JLG: Quand le mot est-il apparu dans ta peinture et dans tes photographies ?
P.P: C’est une longue histoire, ça s’est imposé petit à petit. Un mot, c’est une adresse qu’on fait à quelqu’un. Ce qui m’avait frappé au début des années 80, c’étaient les manifestations qui avaient lieu ici, à Cockerill autour de la coulée continue, et les calicots des manifestants qui brandissaient des slogans portant leurs revendications. Le fait que les slogans étaient inscrits sur les calicots, c’est comme s’ils étaient dits deux fois: en montrant ces mots, c’est comme s’ils criaient encore plus fort dans la rue.
D’autre part, pour moi les mots ont toujours été très présents car quand j’étais jeune, j’étais très fan de bandes dessinées. Dans mon travail il y a toujours eu le rapport entre le mot et l’image comme dans les bandes dessinées.
C’est pour ces deux raisons qu’il me semblait libérateur d’utiliser le mot. Il ne s’agissait pas de faire de la peinture en tant que fin en soi, comme oeuvre esthétique et picturale, mais d’utiliser celle-ci à d’autres fins.
JLG: Donc, pour toi, la peinture et la photographie deviennent un medium pour le mot?
P.P: Oui, en quelque sorte. Pas pour le mot en lui-même, mais bien le mot pour dire quelque chose, pour avoir quelque chose à partager, faire en sorte qu’il y ait un échange avec celui qui regarde, ce qui me tient fort à coeur.
Pour moi, l’art c’est une relation. Ce n’est pas une oeuvre qui est donnée à voir une fois pour toutes, qui même admirable, peut vite s’oublier. Dans la mesure où on est confronté à la nature, à la réalité, se pose toujours la question du choix à faire entre le modèle et l’oeuvre parce qu’il y a la vie qui passe par là. Je considère l’oeuvre comme un moyen.
JLG: Il y a mot et mot; tu les tritures, il ne s’agit pas simplement de revendications ou de messages, ce sont quand même des mots très particuliers.
P.P: Oui, c’est là que quelque chose peut se passer avec le spectateur, car il a quelque chose à comprendre, à saisir, à manipuler. Donc pour moi, là, il y a relation, et ce faisant, je me réconcilie avec moi-même, je suis en rapport avec le monde et avec les autres. Même s’il s’agit d’une oeuvre d’art, ce n’est pas quelque chose qui est dit une fois pour toutes, à avaler, à ingurgiter, à consommer et puis c’est tout. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit.
JLG: Comment procèdes-tu? Est-ce d’abord le jeu de mots qui te vient à l’esprit, et la mise en scène photographique qui est là pour le soutenir? Quel est l’ordre des choses dans ton processus de travail?
P.P.: C’est un processus qui peut être assez aléatoire: il peut s’agir d’un objet que je vois dans ce qui m’entoure, des morceaux de nature, un événement, que j’intègrerai tôt ou tard dans un travail photographique.
Parfois, c’est une phrase, un mot ou un jeu de mots qui surgissent et je leur cherche un contexte visuel.
Parfois les idées viennent très vite, et j’en suis très étonné, ou alors il y a des phrases que je traîne depuis des années et que je n’arrive pas à intégrer dans une photographie. Ça a l’air d’être très appliqué, mais ce n’est pas le cas.
JLG: Pour quelles raisons montres-tu ton travail en petit format? P.P: Pour moi la photographie procède de l’intime, elle ne s’accommode pas du spectaculaire et du grandiloquent. La photo, c’est la photo de famille, la photo qu’on garde dans son portefeuille, celle qu’on pose sur sa table de nuit.
Elle fait référence à la mémoire, au temps passé et bien sûr, même si ce ne sont pas des photos de famille que je fais, elles ont un rapport avec le passé, donc je tiens à ce caractère intime.
En plus, le petit cadre noir a son importance parce qu’il me fait toujours penser à un faire-part de deuil, donc une référence au temps passé, à la mémoire. Je cherche à avoir un rapport intime avec celui qui acquiert ou regarde ma photographie.
Je veux aussi que mes photos s’intègrent dans l’espace quotidien, je ne veux pas faire des oeuvres majestueuses, imposantes, dominatrices: mes images sont petites et de ce fait, il faut aller vers elles…
Août 2008
DIEHL starts its “Flaneur” selection with 42 works of the Soviet photo journalist Dmitry Baltermants. Best known for his pictures of the Soviet battlefield during World War II.
During World War II, Baltermants covered major battles for Izvestia and for the Red Army newspaper Na Razgrom Vraga. He fought and photographe...
Le 24 mars 1976, le peuple argentin subit un coup d’état militaire. C’est le début d’une ère de répression sanglante, où quelque 30 000 personnes disparaissent et près de 500 bébés sont volés. Mais s’ouvre également une période d’ultralibéralisme d&ea...
Blindspot Gallery is pleased to present Coastline featuring emerging Chinese photographer Zhang Xiao’s award-winning series Coastline that focuses on the continuous 18,000 kilometres of China’s coastline. The series does not merely capture the seaside landscape of these coastal areas, but also witnesses the changes o...
Du dépouillement des clichés de Catherine Lambermont se dégage une poésie narrative. Ses images composent une suite d’instants d’observation libre. Son travail réhabilite le continuum qui caractérise chaque frontière. La frontière est le lieu du lien. Entre le corps et l’es...
Eric Rondepierre a choisi de montrer au sein d'un travail multiforme, certaines des oeuvres qui ont partie liée au cinéma, depuis ses débuts en 1992. Sur un parcours de vingt ans, 56 pièces ont été prélevées dans dix séries : Excédents, Annonces, Précis...
Simone Nieweg is a photographer of gardens and landscapes. Her work, as it has manifested itself over the past thirty years, knows no other interest. At the same time, a certain serenity hovers over her pictures. In them, nature seems entirely focused on itself. One immediately notices that human beings are absent. The allure of colors and shapes...
« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)
«Egyptian pack» evokes many associations - here are both Petersburgers favorite topic of werewolves (see the movie of E. Yufit «Corpsmen werewolves») and references to the Perm animal style.
Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...