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Robert Schwarz et l'algèbre de l'abîme MUSICA NELL'ARTE
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Le 2011-12-20 16:32:27

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g pour MUSICA NELL'ARTE En désignant ses séries de photographies Nu visitant une exposition ou Nu visitant l'atelier, Robert Schwarz veut brouiller les pistes. Il balise ainsi le chemin pour conduire à un inéluctable parallèle avec le Nu descendant un escalier, 1912, qui fit scandale. Certes, le chef-d'œuvre de Duchamp évoque la photographie et, plus particulièrement, la chronophotographie telle qu'elle fut développée par Marey, superposant sur une toile les états successifs d'une femme cubifiée, en mouvement. Mais c'est une fausse piste, un geste de feinte pudeur pour écarter les regardeurs trop superficiels, lesquels se contenteront de sourire et de passer leur chemin. Il y a bien plus, dans ces séries. Et dans un registre tout autre : celui d'une profonde remise en question des statuts respectifs de la peinture, de la photographie, de l'institution muséale, de l'atelier et, in fine, de l'artiste et du spectateur de ses artéfacts. Observons tout d'abord. Dans une première série, Nu visitant une exposition, Schwarz nous propose des images d'une jeune femme nue arpentant les salle du Leopoldmuseum de Vienne, observant des toiles d'artistes de la Wiener Secession ou tentant d'imiter la pose des modèles féminins nus qui y figurent. En décomposant le propos, nous avons donc, en allant de l'intérieur vers l'extérieur, du passé vers le présent : Une femme nue, probablement un modèle du début du XXe siècle ; Une toile de Schiele, Makart, Klimt ou Kokoschka, datant du premier quart du XXe siècle et dûment muséifiée dans la seconde moitié de ce même siècle, fixant ce modèle nu pour une quasi-éternité ; Une jeune femme nue, un modèle de notre temps, il y a quatre ou cinq ans, dans les salles du musée, imitant la pose du modèle peint ou l'observant ; Un photographe, Robert Schwarz, fixant, le même jour, et aussi pour une quasi-éternité, sur un film, le modèle regardant ou imitant l'autre modèle figuré par Schiele ou par un de ses contemporains ; Un spectateur regardeur – vous ou moi – observant, aujourd'hui, demain ou plus tard, le tirage du cliché précédent. Mais on pourrait aussi imaginer un autre spectateur, regardant cette photographie, elle-même reproduite dans un catalogue ou sur la page d'un site Internet. Quelle mise en abîme et quelle réflexion sur le temps, avec ses six niveaux de lecture imbriqués ! Dans la deuxième série, portant le même titre, réalisée pour une exposition à Limoges, en 2002, le processus est le même, si ce n'est que l'abîme est encore plus profond. En effet, la jeune femme nue n'observe plus une toile d'un peintre célèbre et muséifié, mais une série de reproductions, des pastiches réalisés pour la circonstance, de toiles de nus célèbres. Entre les étapes 2 et 3 du processus précédent s'insèrent donc deux autres : 2.1. Un peintre – Schwarz lui-même ? – réalisant, quelque temps avant l'exposition, des copies, sous forme de tableautins, de plusieurs toiles de nus célèbres ; 2.2. Des techniciens accrochant les tableautins pour créer une sorte mosaïque sur deux murs formant un L, un peu avant l'événement 3. Nous avons désormais huit niveaux de lecture ! La troisième série, Nu visitant l'atelier, présente un autre modèle nu, posant devant des photographies agrandies d'œuvres de la série précédente, accrochées en mosaïque au mur de l'atelier parisien de Schwarz. La mise en abîme se poursuit, avec trois nouvelles étapes entre 4 et 5 : 4.1. Robert Schwarz, entre 2002 et 2006, tapisse les murs de son atelier avec les tirages des clichés précédents ; 4.2. Un modèle différent de celui qui figure sur les précédents clichés, Esa Bang, pose, en 2006, devant les murs de l'atelier ; 4.3. Le photographe fixe la scène pour une quasi-éternité. Onze niveaux de lecture, désormais ! Si je me hasardais à transcrire en équations, avec une notation qui s'explique d'elle-même, le processus de la première série de photographies, j'écrirais : Modèle1 Modèle1 + Artiste1 à Tableau1 Tableau1 + Modèlea à Situation1 RS + Situation1 à Photographie1 Spectateur1 + Photographie1 à Situation2 Spectateur2 + (Technicienw + Photographie1) à Situation2 Soit, en développant : ou, en abrégeant : En utilisant une notation semblable, la deuxième série pourrait s'exprimer : Et la troisième : Robert Schwarz confronte donc, dans une même œuvre, plusieurs niveaux de temporalité convergeant vers un même objet, le nu, non pas considéré comme fin en soi, mais comme moyen, vecteur d'une mise en abîme, d'un questionnement ontologique. Pas d'indécence, donc – Diderot écrivait d'ailleurs : l'indécent n'est pas le nu, mais le troussé –, mais de l'impudeur, une impudeur libératoire, comme le déclare Schwarz : les complexes liés au corps sont favorisés par la pudeur qui est une valeur réactionnaire, qui exerce sur nos vies une répression permanente. Le nu, sujet bateau de la peinture académique depuis l'âge classique, a quasiment disparu dans la production des artistes, depuis que les futuristes ont revendiqué un moratoire : nous exigeons, pour dix ans, la suppression totale du nu en peinture. Schwarz le réintroduit, mais en se démarquant de la pratique picturale traditionnelle, donnant ainsi un écho au propos de Brassaï : la photographie, c'est la conscience même de la peinture ; elle lui rappelle sans cesse ce qu'elle ne doit pas faire ; que la peinture prenne donc ses responsabilités. Picasso lui répondait, comme en écho, dans une de ses lettres : la photographie est venue à point pour libérer la peinture de toute littérature, de l'anecdote, et même du sujet. Schwarz, lui, prend ses responsabilités et les assume… Et ces responsabilités passent par la transgression, par les transgressions multiples. Le nu dans un musée n'est pas, par nature, de type transgressif, puisque des générations de bourgeois bien-pensants, y ont régulièrement promené leur moitié et leur progéniture pour visiter les salons, expositions ou les trésors des collections permanentes. Les chairs nues, complaisamment offertes au regard du spectateur, dépassaient de loin, en nombre, les évocations de batailles, les portraits d'hommes célèbres, les figurations d'épisodes religieux et les natures mortes. Ce qui est transgressif, chez Schwarz, ce n'est pas de faire descendre le nu du tableau – les sculpteurs l'ont déjà fait – mais de déshabiller le bourgeois voyeur et de le mettre face-à-face avec ses fantasmes... Pis encore, de faire de cette situation embarrassante et compromettante, une œuvre d'art, objet d'observation ou de voyeurisme pour d'autres spectateurs… Ainsi, le visiteur, instrumenté par cette jeune femme, devient, par délégation ou transfert, celui par qui le scandale arrive, matérialisant d'une façon remarquablement non équivoque ce qui doit être non vu, non révélé, qui doit hypocritement rester dans le crâne, sous la couette ou entre les quatre murs d'un bordel. Certes, pourra-t-on répliquer, mais la nudité dans les ateliers d'artistes était chose courante, dès le XVIIIe siècle, et alimentait les fantasmes d'une certaine intelligentsia. Il existe même des photographies montrant des rapins posant, autour de leur maître, devant un ou plusieurs modèles nus. Et cela ne faisait pas scandale… Le scandale vient, chez Schwarz, de ce que le modèle nu dans l'atelier devienne à son tour œuvre à part entière. Et puis il y a quand même L'Atelier de Courbet. Oui, mais il s'agit, là, d'une allégorie – une allégorie réelle dit le peintre – et d'un manifeste politique – pour la cause irlandaise, notamment – et, de fait, le modèle nu se couvre, ce qui n'empêcha pas le scandale… Dans Les débuts du modèle de Fragonard, conservé au Musée Jacquemart-André, une entremetteuse présente à l'artiste un jeune modèle, les seins nus. Le peintre, muni d'une canne, tente de remonter les jupes de la fille pour découvrir son intimité et, par ce geste même, de ravaler le futur modèle au rang d'objet. C'est un tableau qui date de 1765-1772, mais là, comme le dirait Diderot, on est dans le troussé, dans le registre de l'indécence, pas dans celui de l'impudeur. La différence essentielle tient probablement à ce que les modèles de Schwarz, bien que réels et presque palpables, ne signifient rien de plus que leur propre nudité. Leurs corps, vulnérables et souvent graciles, ne racontent pas une histoire, ne veulent pas faire rêver ou fantasmer. Ils sont comme les hiéroglyphes d'une nouvelle écriture, médiateurs entre un signifiant et un signifié, transposant, en termes plastiques, les quatre niveaux de l'expression que saint Augustin développe dans son De Dialectica : verbum (mot) – dicibile (effable) – dictio (propos) – res (chose). À sa façon, par ses multiples variations sur un thème obsessionnel, Schwarz tente d'épuiser toute la combinatoire des images que l'on peut construire autour d'un nu féminin et de sa représentation graphique. Tel le mathématicien qui s'est doté des règles de l'algèbre pour construire des modèles à l'infini, il développe mais ne crée pas, tout étant déjà contenu en germe et en puissance dans les règles initialement posées. Schwarz fait ainsi écho au propos de Calvino quand il déclare : la photographie n'a de sens que si elle épuise toutes les images possibles. Plus généralement, Schwarz questionne le positionnement de la photographie parmi les différentes formes d'expression artistique. En 1935, dans L'Œuvre d'art à l'époque de sa reproductibilité technique, Walter Benjamin écrivait : on s'était dépensé en vaines subtilités pour décider si la photographie devait être ou non un art, mais on ne s'était pas demandé si cette invention même ne transformait pas le caractère général de l'art. Plus de soixante-dix plus tard, Schwarz s'est posé la question et y apporte sa réponse. Louis Doucet MUSICA NELL'ARTE Presso la Sekanina Arte contemporanea di Ferrara il 20 agosto 2007 alle ore 18,00 si terrà l'inaugurazione della mostra "MUSICA NELL'ARTE" che illustrerà il tema della Musica nell'Arte, in concomitanza con l'apertura del Buskers Festival di Ferrara 2007. Espongono gli artisti Teresa Susy Manzo, Patrizio Mugnaini, Terry May, Robert Schwarz, Davide Martinazzo, Sante Muro, Susanna Murgia, Hermann Franchini, Stefano Guzzetti, Antonio Della Rocca, Sara Agneni. La mostra terrà aperta fino al 5 settembre ed è visitabile presso la Galleria Sekanina di Via Garibaldi 47 a Ferrara. Aperta tutti i giorni dalle 10.00/12,30 – 16.00/19.00 Sabato e Domenica su appuntamento Per informazioni tel 0532.242380 ( Ferrara Pro Art)

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Photographe(s)

Robert Schwarz

Galleria Sekanina-Larson
Ferrara | Tel. 0532-242380 | info.sekanina@virgilio.it
  


Voir tous les lieux

Du 05/09/2007 au 30/09/2007

Statut : expositions terminé











 




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Emanuele SCORCELLETTI   














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