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SEANCES AVEC DIEGO ET FRIDA Photographies de Juan Guzmán
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Le 2008-01-02 22:35:58

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L’écrivain Luis Cardoza y Aragón1 n’exagérait pas lorsqu’il décrivait Diego Rivera et Frida Kahlo comme des symboles identificateurs du “paysage spirituel” du Mexique. Nul ne peut nier le rayonnement multiple et persistant produit par la vie, l’œuvre et la légende de ce couple de peintres qui à leur époque ont incarné, comme peu d’autres l’ont fait, l’esprit de l’art moderne mexicain. Le Mexique surgi de la Révolution de 1910, qui dans la seconde moitié du siècle a tenté de concilier la fidélité à ses traditions et son désir ardent de modernité, a vécu, dans les trajectoires de Rivera (1886-1957) et Kahlo (1907-1954), deux de ses plus illustres et éloquents récits.
Auteurs d’œuvres qui se sont distinguées de par leurs dimensions, leurs ambitions et leur portée – l’un habitué à déployer ses visions allégoriques de l’histoire nationale et mondiale sur de vastes surfaces ; l’autre plus encline à faire de la peinture de chevalet le miroir de sa souffrance et de ses tribulations –, Rivera et Kahlo ont été très présents dans la vie culturelle, sociale et politique de leur temps, non seulement à travers leurs tracés et leurs coups de pinceau. Croyants et militants de l’idéologie communiste, actifs combattants de l’impérialisme yanqui, citoyens ne mâchant pas leurs mots, couple atypique, ouvert et polymorphe, tour à tour séducteurs, provocateurs et sarcastiques, ces artistes étaient pleinement conscients de leur condition de figures publiques.
Dans le cercle des célébrités mexicaines de la première moitié du XXe siècle, qui comptait tout au plus quelques centaines de personnes, les moindres faits et gestes de Diego et Frida étaient aussitôt commentés, alimentant la rumeur, le scandale et la polémique. Ceux qui avaient été les amphitryons de l’idéologue de la révolution permanente, Léon Trotsky, et du père du surréalisme, André Breton, étaient considérés comme autant de points de référence, de voix influentes, de comportements extrêmes et de caractères indissociables de leurs propres utopies politiques et artistiques.
Pour toutes les raisons précédemment citées, l’iconographie photographique autour de Frida et Diego revêt un intérêt qui va au-delà de la curiosité biographique. Comme pour d’autres personnalités de l’époque – politiques, acteurs, familles de vieille souche, étoiles du sport – la photographie représenta un support primordial pour asseoir des figures publiques comme Diego et Frida. La diffusion de l’essentiel de l’œuvre de Rivera, les peintures murales réalisées sur les façades des bâtiments publics, s’est faite principalement à partir de reproductions photographiques. Les principaux photographes qui accompagnèrent l’avènement de la Renaissance Mexicaine –  Edward Weston, Tina Modotti, Manuel Álvarez Bravo – se sont intéressés aux détails de la poésie épique picturale et de l’effigie du muraliste. Hans Gutmann Guster, un photographe d’origine allemande qui s’est installé au Mexique en 1940 après s’être affilié au camp républicain pendant la Guerre Civile espagnole, fut l’un des nombreux portraitistes à accéder au monde de Diego et Frida. Son statut de correspondant des revues américaines Time et Life et de reporter de magazines mexicains, ainsi que sa capacité à établir une relation plus amicale que professionnelle avec Diego Rivera et Frida Kahlo lui a valu d’être le photographe qui, sous le nom mexicanisé de Juan Guzmán, connut les maîtres à la fois en tant que personnes et en tant que personnages. Dans le millier d’images composant l’archive photographique de Gutmann-Guzmán, l’une des chroniques visuelles que le photojournalisme mexicain de cette époque nous a légué pour comprendre les avatars de la modernité mexicaine, apparaissent les peintres légendaires entourés de figures et décors de leur époque. Portraits posés et spontanés, reprographies d’œuvres devenues emblématiques, images de peintures murales et de tableaux en cours, enregistrements de conférences de presse et d’événements qui firent couler beaucoup d’encre journalistique, font partie de cette mémoire iconographique.
L’exposition Séances avec Diego et Frida. Photographies de Juan Guzmán est le résultat du travail de restauration réalisé par la Direction d’Arts Visuels de la Fondation Televisa aux archives photojournalistiques de Juan Guzmán, l’un des fonds intégrant les collections photographiques dont la Fondation a la charge. Cette exposition est présentée, avec le soutien de l’Instituto de México à Paris, dans le cadre des commémorations organisées à l’occasion du centenaire de la naissance de Frida Kahlo et le cinquantenaire de la mort de Diego Rivera.

Alfonso Morales

Frida Kahlo (1910-1954) est née à Coyacán. A 18 ans, elle eut un grave accident à la suite duquel elle dut subir de très nombreuses interventions chirurgicales qui la contraignirent à rester souvent couchée. Ses tableaux, comptant plus de soixante-dix autoportraits, témoignent de sa douleur, de ses angoisses et des turbulences de sa vie privée avec le muraliste Diego Rivera qu’elle épousa deux fois.

Diego Rivera (1886-1957). Avec José Clemente Orozco et David Alfaro Siqueiros, il appartient à la première génération d’artistes mexicains à avoir mis leur art au service de la cause révolutionnaire. Il suivit des cours à l’Académie des Arts de Mexico avant de partir quelques années en Europe, notamment à Paris de 1911 à 1921, où il se lia d’amitié avec Modigliani et étudia le cubisme. De retour au Mexique, il créa le muralisme, mouvement associant monumentalité et styles modernes et folkloriques afin d’exprimer les aspirations révolutionnaires du Mexique tout en glorifiant le passé précolombien. L’œuvre la plus importante est incontestablement les fresques murales du Palacio Nacional narrant les thèmes de la vie politique et sociale du Mexique.



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Photographe(s)

Juan Guzmán

Institut Culturel Mexicain
119 rue Vieille du Temple
75003 PARIS 
France

Voir tous les lieux

Du 07/12/2007 au 22/02/2008

Statut : expositions terminé











 




J'ai été témoin et ces photos sont mon témoignage. Les événements que j'ai enregistré ne devraient pas être oublié et surtout pas répétés.
James NACHTWEY   














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