C’est non sans fierté que Maison Blanche accueillera, au niveau de sa salle Baie Vitrée, les photographies de Joël Cadiou du 16 mai au 14 juin 2008. Petit fils du grand peintre réaliste Henri Cadiou, nous vous présentons là un photographe hors du commun : du portrait au paysage, l’artiste s’exprime avec force et originalité.
Ses pérégrinations l’amènent d’abord en Inde, dont il témoigne tant du quotidien que de la spiritualité. Captant chaque instant de vie avec authenticité, Joël dépeint l’Inde du XXIème siècle, un pays mystique et spirituel, pourtant en pleine expansion, « évoluant très rapidement sur sa propre histoire, une terre de contraires, où les extrêmes se rencontrent avec force, voire brutalité. »
De ses œuvres se dégage un charme suranné, une impression de grandeur passée, un sens fort de l’Histoire et du passage du temps. Techniquement, cette impression est très certainement liée au travail du sépia ; plus personnellement, c’est parce que Joël « aurait rêvé vivre en d’autres temps, plus lointains, d’où une certaine fascination pour les lieux perdus, abandonnés».
Lorsqu’il photographie Paris, c’est tout naturellement qu’il travaille le vieux Paris, tissant cette série autour des symboles intemporels de la Ville Lumière : Notre-Dame et la Tour Eiffel. Entre ses deux emblèmes coule la Seine, élément naturel apaisant, témoin intemporel et unificateur de la cité. Rappelons-nous ces quelques vers d’Apollinaire :
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine
(…)
Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine
C’est dans cette nostalgie que s’inscrit l’œuvre parisienne de Joël Cadiou : son amour de la vieille pierre, usée ; son instinct par rapport à l’espace, la manière dont il traite les volumes… Son Paris prend alors une autre dimension : la photographie est prise aujourd’hui, mais c’est l’ancienne ville qui survit au temps. Joël a ce don de faire rejaillir le passé dans le présent, de jouer un tour à l’Histoire, de narguer la modernité en lui rappelant d’où elle vient et qu’elle n’échappe pas à ce qu’elle était.
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