L’Espace Croisé présente la dernière série photographique de Fabien Rigobert Predicament produite par le centre d’art contemporain. Depuis 2003, il instaure dans ses photographies et dans ce qu’il nomme « programmes de photographies » des situations de troubles entre les personnages qu’il met en scène. Acteurs professionnels ou figurants participent selon les opportunités à ses dispositifs étudiés. Il convoque ensemble des protagonistes mais comme pour mieux les isoler. Il n’existe en effet aucun contact physique, aucune interaction des regards, aucune complicité ou dualité entre eux. Chacun est relégué à un repli intérieur. Un profond malaise, un sentiment d’incommunicabilité et de solitude sinon de désarroi s’instaurent.
Depuis 2007, Fabien Rigobert est apparu dans ses photographies où toute improvisation et spontanéité sont toujours bannies. Predicament (littéralement situation délicate, instable, difficile) met en présence un chef de tribu, Indien d’Amérique, mais plus encore la représentation qu’en a véhiculée le cinéma américain (grimage et costume d’apparat) et l’artiste vêtu de noir. Cette fois chacun selon son apparence distincte semble partager l’expérience de l’exclusion et de la précarité en lisière de forêt, au bord d’un étang ou sous un pont.
Occupant un même espace, ils n’en demeurent pas moins esseulés, compagnons d’infortune.
Assis ou debout, installés ou non au même plan de l’image, mais jamais ne « dialoguant » entre eux.
L’exposition étaye ces derniers travaux avec des oeuvres précédentes parmi lesquelles le film Topanga ground, 2005 et la série photographique Nord, 2003.
Un Indien d’Amérique exclu de son territoire, visiblement un chef de tribu, digne mais proche d’une déviance psychologique.
Un blanc de type européen dans un costume contemporain qui inscrit la série à notre époque. Il est plus anxieux et angoissé de la situation qui le préoccupe, celle de l’exclusion d’une société et de la précarité de leurs états.
Ils n’ont rien en commun culturellement, mais ils partagent ici un abris de fortune pour leurs survies respectives. Ils deviennent des compagnons dans leurs déplacements. La forêt, le bord d’un étang, le pont qui fait notamment référence à l’expression, celle de « dormir sous les ponts ». FR
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