Que nous donnent à voir de Bruxelles les images de Philippe Chancel et le regard de Valérie Weill à laquelle on doit le « casting » de ce projet ? Paradoxalement, celles d’une ville indéfinissable mais néanmoins identifiable pour les familiers des boutiques du quartier du Sablon, des « brocantiquaires » de la rue Blaes ou des vitrines au charme désuet de la rue Haute.
Toutes ces devantures, tous ces contenus, tous ces intérieurs nous racontent avant tout un peu de l’imaginaire de leur propriétaire ou de leur tenancier, de la trace sédimentaire façonnée par le temps qui devient l’image de marque de leur petite entreprise.
On pourrait aussi voir les images des deux auteurs comme un hommage à un mode de vie non pas révolu - il est toujours bien vivant - mais préservé, comme une façon d’aller à l’essentiel des choses. Nous parcourons des quartiers sauvegardés, qui ont résisté à l’uniformisation des commerces et boutiques de chaînes internationales qui se sont petit à petit imposées dans les centres-villes et ont uniformisé l’offre de chalandise. Nous ne sommes pas dans une autre époque, toutes ces images sont
récentes - mais dans un mode de vie contemporain qui cultive, même inconsciemment ses racines. S’agit-il d’un patrimoine à préserver, d’une mémoire à transmettre, d’un art de vivre à reconquérir ? Nul ne le sait avec précision, chacun y apportera la réponse qui correspond à ses aspirations.
Ce travail est-il nostalgique ? Quelque peu, sans doute. On lui accordera plutôt une dimension critique, celle d’un constat dont l’accumulation fait sens. Face à ces images, on ne peut manquer de songer aux «compositions trouvées » du plasticien anversois Guillaume Bijl qui lui aussi nous livre une vison ambiguë de notre environnement quotidien, de plus en plus assimilé à une société de consommation
et de loisirs.
Le propos de Philippe Chancel et de Valérie Weill n’est sans doute pas aussi ironique. Il porte certes sur l’apparence des choses, mais on devine et on sent très vite que la présence humaine n’est jamais très éloignée de tous ces amoncellements, alignements et organisations d’objets en tous genres. Ils jettent sur eux un regard profondément humain, presque tendre parfois, captant au-delà de ces vitrines une façon d’aborder le quotidien dans un Bruxelles intemporel. C’est l’autre face de la capitale
de l’Europe, plus authentique, celle où la persistance du « petit commerce » constitue avant tout un lien social et une tradition de quartier. Les mettre en exergue constitue sans doute un des plus beaux hommages à leur rendre.
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Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...