtels… Reste aussi l’esprit de colonies d’oiseaux migrateurs au ramage doré qui viennent chercher, face à l’infini des possibles de la grande bleue, l’esprit même de la mode : quelque chose d’indéfinissable, de délicat et fugitif, d’imperceptible ou d’improbable, cette espèce de pari sur le futur, de façon d’inventer demain à l’image de ses désirs… Florence Müller, avril 2005