Photographe d’origine suisse, Sabine Weiss promène depuis 50 ans son appareil photo à la rencontre de l’autre avec une tendre et inlassable curiosité. Elle pratique la photographie depuis l’enfance, et acquiert, très tôt, la conviction que la photographie sera son moyen d’expression.
Après des années de formation à Genève, elle monte à Paris à la fin des années 40 et devient l’assistante du photographe de mode Willy Maywald. Formée aux meilleures techniques de la lumière de studio, elle comprend paradoxalement, par cette expérience, toute l’importance de la lumière naturelle comme source d’émotion. Elle réalise à l’époque des reportages, des publicités, des séries de mode et des portraits d’artistes et célébrités, notamment pour le magazine Vogue. Sabine Weiss assure avec autant de maîtrise et de sensibilité le reportage couleur et noir et blanc dans les domaines les plus divers.
Dès son arrivée dans la capitale, elle entreprend un travail plus personnel. Elle se rapproche des photographes qui mettent la personne au centre de leur propos, tels Brassaï, Izis, Willy Ronis, ou encore Robert Doisneau, qui la fait entrer à l’agence Rapho. Comme eux, elle immortalise le Paris des années 50, ce Paris populaire qui baigne dans l’ambiance particulière de l’après-guerre. C’était « une période magique où les chevaux des Gitans ruaient sur les terrains vagues de la Porte de Vanves », dit-elle. Comme ses amis Doisneau ou Ronis, Sabine Weiss a le coeur dans les yeux, et elle s’attache à rendre sensible ce merveilleux de la vie quotidienne.
Avec le temps, elle se consacre presque exclusivement au reportage noir et blanc qui lui permet d’exprimer à travers ses voyages avec « plus de calme et de simplicité » cette rencontre de l’homme et de son univers, cette plénitude de la lumière qui l’obsède. Instaurant avec eux des dialogues sans fin, aux hasard des promenades de son objectif, elle traduit par son regard cet instant émouvant où par un geste, une attitude, tout l’essentiel de l’autre va se révéler.
Dévorée par la curiosité, elle sillonne le monde. Non seulement les Etats-Unis (elle épouse, en 1950, le peintre américain Hugh Weiss), mais également certains pays d’Europe, et l’Egypte, l’Inde, le Maroc, la Birmanie, s’attachant inlassablement aux individus, aux enfants, aux personnes seules, aux gens modestes, parfois en marge de la société.
Dans une démarche tendre et attachante, Sabine Weiss capte les rencontres, les petits gestes, les silences ; elle saisit la lumière subtile des églises, des bougies, des lampadaires, des phares de voiture.
Pour Sabine Weiss, la photographie est “liée à l’instant, cet instant fugitif et merveilleux qu’il faut saisir tout en le composant ces instants dans le temps et dans l’espace où la plénitude et la simplicité forment un tout”.
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