Le cinéaste Jean Renoir disait se méfier des intellectuels qui ne savent ni regarder, ni écouter, ni sentir.
Cependant, les photographies de Bogdan Konopka, qui n'ont besoin que d'un regard tranquille, font régulièrement l'objet de fort beaux textes. En fait, il me semble que c'est le propre d'un vrai travail d'auteur que de nous rendre « bavard » et lorsque ce travail rencontre un regard sensible et attentif, sa capacité à concentrer tout un réseau d'observations, de sensations, d'idées, se développe comme un parfum et fait s'éclore chez celui qui regarde tout un discours. Les images de Bogdan Konopka sont de taille plutôt petite1, mais leur ancrage dans le réel ne nécessite pas de décodage particulier et leur capacité d'accueil est grande. Pour peu que nous en prenions le temps, elles s'offrent facilement à l'appropriation et ce moment est d'un intense plaisir, car quelque part on se sent soi-même artiste.
Dans ce qui se présente à nos yeux, rien n'est inventé et chaque image possède la référence bien précise d'un lieu et d'une date de prise de vue. Bogdan Konopka repère ses espaces avec minutie et ne travaille pas au hasard bien qu'il sache saisir une rencontre fortuite et la faire s'épanouir dans une image. Comme il le dit lui-même : « Je ne fais pas des photographies pour mon plaisir, la photographie exige d'être un document de son temps ». Le regard attentif qu'il porte sur le monde s'attache plus particulièrement à l'environnement urbain, l'Europe, la grande, et maintenant la Chine où il vient d'être invité par deux fois. Il est bien sûr facile, mais quand même nécessaire, de rappeler que sa ville natale, Wroclaw, fut détruite au trois-quarts et que son enfance s'est passée tout entière dans les ruines. Mais n'allez pas croire que ses images soient tristes ou mélancoliques, qu'il recherche particulièrement le passé, le typique ou tout simplement le banal. Ne pensez pas non plus qu'il court après le spectaculaire, les démolitions intempestives ou les accidents ravageurs, il se contente très bien de l'ordinaire et du quotidien. Sans jugement de valeur, sans condamnation ou dénonciation, sans affect inutile non plus, il sait prendre en charge le temps qui passe. « Le salut de notre âme est entre nos mains », lui aurait dit Gaston Bachelard.
Que ce soit pour une commande officielle, où on lui demandera de rendre compte d'un « patrimoine classé » ou dans des prises de vues personnelles où il s'attachera plus volontiers à ce qu'il nomme lui-même « le patrimoine de rien », c'est « la peau des villes » en mue permanente qu'il nous livre ; cette peau qui s'accumule, disparaît, se reconstruit quotidiennement. Et en regardant ses photographies de Varsovie, de Prague, de Zürich, de Paris bien sûr, on s'aperçoit que chaque cité garde tout à la fois ses racines, sa singularité, mais nous livre aussi une même leçon. Dans leur capacité à disparaître et à renaître chaque jour inlassablement, toutes les villes sont semblables. Sans jamais se départir de son entêtement tranquille à enregistrer ce destin des villes, Bogdan Konopka a choisi d'en traduire toute la réalité plastique, c'est-à-dire de donner une forme à ce qu'il a vu et à ce qu'il veut nous faire voir.
Mais cette « plasticité », pour devenir une réalité photographique, a besoin d'une solide maîtrise technique. Le moindre vent ride ou fait disparaître les images qui affleurent à la surface de l'eau. Alors celui qui dit avoir la patience d'un graveur, sait comment traduire ce qu'il a vu. Au cours du développement et du tirage, il travaille ses gammes de gris jusqu'à obtenir ces images dont la qualité de lumière exerce étrangement le même pouvoir de fascination que celui des daguerréotypes. En nous épargnant la douloureuse expérience du temps qui passe, si souvent associée à la photographie, Bogdan Konopka nous plonge dans un état de grâce subtile et nous livre la durée à l'état pur.
Avec des images à contre-courant des modes et des tendances, des images qui ne font ni dans le nombre, ni dans la dimension, Bogdan Konopka est libre, libre du dangereux souci de faire ce qu'on attend de vous. Avec aisance, il parcourt les territoires les plus divers et nous montre qu'à travers toutes les différences, nous pouvons toujours construire une identité. Avec discrétion et sans regrets inutiles, il nous fait savoir que c'est notre destin d'avoir à secouer régulièrement la poussière de nos sandales
Françoise Paviot
Women of Power consists of 29 color photographs depicting Polish witches, healers, sorceresses, visionaries, spiritual leaders and shamanic techniques practitioners.
According to what Ewelina Jarosz wrote about Women of Power : "The title points to Katarzyna Majak's intenti...
C’est à une invitation à la sérénité et à un retour sur soi que nous propose Yves Marcellin dans cette exposition inédite, installation photographique consacrée aux cinq remémorations du Bouddha.
Empreint des écrits du vénérable moine bouddhiste Thich Nhat Hanh, et plus particulièrement sensi...
With "The Family of Dog", Michael Ruetz has created, over the last 50 years, a unique body of photographic work. Superficially, these images might appear to pay tribute to the established forms of animal photography. But a second, more focused view shows that the reverse is true. Ruetz' pictures are as far removed from those of the animal specialist...
Failed States is an exploration of coincidence and poetics amid the barriers and bureaucracy of governmental power.
In January 2010, while on a trip to research the history of snipers in Austin, Texas, Magid witnessed a mysterious shooting on the steps of the State Capitol. After attempting to speak with a state empl...
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
Le conte photographique l’Emouvantail, se veut être « l’Echo » d’une histoire d’amour entre un épouvantail etune jeune femme, la Dame de l’O qui pourrait être celle de chacun d’entre nous… Mais pas seulement…
Créée par le Musée de l’Elysée à Lausanne, l’exposition Hans Steiner Chronique de la vie moderne a été présentée à la Fotostiftung de Winterthour, à la Médiathèque Valais-Martigny et au Museo Villa dei Cedri de Bellinzona.