Le Conseil général des Hauts-de-Seine expose un photographe japonais contemporain dans les jardins du musée Albert-Kahn.
68 ans après Albert Kahn, un Japonais est à nouveau invité dans les jardins du banquier philanthrope à Boulogne. Toshio Shimamura succède en effet à la vingtaine de personnalités reçues par Albert Kahn : le prince et la princesse Kitashirakawa, les princes Ichijo, Tokugawa et Higashikuni, la famille Motono, le peintre Tsuguharu Fujita... Une manière artistique de célébrer les liens qu’entretenait Albert Kahn avec le pays du Soleil Levant ; liens symbolisés au musée Albert- Kahn par les deux jardins japonais.
Toshio Shimamura est né à Kyoto au Japon en 1953. Il étudie le design industriel à l’Ecole Nationale de Création Industrielle (Les Ateliers) à Paris à partir de 1987. Il devient ensuite pendant 3 ans, à New York, l’assistant du designer Gaetano Pesce. Durant ce séjour, il ajoute la photographie à ses modes d’expression.
Sa première exposition photographique a lieu à Kyoto en 2001. Suivront des expositions au Japon (2003, 2005, 2007), en Espagne (Saint-Sébastien, 2006), en France (Les Ateliers et la Galerie Lina Davidov en 2007).
Prenant les fleurs pour matière de sa recherche, Toshio Shimamura travaille par séries à l’aide d’une unique source de lumière naturelle et de longs temps de pose, avec un appareil moyen-format. Par cette technique, ses photographies, sur un fond noir comme dans la tradition japonaise, laissent toute leur place à la finesse des matières.
Sa sensibilité joue sur les effets d’échelles ; il perturbe nos repères. Les fleurs captées par son objectif sont un terreau favorable à la projection de nos émotions. Ainsi un tournesol devient agressif, et nous fait presque nous remplir de tristesse ou ressentir un danger. À l’inverse, la douceur, l’élégance et la sensualité d’une tulipe laissent place au rêve et à la contemplation.
Dans les jardins colorés du Musée Albert-Kahn, le dépouillement de ces fleurs étranges en noir et blanc dans un large format interpelle les visiteurs. Captés par l’expression d’une sensibilité japonaise, ils sont conduits à s’interroger sur une nature sobre et puissante.
De ces « natures mortes » jaillit le mouvement vital des fleurs, de la beauté éphémère des fleurs jaillit la beauté intemporelle d’un regard neuf.
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