inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Jeanne Gerster Azerbaïdjan - Les oubliés du train


Jeanne Gerster Azerbaïdjan - Les oubliés du train
+0
moins
plus


Le 2011-10-07 12:52:07

Partager:


g

Les oubliés du train

Une locomotive… Pour ramener chez elles, au Nagorno-Karabakh ou Haut-Karabagh, les milliers de personnes qui vivent depuis plus de 14 ans dans des wagons marchandise. Nagorno-Karabakh signifie jardins noirs  du fait de ses montagnes et de la fertilité de ses terres. Ici, à Saatly et Imisli, pas de montagnes, mais des wagons marchandises bloqués sur des terres arides, où poussent pastèques et pompes à pétrole.

Le Haut-Karabagh est une région autonome de l’Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d’arméniens et située à 270 kilomètres à l’ouest de Bakou, la capitale.
En 1991, après l’éclatement de l’URSS, l’Azerbaïdjan et l’Arménie deviennent indépendants. Peu après, le Haut-Karabagh proclame son indépendance, mais celle-ci n’est pas reconnue par la Communauté Internationale.

En 1992, l’Azerbaïdjan souhaite récupérer ce territoire mais l’Arménie s’y oppose. Résultat : des deux côtés, un même nettoyage ethnique, l’Arménie expulse les Azéris et l’Azerbaïdjan les Arméniens. 120 000 Arméniens et 80 000 Azéris déportés. Un cessez-le-feu est conclu en 1994 entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie et les rebelles du Haut-Karabagh, mais la paix demeure précaire…
En 1998, les expulsions continuent. Toute la population non-arménienne est chassée du Haut-Karabagh et de l’Arménie. 1 million de déplacés se réfugient sous tente, dans des baraquements ou dans des wagons. Ceux que l’on appelle les déplacés internes, puisqu’ils n’ont pas franchi de frontière, ne bénéficient pas de la même aide que les réfugiés. Aujourd’hui, ils touchent 30 000 Manat, soit 5 Euros par personne et par mois du gouvernement. Quant aux organisations humanitaires, cela fait longtemps que les déplacés des différents camps n’en ont plus croisés.
Au fil des ans, les Azéris ont décoré leurs wagons afin de les rendre plus confortables, moins miséreux. Certains se sont même construit quatre murs de terre à l’intérieur du wagon afin de mieux supporter le froid qui, en hiver, peu descendre à moins 30°. Durant l’été les habitants installent leur lit sous les wagons, car à l’intérieur il y fait plus de 40°.
Ce sont les femmes qui règlent et gèrent la vie des wagons. Sans eau potable, sans sanitaire et sans soin, elles luttent tant bien que mal contre les différents maux qui gagnent toujours plus de wagons :  diabètes chez les vieux, diarrhées et malformations chez les enfants.
Elles soutiennent les hommes qui souffrent de ne plus pouvoir exercer leur métier : agriculteur, menuisier, médecin, professeur… Cela fait plus de dix ans qu’ils ne pratiquent plus. Parfois, dans la mesure du possible, ils créent des ateliers.
Mais comment enseigner sans livre, soigner sans médicaments? Seuls les agriculteurs plantent entre les voies un petit jardin de fleurs. Pour se prouver qu’ils existent encore, que tant qu’il y a un souffle de vie, il y a un souffle d’espoir.

Ces portraits, ce sont avant tout des regards, des parcours de vie de femmes et d’hommes. Au travers de mes images, je souhaite transmettre la force de leur regard, la beauté de leur personne, des détails de leur quotidien.
Tous ont posé leurs espoirs sur moi et mon travail afin que je puisse parler de leur pays, témoigner de leur situation, d’eux tout simplement… Ils pensent que ma sensibilité de femme pourra toucher les médias… Comment ne pas les décevoir ?
Lors de mes différentes démarches dans les rédactions, on m’a répondu que tant qu’il n’y aurait pas d’attentat dans ce pays, on n’en parlerait pas.



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : arm, wagons, karabagh, azerba, nie, haut, sans, iuml, djan, hellip, az, niens, chez, tant, vie, plac, souhaite, ind, apr, sous,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Katarzyna Majak : « Women of Power »

Women of Power consists of 29 color photographs depicting Polish witches, healers, sorceresses, visionaries, spiritual leaders and shamanic techniques practitioners.

According to what Ewelina Jarosz wrote about Women of Power : "The title points to Katarzyna Majak's intenti...

    Lire la suite



  Yves Marcellin présente ses « remémorations » à la Kiron Galerie

C’est à une invitation à la sérénité et à un retour sur soi que nous propose Yves Marcellin dans cette exposition inédite, installation photographique consacrée aux cinq remémorations du Bouddha.

Empreint des écrits du vénérable moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, et plus particulièrement sensi...

    Lire la suite



  Michael Ruetz « The family of dog »

With "The Family of Dog", Michael Ruetz has created, over the last 50 years, a unique body of photographic work. Superficially, these images might appear to pay tribute to the established forms of animal photography. But a second, more focused view shows that the reverse is true. Ruetz' pictures are as far removed from those of the animal specialist...

    Lire la suite



  Jill Magid : « Failed States »

Failed States is an exploration of coincidence and poetics amid the barriers and bureaucracy of governmental power.

In January 2010, while on a trip to research the history of snipers in Austin, Texas, Magid witnessed a mysterious shooting on the steps of the State Capitol. After attempting to speak with a state empl...

    Lire la suite



  Hell Raisers à la Galerie Les Filles du Calvaire

Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...

    Lire la suite



  « L'émouvantail », le conte photographique de Stéphane Fedorowsky

Le conte photographique l’Emouvantail, se veut être « l’Echo » d’une histoire d’amour entre un épouvantail etune jeune femme, la Dame de l’O qui pourrait être celle de chacun d’entre nous… Mais pas seulement…

Souvent associé à un personnage eff...

    Lire la suite



  Un centre d'essai éphémère Olympus au coeur de Paris

 

Olympus installe un centre d’essai éphémère au cœur de Paris pour faire tester son nouvel hybride haut de gamme.
 
Au mois de juin, l’équipe d’Olympus investit la magnifique cours du Marais, au cœur de Paris, en installant un centre d’essai entièrement dédi&eac...

    Lire la suite


  Hans Steiner, "Chronique de la vie moderne"

Créée par le Musée de l’Elysée à Lausanne, l’exposition Hans Steiner Chronique de la vie moderne a été présentée à la Fotostiftung de Winterthour, à la Médiathèque Valais-Martigny et au Museo Villa dei Cedri de Bellinzona.



    Lire la suite



 


Photographe(s)

Jeanne Gerster

Galerie Focale
4, Place du Château
1260 Nyon 
Suisse

Voir tous les lieux

Du 7/9/2008 au 12/10/2008

Statut : expositions terminé











 




Réflechir, voir, patienter, attendre, comprendre
David Alan HARVEY   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !