Des mythes se créent et s’entretiennent. Les médias y participent activement. Ils prétendent d’ailleurs (écoutez les photojournalistes) écrire mieux que quiconque notre Histoire au présent et aussi celle des autres, qui débarquent parfois chez nous en quête de paradis. Il n’y a pas de confrontation. Rarement. Juste une image intermédiaire, lisse et réductrice. Un parfum d’exotisme.
VD a recherché La Havane pour fuir le « paradis » et son ennui. Il a recherché la poésie, dans les fleurs en plastique et la moiteur de ses illusions... Au cœur de San Leopoldo, quartier majoritairement noir de la capitale cubaine. Pour comprendre et vivre. Il a partagé l’intimité d’une famille afro-cubaine installée dans un étrange appartement, accumulant portraits, natures mortes, polaroïds, photos de famille,… Banal. Jusque dans ces liens impossibles mais forts qu ‘il a finis par créer avec des jeunes du quartier. La plupart démarrent dans la vie active, pris au piège d’une dictature qui touche à sa fin. Leur avenir est incertain. Ils n’ont reçu de la Revolucion que les abats et les touristes.
Avec ce livre, VD réécrit leur histoire, couche par couche, l'histoire ordinaire d'un pays qui s'écroule sur son mythe désuet. VD nous livre un autre document du Cuba d'aujourd'hui, il met ses tripes à l’air, sans concessions. Son livre est cru, il possède cette force critique, celle du commentaire et de la poésie ordinaire, mise à nu.
Une fiction visuelle
BEYOND HISTORY est composé de photographies couleurs (portraits, natures mortes, paysages), de polaroids, d'images collectées, de pages de « faux » carnets, de textes de l’auteur, et de poèmes de l'écrivain cubain Pedro Juan Gutiérrez1. Il est divisé en dix chapitres qui sont autant de poèmes visuels. Le matériel de base est simple, l'esthétique se rapproche de celle de la photographie amateur, du snapshot. La rupture avec le photojournalisme est évidente; ce n'est pas du reportage, mais bien un questionnement du documentaire. Le côté intime est primordial. « J'ai parcouru ces rues, dormi dans ces lits, serré ces mains. Je photographiais et pourtant, j'avais l'air de ne pas être là pour ça. J'étais juste là. L’étranger ordinaire et lucide. Les photos sont de moi ou pas, parfois datées, pourtant la chronologie n'a pas vraiment d'importance, les histoires sont vraies ou inventées, les textes sont en anglais, en espagnol, en français. J'ai vraiment voulu proposer une fiction. Chacun l'aborde par le biais qui lui plaît. Les collages, les ratures, les juxtapositions, les photocopies de textes s’organisent alors, comme inscrits dans un monde poétique. C’est le livre d’une réalité construite, pour mieux revenir au document, pour mieux inscrire dans le temps. Un temps intime et libre… (VD)».
BEYOND HISTORY
Havana 1998 – 2006
Poetic documentary vs dirty realism
V.D
Published by Bold Publishing, Amsterdam
www.beyondhistory.be
www.vincentdelbrouck.be
«Le régime a récolté la terreur qu'il a semée», explique Ryad en cette deuxième journée de championnat, fin octobre 2011. Il fait partie des Ultra Ahlawy, des férus du ballon rond et supporters fanatiques d'Al Ahly (le Real Madrid africain, septuple champion d'Egypte en titre), dont...
J’ai rencontré Sarah un jour de mars dans une forêt, le long d’une route de campagne au Nord Est de Turin. Elle vendait son corps sur un chemin de terre. La rencontre fut farouche, pleine de peurs réciproques, et les premières photos bancales. Sarah n’était qu’une fille parmi d’autres à ph...
Jonathan Hobin est un artiste canadien, photographe et directeur artistique. Tirant son inspiration de références littéraires, cinématographiques et historiques et de la culture populaire, son travail explore la part sombre et troublante de l'enfance, qui fait la part belle à l'imagination et au récit.
Avec Gypsies, le photographe Patrick Cariou remonte le fil de la migration du peuple Rom de l'Europe de l'est à l'Europe de l'ouest en passant par le Moyen-Orient, pour finalement arriver en Inde, terre de leurs ancêtres. Le résultat obtenu est une collection de portraits et de paysages qui donnent à réfl...
« Je me suis rendu au Liban en septembre 2010. Durant cette période, j’ai tenté d’appréhender ce pays de 10500 Km2. Sa superficie est l’équivalent de deux départements français. La possibilité de se déplacer rapidement d’un point à un autre en fait un territoire privilé...
Son nom est bien connu, mais peu de gens sont au courant de ce qui est à l'intérieur. Je pense qu'il n'y a pas une seule personne, parmi celles que j'ai photographié, qui admette qu'il ou elle a connu le même plaisir à boire maintenant, que lorsqu'ils ont goûté de l'alcool pour la première fois. L'impression de légèret&eacu...
« La photographie s’apparente pour moi à une traversée du Styx, à un constant aller-retour entre ses deux rives. Elle ouvre à un monde étrange, à la fois au passé et au présent, à mi-chemin de la trace qui s’efface et du signe qui perdure. Elle me donne à vivre l’exp&eac...
Je vais pouvoir tout photographier. Tout, tout. Maintenant, je n'aurai peut-être plus de chagrin de rentrer à Paris, puisque j'emporterai tous les portraits de ma campagne.