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GAO Brothers Photographies - Sculptures
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Le 2011-10-04 20:11:04

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g Vernissage le Mercredi 24 Octobre 2007 de 18h à 21 heures Après les expositions de Feng Zheng-Jie, Ma Liuming, Zhong Biao, Tianbing Li, Zhang Huan, la galerie Albert Benamou poursuit son cycle consacré à l'art chinois avec les Gao Brothers qui comme beaucoup de leurs contemporains sont les prophètes anxieux des métamorphoses de la Chine moderne. Depuis plus de 20 ans les Frères Gao (Gao Brothers) Gao Zhen et Gao Qiang forment ensemble un couple familial artistique brillant dont le riche travail tente de décrire tous les paradoxes de la Chine en pleine mutation. Originaires de Jinan, dans la province de Shandong, située au nord de la Chine ils étudient l'art ensemble et produisent à présent sur la scène internationale un ensemble multimédia virtuose qui comprend la vidéo, la photographie, le théâtre, la performance, la peinture et la sculpture, sans compter de nombreux essais critiques sur la société et l'art et le commissariat d'expositions avec d'autres artistes. Véritables chef de file, et en dépit de censures répétées de la part des autorités, ils sont les observateurs attentifs et méfiants des transformations qui bouleversent leur pays. Leur travail fonctionne comme le miroir lacanien de son développement, véhicule déformant de l'immaturité du pays. Ils décrivent la vie de Pékin et la difficulté quotidienne de l'existence des hommes dans des allégories humanistes, qu'ils mettent en scène sous forme théâtrale, (déniant la notion de performance) et les prennent en photo. Ainsi commence un cycle d'évènements et de rassemblements qui vont se répéter et évoluer au cours des années à travers différentes scénographies. La plus célèbre commence en 2000 où ils rassemblent des individus anonymes, - travailleurs itinérants, les déshabillent et leur demande de s'étreindre pendant 20mn 'The Utopia of 20 Minutes Embrace'. (voir photo) En réaction à la cruauté et à l'aliénation que crée le nouveau programme urbain de démolition et de construction frénétique, les Frères Gao, à travers leurs chorales hésitantes d'hommes nus enlacés pendant le temps de l'évènement, dénoncent l'utopie du progrès et l'aliénation des humains . Soumis aux conditions effarantes du libéralisme, cette population déplacée accuse la perte de ses repères affectifs et de la spiritualité. Ces images approchent aussi les tabous ancrés dans la société chinoise comme la nudité, l'homosexualité, la promiscuité ou les effusions publiques ...et tendrement et arbitrairement les deux frères tentent de conjurer les difficultés inhérentes à la communication entre les hommes. De la même manière la thématique récurrente de 'l'immeuble jamais terminé' 'The Forever Unfinished Building' (voir photo) s'échelonne de manière différente sur plusieurs années. Sur le site d'un gratte ciel en construction les Frères Gao installent des groupes de travailleurs itinérants, des amis, des artistes, et leur font jouer des scénarios divers. Nus ou vêtus ils décrivent un court moment de leur vie dans la cité; drames de la discrimination, de la solitude, des relations sexuelles furtives, le crime, la violence, mais aussi des situations joviales et saines .Ces véritables tableaux vivants mettent en scène des personnages isolés les uns des autre souffrant de l'isolement urbain, et le spectateur assiste voyeur et impuissant à ces fenêtres sur cour désolées,où se jouent ces drames humains ; Les frères Gao utilisent l'artifice des manipulations d'ordinateur pour accentuer les scènes, jouer avec les répétitions comme dans une bande dessinée ou un mandala. Les intentions des frères Gao sont claires : ils dénoncent la destruction progressive du vieux Pékin, la déshumanisation de la ville, la construction galopante d'immeubles de bureaux et de magasins, l'augmentation de la consommation, une nouvelle violence urbaine, une paupérisation de la société et l'augmentation de la solitude dans les villes. L'espace a une fonction symbolique forte pour les Frères Gao. Leur maîtrise des technologies modernes et du travail par ordinateur leur permet de déployer à l'infini leurs labyrinthes comme le faisait jadis le peintre Echer. Partant de lieux réels et souvent désolés, immeubles en travaux, places désertées, terrasses fissurées (voir photo 'Echo' et 'Crack') ils utilisent la distorsion, l'enchevêtrement, l'étroitesse pour accentuer l'impression d'un homme prisonnier, inapte à exprimer ses conflits intérieurs ou ses émotions, et son incapacité à vivre son histoire personnelle et à se débattre contre son destin . Le passé et le présent politique sont un objet de tourment pour les Gao Brothers. Activistes au moment de la révolte de Tienanmen (voir photo), privés longtemps de leur passeport, histoire familiale ravagée par les réhabilitations maoïstes, ils aspirent à une plus large liberté artistique. Pour dénoncer ce régime, ils s'attaquent à la sculpture et créent une icône monumentale en plastique rouge de Mao Zedong (voir photo) une 'Minnie Pinocchio' aux gros seins image, grotesque d'une mère monstrueuse et menteuse. Bien sûr, les Gao Brothers sont des analystes vigilants des relations entre l'Est et l'Ouest et ils sont parfois tentés d'exprimer symboliquement leurs similitudes. Dans leur série des 'High Place' (voir photo), ils juchent des personnages nus sur des monstrueuses piles de livres: tours du fatal 11 septembre ou grattes ciel de Pékin ? Menace prophétique, dénonciation de l'absurdité du progrès, ou allégorie de la vulnérabilité humaine ou tout simplement quête spirituelle ou aspiration à la liberté ? Tout comme ils entassent les livres en socles métaphysiques, l'objet télévision sert aussi d'emblème et de question. Dans les séries 'TV' (voir photo) même ambiguïté, télévision instrument du savoir ou manipulation par le pouvoir et l'argent ? Les frères Gao échappent à tout cynisme et à toute forme de jugement. Ils regardent les hommes comme des scientifiques observent au microscope les bacilles évoluer et se contentent de reproduire leurs gestes en les chorégraphiant. Démiurges impuissants, ils s'interrogent avec compassion sur ces damnés de l'existence, travailleurs en exil, meurtris et aveuglés par les lumières utopiques des chantiers, et qui s'étreignent nus pour un instant d'éternité quand la chine s'embrassera.

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Galerie Albert Benamou
24 rue de Penthièvre
75008 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 25/10/2007 au 24/11/2007

Statut : expositions terminé











 




La photographie, c'est la vérité et le cinéma, c'est vingt-quatre fois la vérité par seconde...
Jean-Luc Godard   














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