Roland Laboye est né en 1944. Il devient photographe professionnel en 1969 et exerce son métier dans sa ville natale de Castres jusqu’à son départ pour Montpellier où il est appelé pour prendre la direction de la galerie Photo de la ville. Prix Niepce en 1977, son parcours artistique le conduit dans de nombreuses expositions à l’étranger surtout.
«Cet homme aime les gens.
Non pas qu’il s’intéresse à leur attrait physique, à leurs qualités ou à leurs défauts, mais plutôt à leur faculté de s’inscrire dans l’environnement qu’ils habitent. Les «gens» de Laboye sont intimement liés à l’espace construit dans lequel ils évoluent avec aisance , la rue semble leur chez-soi, un lieu intime juste fait à leur mesure, pour leur bien-être et leur confort. Pas de gros plans, pas d’effet spectaculaire d’angle de vue, non, une photo à hauteur d’homme, une vision de promeneur, à portée de regard. Son Leica M armé d’un grand angle autorise une proximité semblable à une main tendue . Le déclic sur l’appareil, c’est son bonjour discret et amical, mais aussi caustique et souriant.
Tout se joue dans la malice du cadrage. Le regard de Laboye n’est pas ordinaire, l’humour lui tient lieu de visée, et le sourire de point de vue. Son oeil est un compas qui compose le champ visuel en une géométrie instinctive: il saisit une symétrie, traque une opposition, souligne une perspective, découvre une suite arithmétique. les gens semblent se fondre avec l’architecture et jouer avec le décor. Chacun prend possession de l’espace avec bonheur et simplicité, sans aucune gêne ni désagrément: Madame promène ses cinq chiens en laisse, la rue est à elle. Une sorte de mimétisme s’installe avec le décor urbain, le joueur de pétanque tend son bras à la manière du discobole placé en arrièreplan, le passant tient son menton comme la femme peinte sur le mur derrière lui. Même la publicité est involontairement parodiée par ces passants qui deviennent pour l’éternité d’anonymes acteurs d’un théâtre de l’instant.
La rue est une scène, et l’oeil de Laboye son directeur artistique. Avec la rapidité de l’éclair il saisit la drôlerie d’une situation, et stoppe son déroulement à l’instant crucial.
Une fraction de seconde plus tôt, c’était trop tôt, une fraction de seconde plus tard, c’était trop tard ! Il a cette faculté d’anticiper l’événement, de pressentir l’inattendu, dans tout ce qu’il a de malicieux et de drôle. Son oeil toujours en éveil transfigure le banal avec un sourire moqueur et subtil qui comble le regardeur.»
Anto Alquier
« Roland Laboye possède à un très haut degré, avec sa tête chercheuse hypersensible, des capacités de détection que la plupart d’entre nous avons négligé de développer. Il voit plus vite que son imagination et son appareil déclenche en même temps. Il est le révélateur immédiat de la comédie urbaine où nous sommes (presque) tous immergés mais que nous traversons avec les oeillères de l’indifférence.»
Willy Ronis
«Toutes ses photos le prouvent, l’ironie n’y est jamais appuyée et si vous avez l’oeil aussi vif que lui -c’est difficile- vous trouverez comme les lions dissimulés dans les dessins de notre enfance, des rimes visuelles et de subtiles ironies. Je ne vous les dirai pas, on ne révèle pas à ses amis la fin d’un bon film. Il ignore la méchanceté comme la moquerie qui font mal. beaucoup de tendresse circule dans ces images. Des choses sérieuses aussi, bien sûr, dites avec le sourire, elles passent mieux.
En culbutant l’esthétisme besogneux et de toutes les modes, ses photos démontrent que la spontanéité de la vie et la chaleur humaine ne peuvent tromper, Roland Laboye aime la vie.»
Marc Riboud
Rome 1990 « Une photo de Roland Laboye se reconnaît immédiatement. Même avant d’être faite. Mais il n’y a que lui qui peut la faire, et qui la fait. Nous autres, dans les grandes villes, on est trop poli, trop gentil (« tu parles! »), trop prudent surtout, trop snob (enfin on essaye), trop distingué, trop esthète, trop promotionnel. Lui pas, quelle chance il a d’avoir simplement du talent et de ne pas nous faire chier avec.»
Jean-Philippe Charbonnier
France 2006
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
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Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l'enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange.