inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Manon Ott & Grégory Cohen « Birmanie, rêves sous surveillance »


Manon Ott & Grégory Cohen « Birmanie, rêves sous surveillance »
+0
moins
plus


Le 2011-10-05 18:29:09

Partager:


g

L’exposition Birmanie, rêves sous surveillance est le fruit d’un travail photo réalisé entre 2004 et 2007 en Birmanie et sur la frontière thaïlando-birmane où vivent de nombreux réfugiés birmans. Les auteurs et photographes - Manon Ott et Grégory Cohen - livrent ici leurs regards sur la situation politique et sociale birmane, sur cette société marquée par plus de quarante années de dictature. Une attention particulière est donnée à ceux qui, à leur manière, résistent au quotidien contre ce système oppressif (journalistes, artistes, moines…).
L’ensemble du travail est publié dans le livre Birmanie, rêves sous surveillance aux éditions Autrement (Collection photo – Monde). Le livre est préfacé par Jane Birkin et Robert Ménard (Reporters sans frontières).
En parallèle de ce livre, un cycle d’évènements et d’expositions “Birmanie, rêves sous surveillance” aura lieu en 2008 et 2009 à Paris et à travers la France.

Septembre 2003.
Suite à quelques lectures nous ayant marqués, nous partons en Birmanie, réaliser l’un de nos premiers reportages. Nos intentions étaient alors de faire des images pour témoigner et susciter une prise de conscience des violations des droits de l’homme par le régime militaire birman.
Pourtant, ce reportage peine à aboutir. Tout semble mis en scène pour donner l’illusion d’un décor paisible ; celui du « pays aux mille pagodes ». Un certain nombre de lieux et de régions sont interdits d’accès aux étrangers : les abords de la maison d’Aung San Suu Kyi, les bidonvilles aux alentours de Rangoon ou encore les « zones de conflit » avec les minorités ethniques. L’envers du décor n’apparaît donc qu’à de rares occasions.
Au fil des rencontres et en multipliant les séjours en Birmanie, nous comprenons que loin de résister dans la passivité face à l’oppression de cette junte militaire au pouvoir depuis 1962, une « résistance déguisée » s’organise chaque jour.
Avec quinze noms de plumes différents et un recours constant aux figures de style, Ludu Sein Win multiplie les subterfuges pour contourner la censure. Il refuse de céder à la peur, mais il admet que ce sont parfois ses libertés les plus « intimes » qui lui échappent. « Ils voudraient même contrôler nos pensées ».
Au quotidien, c’est aussi contre l’absurdité, que les auteurs sont contraints de se battre. Tableau interdit pour avoir utilisé de manière excessive la couleur rouge, condamnation à sept ans de prison des Frères Moustache pour avoir ironisé sur la corruption des forces de l’ordre au cours d’un spectacle. Par ces mesures coercitives, la junte espère décourager tout esprit de dissidence.
Pourtant, à y regarder de plus près, entre les lignes ou en privé, un certain nombre d’attitudes et d’actions sont l’expression d’un non-conformisme politique. Aussi épars et anodins qu’ils puissent sembler, ces comportements n’en sont pas moins des signes de courage et d’insoumission. Le signe que, peu à peu, la dictature se fissure.
Ce sont donc ces cultures que le pouvoir démantèle mais qui renaissent, ces histoires de vie détournées mais pas détruites et ceux qui à leur manière résistent au quotidien qui retiennent notre attention. Nous oublions peu à peu notre désir de témoigner d’une situation politique pour privilégier l’aspect humain et personnel du vécu sous dictature.
En même temps que notre itinéraire en Birmanie est guidé par ces rencontres, nous déambulions dans les rues de Rangoon à la recherche de scènes et d’indices, de regards et d’attitudes qui exprimeraient notre propre ressenti vis à vis de ces histoires birmanes. Plutôt que de chercher à « capter la réalité », nous lui extirpons ce que nous en ressentons en la regardant. Les évènements
ne sont pas spontanément signifiants. Comme un jeu de cartes discrètement jeté au sol, ils prennent leur sens parce que le regard se prolonge sur eux et s’y arrête en les photographiant.



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : birmanie, peu, sous, quotidien, livre, dictature, mani, politique, surveillance, ves, attention, rencontres, regards, histoires, marqu, certain, rangoon, avoir, res, nements,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Jiang Zhi : « Love Letters »

Jiang Zhi’s photographs consistently communicate with the viewer from the mind of a poet or writer. Poignant in meaning and stunning in their visual arrest, Jiang Zhi’s photographs continue to decode the meaning and fragility of the human heart, and are successful in speaking across native cultures to the greater global, human condition. Longing, memo...

    Lire la suite



  Dominique Fraikin expose ses « Libres voilées »

"Qui sont ces religieuses qui ont adhéré à l’aventure photographique de Libres voilées dans un parfait esprit de collaboration et d’ouverture ?

C’est elles-mêmes, nous parlant de leur vie de tous les jours, qui nous éclaireront, en mots simples, sur leur engage...

    Lire la suite



  Katarzyna Majak : « Women of Power »

Women of Power consists of 29 color photographs depicting Polish witches, healers, sorceresses, visionaries, spiritual leaders and shamanic techniques practitioners.

According to what Ewelina Jarosz wrote about Women of Power : "The title points to Katarzyna Majak's intenti...

    Lire la suite



  Yves Marcellin présente ses « remémorations » à la Kiron Galerie

C’est à une invitation à la sérénité et à un retour sur soi que nous propose Yves Marcellin dans cette exposition inédite, installation photographique consacrée aux cinq remémorations du Bouddha.

Empreint des écrits du vénérable moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, et plus particulièrement sensi...

    Lire la suite



  Michael Ruetz « The family of dog »

With "The Family of Dog", Michael Ruetz has created, over the last 50 years, a unique body of photographic work. Superficially, these images might appear to pay tribute to the established forms of animal photography. But a second, more focused view shows that the reverse is true. Ruetz' pictures are as far removed from those of the animal specialist...

    Lire la suite



  Jill Magid : « Failed States »

Failed States is an exploration of coincidence and poetics amid the barriers and bureaucracy of governmental power.

In January 2010, while on a trip to research the history of snipers in Austin, Texas, Magid witnessed a mysterious shooting on the steps of the State Capitol. After attempting to speak with a state empl...

    Lire la suite



  Hell Raisers à la Galerie Les Filles du Calvaire

Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...

    Lire la suite



  « L'émouvantail », le conte photographique de Stéphane Fedorowsky

Le conte photographique l’Emouvantail, se veut être « l’Echo » d’une histoire d’amour entre un épouvantail etune jeune femme, la Dame de l’O qui pourrait être celle de chacun d’entre nous… Mais pas seulement…

Souvent associé à un personnage eff...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

Grégory Cohen

Les Voûtes
19,rue des Frigos
75013 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 7/5/2008 au 8/5/2008

Statut : expositions terminé











 




J'aime porter un regard décalé sur les personnages que je photographie
Jacques LANGE   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !