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Léon Herschtritt photographe humaniste
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Le 2011-10-05 18:29:09

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Léon Herschtritt

Depuis ses premières armes photographiques et le prix Niepce qu’il reçoit en 1960 à 24 ans pour son livre « Gosses d’Algérie » plus jeune récipiendaire de ce prix jusqu’à aujourd’hui  Léon Herschtritt a toujours eu plus d’intérêt pour les êtres humains que pour tout autre sujet. Présence éblouissante parfois, mais souvent plus discrète, secrète, parfois à la limite du sub-liminal quand l’homme, la femme ou l’enfant sont dans une position d’attente, de tristesse ou de joie. Il y a chez Léon Herschtritt un regard tout empreint de tendresse. A une époque où peu à peu les photographes vont,  pour beaucoup, dériver vers le voyeurisme et le spectacle indécent  de la misère, de la détresse et de la mort, Léon Herschtritt voit en ceux qu’il photographie la beauté de l’âme humaine. Ses enfants sont peut être sales, ils ont traîné dans la rue, ont joué dans la poussière et les cartons, se sont peut être battus, mais ils sont le germe possible de la grandeur humaine. On sent bien dans les photographies de Léon Herschtritt que pour lui, même s’il est plein d’admiration ou de respect vis-à-vis des personnages célèbres qu’il a photographiés, du Général de Gaulle à Marguerite Duras en passant par Catherine Deneuve, il y a autant de tendresse pour les personnages anonymes qu’il photographie : enfants, femmes, vieillards. Le temps paraît suspendu, non pas seulement en raison de la magie de la photographie qui fixe l’instant, mais parce qu’une sorte de paix envahit tout, même si on sait que derrière se cache toute la misère des hommes. En ce sens, le regard de Léon Herschtritt n’est pas celui d’un spectateur indifférent ou voyeur mais celui d’un homme qui aime les autres hommes et qui sait voir les traces de l’amour et du bonheur même infimes dans le chaos du monde.

Patrice Josset
Conservateur du Musée Dupuytren, Paris

1961. La guerre est finie depuis seize ans. Ou plutôt, elle a changé, elle est maintenant froide. Le 13 août, le tracé pointillé qui délimitait le secteur soviétique sur le plan de Berlin devient une réalité qui l'isole du reste de la ville et stupéfie le monde. Berlin comme l'Allemagne, est coupé en deux, Berlin-Ouest, Berlin-Est. On apprendra bientôt que des Allemands meurent, abattus, pour avoir voulu passer de l'Est à l'Ouest en franchissant ce qui petit à petit devient un mur, le mur de Berlin, le Mur de la honte. (….) Qu'est-ce qui peut donc inciter un jeune photographe de presse à traverser  l'Allemagne en plein hiver, au volant d'une dauphine, pour y faire un reportage que ne le lui commande aucun journal, nulle agence ? (…) le moment de Noël qui intéresse Léon Herschtritt, ce Noël allemand qui a exporté son pain d'épices, ses sapins décorés et ses chants traduits dans toutes les langues. (…) le jeune homme trouve une féerie d'une autre nature, l'architecture monstrueuse d'un rempart constitué d'immeubles aux fenêtres condamnées, soudés par une muraille de béton et de barbelés, de parcs et de terrains vagues hérissés de rouleaux barbelés  et la figuration de jeunes hommes en uniformes. (…) Mais ce qui le sidère d'abord, c'est  le silence, silence de la neige et du deuil, et ce froid, vingt degrés au-dessous de zéro qui figent tout, jusqu'à l'événement.  Les sapins sont bien là, décorés et illuminés, mais on leur a, de place en place, donné pour compagnie une croix, elle aussi décorée, d'une couronne. (…), il photographie une déchirure, un malheur fabriqué par l'absurdité héritée de vieux pactes, de traités lointains, de partages de stratèges, d'idéologies contraires et pourtant voisines. (…) toute la quête tient dans l'espoir de percer ce mur pour apercevoir des proches qui ne le sont plus, échanger un signe, percevoir une voix. A cela tout est bon, le toit d'une voiture, une paire de jumelles, un mouchoir qu'on agite, le toboggan d'un jardin d'enfants sur lequel une vieille femme se risque à grimper. Herschtritt photographie cette résistance-là, celle des Berlinois qu'un mur sépare brutalement d'autres Berlinois, et le bonheur sur les visages de ceux qui ont vu l'autre côté. Une image nous documente sur une parade technique : au béton, aux projecteurs, aux fossés, aux chevaux de frise, on ajoute une toile tendue de manière à empêcher jusqu'à l'échange des regards, (…). Léon Herschtritt ne savait pas vraiment ce qu'il attendait à Berlin, il y a photographié ce que les mots expriment si difficilement, ce qui se nomme simplement le chagrin.
  
   Hervé Le Goff

Ces expositions auront lieu à Berlin lors du 3eme Mois européen de la photographie en novembre 2008,

A l´Institut français, du 3 novembre au 30 novembre 2008, Jamais deux fois le même regard, Paris 60´s.

Adresse : Kurfürstendamm 211, 10719 Berlin
Du lundi au vendredi de 10h à 18h, entrée libre

Au Parlement de Berlin du 18 novembre au 28 novembre 2008, Jamais deux fois le même regard, Noel 1961, Berlin.
Adresse : Abgeordnetenhaus von Berlin, Niederkirchnerstraße 5, 10111 Berlin
Du lundi au vendredi de 9h à 18h, entrée libre



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Photographe(s)

Léon Herschtritt

Institut Français d'allemagne
Schillerstraße 11
55116 Mayence 
Allemagne

Voir tous les lieux

Du 18/11/2008 au 28/11/2008

Statut : expositions terminé











 




Aujourd'hui, ma photo est une réflexion qui se concrétise dans l'action et aboutit à une méditation. La spontanéité - le moment suspendu - intervient pendant l'action, à la prise de vue. Une réflexion sur le propos la précède. Une méditation sur la finalité la suit. C'est là, pendant ce moment exaltant et fragile, que s'élabore la véritable écriture photographique : la mise en séquence des photos. Le souffle de l'écrivain est alors nécessaire à cette entreprise. Le photographe, n'est il pas celui qui écrit avec la lumière ? Mais à la différence de l'écrivain qui possède son verbe, le photographe est, lui, possédé par sa photo, par la limite du réel qu'il doit transcender pour ne pas en devenir prisonnier.
Abbas   














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