Pendant plus de deux décennies, Tristan Jeanne-Valès a fait pour l’agence de presse Enguerand de nombreux portraits d’auteurs, de metteurs en scène ou de musiciens et photographié quantité de spectacles de théâtre. Ce travail l’amène au début des années 80 à rencontrer un monde qu’il ne connaît pas encore, celui de la danse.
Parmi les premières prises de vues, celles d’une création du chorégraphe japonais Ushio Amagatsu et de sa compagnie d'hommes Sankai Juku, alors peu connus en France. Un monde s’entrouvre, le photographe s’y engouffre et s’y focalise, entamant les nombreux déplacements qui lui ont permis depuis de garder trace d’une large part de ce que la création en danse contemporaine donnait alors à voir ici ou là. Cette exploration passe par les mondes de Jean-Claude Gallotta, Régine Chopinot, Dominique Bagouet, Pina Bausch, Trisha Brown, puis par ceux de Josef Nadj, Catherine Divèrres, Mathilde Monnier, et de tant d’autres, parmi ceux qui ont amené un souffle nouveau dans le paysage de la danse.
Tristan Jeanne-Valès suit leur travail, d’année en année, au milieu d’autres photographes dans le cadre de séances ouvertes à la presse, ou plus étroitement lorsque se tissent de vrais liens d’amitié. S’inventent alors de véritables collaborations, qui permettent de photographier différentes étapes du processus créatif, des répétitions au spectacle, qui permettent aussi parfois de monter sur le plateau, de ne plus seulement prendre des images, mais de les créer à plusieurs, avec les danseurs et les chorégraphes qui voient dans cette connivence, dans ce regard fidèle porté sur leur travail, l’occasion de voir perdurer un peu de ce qui bientôt ne sera plus. Ainsi Jean-Claude Gallotta qui, revenant sur sa complicité avec Tristan Jeanne-Valès, écrit : « la danse doit quelque chose d’essentiel à la photographie, elle lui doit de durer, elle lui doit un peu de sa postérité. Le geste capté, le mouvement saisi, sont ce par quoi, et souvent seulement par quoi, les générations suivantes peuvent approcher le travail des chorégraphes. »
Photographier la danse, c’est photographier des corps, s’en emparer en voyeur autorisé. Sur la masse de photographies accumulées, Tristan Jeanne-Valès a choisi de porter un regard rétrospectif, et d’en tirer ces étreintes, moments particuliers, sexualisés souvent, où les corps se touchent, avec sensualité ou brutalité, abandon, plaisir ou souffrance. Cette sélection offre un panorama de la création chorégraphique contemporaine, en même temps qu’elle raconte une histoire personnelle, l’histoire d’un trouble intense et décisif, retrouvé chaque fois qu’a pu se porter l’objectif sur la rencontre des corps dansants, captés toujours avec passion.
Le peintre Degas disait des muses qu’elles ne se parlent jamais, mais dansent quelques fois ensemble, exprimant par là l’idée que la pénétration d’un art dans un autre n’a jamais lieu, ce qui n’empêche pas ces mêmes arts de se côtoyer, de se toucher presque. Le travail de Tristan Jeanne-Valès exposé ici est né de telles rencontres, celle de l’art photographique et de l’art chorégraphique. Ce travail est celui d’une étreinte.
Yoann Thommerel, IMEC
novembre 2008
Tristan et moi sommes nés en même temps. Je veux dire, lui à la photographie, moi à la danse. C’était au tout début des années quatre-vingt. On n’oublie pas les compagnonnages des débuts. D’autant que la danse doit quelque chose d’essentiel à la photographie, elle lui doit de durer, elle lui doit un peu de sa postérité. Le geste capté, le mouvement saisi, sont ce par quoi, et souvent, seulement par quoi, les générations suivantes peuvent approcher le travail des chorégraphes.
J’ai en tête ce portrait, assez récent, où Tristan me voit comme un animal inquiétant à la gestuelle sibylline, où il ne cherche pas à me définir, à me cerner, à me cadrer, mais à m’aider à en apprendre un peu plus sur moi-même. C’est ce que j’attends du pas de deux entre danse et photographie, entre Tristan et moi, commencé il y a près de trente ans. Si, par l’exposition annoncée, cette connivence pouvait perdurer, j’en serais le plus comblé des chorégraphes.
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« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)
«Egyptian pack» evokes many associations - here are both Petersburgers favorite topic of werewolves (see the movie of E. Yufit «Corpsmen werewolves») and references to the Perm animal style.
Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...