Depuis ses premières armes photographiques et le prix Niepce qu’il reçoit en 1960 à 24 ans pour son livre « Gosses d’Algérie » plus jeune récipiendaire de ce prix jusqu’à aujourd’hui Léon Herschtritt a toujours eu plus d’intérêt pour les êtres humains que pour tout autre sujet. Présence éblouissante parfois, mais souvent plus discrète, secrète, parfois à la limite du sub-liminal quand l’homme, la femme ou l’enfant sont dans une position d’attente, de tristesse ou de joie. Il y a chez Léon Herschtritt un regard tout empreint de tendresse. A une époque où peu à peu les photographes vont, pour beaucoup, dériver vers le voyeurisme et le spectacle indécent de la misère, de la détresse et de la mort, Léon Herschtritt voit en ceux qu’il photographie la beauté de l’âme humaine. Ses enfants sont peut être sales, ils ont traîné dans la rue, ont joué dans la poussière et les cartons, se sont peut être battus, mais ils sont le germe possible de la grandeur humaine. On sent bien dans les photographies de Léon Herschtritt que pour lui, même s’il est plein d’admiration ou de respect vis-à-vis des personnages célèbres qu’il a photographiés, du Général de Gaulle à Marguerite Duras en passant par Catherine Deneuve, il y a autant de tendresse pour les personnages anonymes qu’il photographie : enfants, femmes, vieillards. Le temps paraît suspendu, non pas seulement en raison de la magie de la photographie qui fixe l’instant, mais parce qu’une sorte de paix envahit tout, même si on sait que derrière se cache toute la misère des hommes. En ce sens, le regard de Léon Herschtritt n’est pas celui d’un spectateur indifférent ou voyeur mais celui d’un homme qui aime les autres hommes et qui sait voir les traces de l’amour et du bonheur même infimes dans le chaos du monde.
Patrice Josset
Conservateur du Musée Dupuytren, Paris
1961. La guerre est finie depuis seize ans. Ou plutôt, elle a changé, elle est maintenant froide. Le 13 août, le tracé pointillé qui délimitait le secteur soviétique sur le plan de Berlin devient une réalité qui l'isole du reste de la ville et stupéfie le monde. Berlin comme l'Allemagne, est coupé en deux, Berlin-Ouest, Berlin-Est. On apprendra bientôt que des Allemands meurent, abattus, pour avoir voulu passer de l'Est à l'Ouest en franchissant ce qui petit à petit devient un mur, le mur de Berlin, le Mur de la honte. (….) Qu'est-ce qui peut donc inciter un jeune photographe de presse à traverser l'Allemagne en plein hiver, au volant d'une dauphine, pour y faire un reportage que ne le lui commande aucun journal, nulle agence ? (…) le moment de Noël qui intéresse Léon Herschtritt, ce Noël allemand qui a exporté son pain d'épices, ses sapins décorés et ses chants traduits dans toutes les langues. (…) le jeune homme trouve une féerie d'une autre nature, l'architecture monstrueuse d'un rempart constitué d'immeubles aux fenêtres condamnées, soudés par une muraille de béton et de barbelés, de parcs et de terrains vagues hérissés de rouleaux barbelés et la figuration de jeunes hommes en uniformes. (…) Mais ce qui le sidère d'abord, c'est le silence, silence de la neige et du deuil, et ce froid, vingt degrés au-dessous de zéro qui figent tout, jusqu'à l'événement. Les sapins sont bien là, décorés et illuminés, mais on leur a, de place en place, donné pour compagnie une croix, elle aussi décorée, d'une couronne. (…), il photographie une déchirure, un malheur fabriqué par l'absurdité héritée de vieux pactes, de traités lointains, de partages de stratèges, d'idéologies contraires et pourtant voisines. (…) toute la quête tient dans l'espoir de percer ce mur pour apercevoir des proches qui ne le sont plus, échanger un signe, percevoir une voix. A cela tout est bon, le toit d'une voiture, une paire de jumelles, un mouchoir qu'on agite, le toboggan d'un jardin d'enfants sur lequel une vieille femme se risque à grimper. Herschtritt photographie cette résistance-là, celle des Berlinois qu'un mur sépare brutalement d'autres Berlinois, et le bonheur sur les visages de ceux qui ont vu l'autre côté. Une image nous documente sur une parade technique : au béton, aux projecteurs, aux fossés, aux chevaux de frise, on ajoute une toile tendue de manière à empêcher jusqu'à l'échange des regards, (…). Léon Herschtritt ne savait pas vraiment ce qu'il attendait à Berlin, il y a photographié ce que les mots expriment si difficilement, ce qui se nomme simplement le chagrin.
Hervé Le Goff
Ces expositions auront lieu à Berlin lors du 3eme Mois européen de la photographie en novembre 2008,
A l´Institut français, du 3 novembre au 30 novembre 2008, Jamais deux fois le même regard, Paris 60´s.
Adresse : Kurfürstendamm 211, 10719 Berlin
Du lundi au vendredi de 10h à 18h, entrée libre
Au Parlement de Berlin du 18 novembre au 28 novembre 2008, Jamais deux fois le même regard, Noel 1961, Berlin.
Adresse : Abgeordnetenhaus von Berlin, Niederkirchnerstraße 5, 10111 Berlin
Du lundi au vendredi de 9h à 18h, entrée libre
Women of Power consists of 29 color photographs depicting Polish witches, healers, sorceresses, visionaries, spiritual leaders and shamanic techniques practitioners.
According to what Ewelina Jarosz wrote about Women of Power : "The title points to Katarzyna Majak's intenti...
C’est à une invitation à la sérénité et à un retour sur soi que nous propose Yves Marcellin dans cette exposition inédite, installation photographique consacrée aux cinq remémorations du Bouddha.
Empreint des écrits du vénérable moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, et plus particulièrement sensi...
With "The Family of Dog", Michael Ruetz has created, over the last 50 years, a unique body of photographic work. Superficially, these images might appear to pay tribute to the established forms of animal photography. But a second, more focused view shows that the reverse is true. Ruetz' pictures are as far removed from those of the animal specialist...
Failed States is an exploration of coincidence and poetics amid the barriers and bureaucracy of governmental power.
In January 2010, while on a trip to research the history of snipers in Austin, Texas, Magid witnessed a mysterious shooting on the steps of the State Capitol. After attempting to speak with a state empl...
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
Le conte photographique l’Emouvantail, se veut être « l’Echo » d’une histoire d’amour entre un épouvantail etune jeune femme, la Dame de l’O qui pourrait être celle de chacun d’entre nous… Mais pas seulement…
Créée par le Musée de l’Elysée à Lausanne, l’exposition Hans Steiner Chronique de la vie moderne a été présentée à la Fotostiftung de Winterthour, à la Médiathèque Valais-Martigny et au Museo Villa dei Cedri de Bellinzona.