L’exposition Le dessous des cartes offre le panorama le plus complet jamais réalisé sur les artistes, thèmes et tendances de la photographie contemporaine d’Amérique centrale, du Sud et des Caraïbes. Supervisée par le commissaire espagnol Alejandro Castellote, cette sélection de près de 200 clichés est le fruit de plusieurs années de recherche et de coopération avec des photographes, artistes, critiques, historiens, responsables d’institutions culturelles et coordinateurs originaires des nombreux pays de l’Amérique latine.
Ces dernières décennies, l’art latino-américain a connu un essor en dents de scie, en fonction des circonstances politico-économiques de ces pays et de l’intérêt changeant de l’Amérique du Nord et de l’Europe. Dans le domaine de la photographie, l’attribution de bourses d’étude internationales et l’organisation d’événements toujours plus nombreux ont contribué à donner un écho international aux artistes regroupés sous la dénomination « latino-américains », bien que leurs oeuvres apparaissent nettement moins homogènes que les différents pays dont ils sont issus. Cependant, l’intention de l’exposition n’en est pas moins de révéler les caractéristiques qui pourraient rapprocher tous ces artistes. Tout en mettant de côté les thèmes habituels de l’art latino-américain, Le dessous des cartes laisse une place non négligeable à plusieurs artistes moins connus de la jeune génération de photographes. Celle-ci produit une image vaste et complexe des tendances contemporaines de l’art (photographique) latino-américain.
L’exposition Le dessous des cartes comporte trois « trames narratives » : Les rituels de l’identité
Pour les photographes latino-américains, l’identité est davantage un procédé qu’un résultat.
Elle est une sorte de fluide volatile et changeant, continuellement influencé par d’autres identités. Les objets magiques qu’ils associent à des individus dans leurs photographies symbolisent la « gestique » d’une subjectivité en perpétuel mouvement. Pour les 18 artistes présents dans la première partie de l’exposition, le rituel est l’expression du corps dans un espace exclusif, où l’interaction entre les deux forme l’image d’une identité changeante.
Scénarios
Le paysage latino-américain est généralement identifié par un certain nombre de phénomènes caractéristiques, des références spatiales qui signalent une culture spécifique à une région ou à un pays déterminés. Pour autant, la migration des identités – conséquence de la situation géopolitique – rend la lecture de ces photos encore plus difficile. Autant la photographie était autrefois appréciée pour sa capacité à indiquer un lieu précis, autant à présent nous devons continuellement la remettre en doute comme moyen de localisation. En effet, la nouvelle photographie spatiale recombine les identités par la transformation, la séparation, la répétition ou les nouveaux scénarios. Dès lors, si d’un côté elle menace de perdre sa crédibilité de modèle et de représentation parfaite d’un lieu déterminé, en revanche, d’un autre côté elle laisse éclore les identités régionales richement contrastées.
Histoires alternatives
La photographie, de par sa nature même, a servi comme témoin idéal de l’histoire, de la grande histoire comme celle de l’individu, d’une histoire actuelle ou ancienne. C’est pourquoi elle jouit d’une grande confiance. Et bien que ce média offre en fin de compte de nombreuses possibilités pour interpréter, exclure ou transformer certains aspects de la réalité, une photo continue malgré tout de livrer une image valable, convaincante et acceptée tant socialement qu’individuellement. La photographie peut raconter des histoires fictives comme si elles étaient vraies.
Avec :
Argentina: RES – Gustavo Frittegotto – Gerardo Suter
Brasil: Mario Cravo Neto – Fernanda Magalhaes – Eustaquio Neves – Kenji Ota – Penna Prearo
– Letitia Valverdes
Colombia: Óscar Muñoz – Miguel Ángel Rojas
Costa Rica: Jaime David Tischler
Cuba: Juan Carlos Alóm – Marta Maria Pérez Bravo
Guatemala: Luis González Palma, México
Rubén Ortiz Torres – Tatiana Parcero
Perú: Roberto Huarcaya – Cecilia Paredes
Argentina: Julio Grinblatt – Esteban Pastorino – Gabriel Valansi, Brasil: Casio Vasconcellos
Cuba: Manuel Piña
Peru: Philippe and Hare Gruenberg
Venezuela: Alexander Apóstol – Luis Molina-Pantin
Argentina: Marcelo Brodsky – López Marcos – Paula Luttringer
Brasil Vik Muñiz – Miguel Rio Branco
Colombia: Jaime Ávila – José Alejandro Restrepo
Cuba: Arturo Cuenca – Eduardo Muñoz, Ecuador: Lucía Chiriboga
México: Maya Goded – Daniel Weinstock
Perú: Workshops: Guelatao, Fotokids, Venezuela and TAFOS – Milagros De la Torre
Venezuela: Nelson Garrido
Commissaire : Alejandro Castellote
Coproduction : Instituto Cervantes
Soutiens : Région de Bruxelles-Capitale, Ville de Bruxelles
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« Je ne peux m’empêcher, atteste Gérard Uféras, d’associer la pratique de l’Art à la notion d’amour et de partage ». (extrait de son livre Etats de grâce, éditions du Fantom)
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Also we can recall British film «The Wicker Man» (1973) with its ritual procession of the man-beasts, ho...