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Rubrique(s) : expositions, > Martin d'Orgeval - REQUISITOIRE - Le plancher de Jean


Martin d'Orgeval - REQUISITOIRE - Le plancher de Jean
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Le 2011-10-05 18:29:09

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g Dans la tradition documentaire, Martin d'Orgeval a réalisé une série de photographies en noir et blanc des quatre morceaux du Plancher de Jean. Cette série témoigne d'une part d'une oeuvre d'Art brut autonome et remarquable comme création en soi, et d'autre part de la gravité que peuvent atteindre certains troubles psychologiques quand ils ne sont ni reconnus, ni pris en charge, comme c'était le cas à l'époque. Dans un souci de vérité et d'objectivité, Martin d'Orgeval a photographié le Plancher comme il a été percé, gravé, incisé : dans sa position horizontale d'origine. Il a posé son appareil à la place où Jean se trouvait quand il a exécuté son oeuvre : tout près des mots, comme accroupi ou à genoux, ou bien à une distance d'une personne debout, qui permet une vue plus large mais jamais complète du texte. Adoptant un point de vue en perspective soit frontale soit axiale, il a saisi le Plancher, non pas comme un tableau, mais comme l'objet de la vie de tous les jours, à la lumière naturelle et sur lequel on marche, on vit. Le texte de Jean prend d'emblée la forme d'un réquisitoire féroce contre la religion, responsable de toutes ses souffrances. Décortiqué par les photographies de Martin d'Orgeval, son champ sémantique exprime les sentiments de culpabilité, de persécution, évoque la guerre, la mort, la paranoïa et la misanthropie. L'idée de sérénité (SANTE, FAMILLE, PAIX, SOMMEIL, INNOCENT) se heurte à l'agressivité et à la haine (HITLER, CRAPULERIE, TUER, CRIMES, PROCES, DIABLE, GUERRES, MALADIES), alors que des mots forts trahissent une conscience menacée (CERVEAU, OEIL, ABUSE, POUVOIR, TRUQUAGE, COMMANDER). La démarche de Martin d'Orgeval nous montre aussi la brutalité des coups de couteau sur le bois, tous les accidents et dérapages de la lame qui laissent deviner les blessures corporelles. La matière trouée et entaillée ainsi que les parties rongées par l'humidité ajoutent au caractère torturé du personnage et finissent de donner au plancher une dimension expressionniste. Histoire de Jean Né en 1939 dans le Béarn d'un père travailleur et taciturne et d'une mère étrange et solitaire, Jean fait des études pour devenir instituteur. Selon la rumeur, c'est à la suite d'un chagrin d'amour qu'il s'engage, bien que fervent antimilitariste, comme parachutiste dans la guerre d'Algérie. Il revient en France en 1959, suite au suicide de son père par pendaison. Désormais chef de famille, le jeune homme âgé de 20 ans reprend la ferme familiale qui, jusqu'alors prospère mais dorénavant mal gérée par lui, s'enfonce progressivement dans la décadence. Petit à petit, les troubles du comportement de Jean apparaissent – psychose et schizophrénie. Il se coupe du monde, néglige les récoltes et les élevages, et devient menaçant envers le voisinage et les visiteurs. Il garde la propriété en se livrant à des rondes, monté sur son tracteur et armé de son fusil. Les années passent avec sa mère et sa soeur Paule. Ils ne sortent plus, ne parlent à personne et se nourrissent de cueillette. La mort de sa mère constitue une étape nouvelle dans la névrose de Jean. Refusant catégoriquement de laisser partir le corps au cimetière, il obtient une autorisation officielle de l'inhumer dans la maison, sous l'escalier. Dès lors, Jean sombre complètement dans la folie. Avec sa soeur pour seul témoin, il se cloître dans sa chambre et passe son temps à graver ses hallucinations, ses angoisses et son délire de persécution sur le plancher de 16 m2, tout autour de son lit, avant de se laisser mourir quelques mois plus tard. Un déluge de mots où la religion semble la cause de tous les maux. Ne s'alimentant plus, Jean ne survivra pas longtemps à sa mère. Il meurt d'inanition cinq mois plus tard, laissant derrière lui le mystère de son plancher. Il avait 33 ans. Le plancher ne sera découvert que bien des années plus tard, à la mort de Paule en 1993, qui, après la mort de Jean, a vécu telle une Diogène dans une solitude absolue, au sein d'une maison envahie de détritus, allant jusqu'à refuser les colis alimentaires des services sociaux par peur d'empoisonnement. Histoire du plancher 1993 Découverte du plancher par un jeune antiquaire et son père, psychiatre, le docteur Guy Roux. 2002 Bristol-Myers Squibb acquiert le Plancher de Jean. 2005 Le Plancher de Jean est exposé à la BNF lors des journées du patrimoine. 2006 Bristol-Myers Squibb, associé à Otsuka Pharmaceutical France, décide d'exposer le Plancher de Jean à l'Hôpital Sainte-Anne, comme témoin d'un passé que le monde psychiatrique espère révolu : une détresse absolue engendrant un isolement social extrême que rien ne semble pouvoir soulager. Cette initiative hautement symbolique s'inscrit dans la perspective de « chute des murs » du Centre Hospitalier prévue d'ici 2010. 14 juin 2007 Première étape de l'installation du Plancher de Jean à l'Hôpital Sainte-Anne (1, rue Cabanis, Paris XIVe). L'oeuvre est exposée grâce à la détermination du professeur Jean-Pierre Olié, devant le service hospitalo-universitaire de Santé Mentale et de Thérapeutique. Vers 2010 Installation définitive du Plancher de Jean à l'entrée principale de l'Hôpital Sainte-Anne. « La transcription qui a été faite du plancher restitue le contenu du délire de persécution de Jean, et peut aujourd'hui nous permettre d'apporter des premiers éléments de compréhension concernant son histoire. On pense aujourd'hui que Jean souffrait de psychose et vraisemblablement de schizophrénie. Il s'agit d'une maladie grave et chronique qui apparaît le plus souvent à l'adolescence. La schizophrénie se caractérise par des symptômes dits « positifs » tels que hallucinations, délire, paranoïa, et des symptômes dits « négatifs » tels que repli sur soi et détachement émotionnel. Chez Jean, on retrouve bien ces deux types de symptômes : les idées délirantes de persécution visant à la fois les voisins, la religion et même l'antenne d'une télévision émergeant de la forêt et visible depuis la maison (tout ceci est décrit sur le Plancher), quant au repli sur soi, il est des plus explicites et caractéristiques tout au long des évènements dramatiques qui ont ponctués l'évolution de la maladie de Jean.» Site internet de Bristol-Myers Squibb Texte du plancher LA RELIGION A INVENTE DES MACHINES A COMMANDER LE CERVEAU DES GENS ET BETES ET AVEC UNE INVENTION A VOIR NOTRE VUE A PARTIR DE RETINE DE L'IMAGE DE L OEIL ABUSE DE NOUS SANTE IDEES DE LA FAMILLE MATERIEL BIENS PENDANT SOMMEIL NOUS FONT TOUTES CRAPULERIE L EGLISE APRES AVOIR FAIT TUER LES JUIFS A HITLER A VOULU INVENT ER UN PROCES TYPE ET DIABLE AFIN PRENDRE LE POUVOIR DU MONDE ET IMPOSER LA PAIX AUX GUERRES L EGLISE A FAIT LES CRIMES ET ABUSANT DE NOUS PAR ELECTR ONIQUE NOUS FAISANT CROIRE DES HISTOIRES ET PAR CE TRUQ UAGE ABUSER DE NOS IDEES INNOCENTES RELIGION A PU NOUS FAIRE ACCUSER EN TRUQUANT POSTES ECOUTE OU ECRIT ET INVENTER TOUTES CHOSES QU ILS ONT VOULU ET DEPUIS 10 ANS EN ABUSANT DE NOUS PAR LEUR INVENTION A COMMANDE CERVE AU ET A VOIR NOTRE VUE A PAR TIR IMAGE RETINE DE L OEIL NOUS FAIRE ACCUSER DE CE QU IL NOUS FO(NT) A NOTRE INSU CEST LA RELIGION QUI A FAIT TOUS LES CRIMES ET DEGATS ET CRAPULERIE NOUS EN A INVENTE UN PROGRAMME INCONNU ET PAR MACHINE A COMMANDER CERVEAU ET VOIR NOTRE VUE IMAGE RETINE OEIL NOUS E FAIRE ACCUSER NOUS TOUS SOMMES INNOCENT DE TOUT CRIME TORT A AUTRUI NOUS JEAN PAULE SOMMES INNOCENTS NOUS N AVONS NI TUE NI DETRUIT NI PORTE DU TORT A AUTRUI C'EST LA RELIGION QUI A INVENTE UN PROCES AVEC DES MACHI NES ELECTRONIQUES A COMMA NDER LE CERVEAU SOMMEIL PEN SEES MALADIES BETES TRA VAIL TOUTES FONCTION DU CER VEAU NOUS FAIT ACCUSER DE CRIMES QUE NOUS NAVONS PAS COMMIS LA PREUVE LES PAPES S APPELLENT JEAN XXIII AU LIEU DE XXIV POUR MOI PAUL VI POUR PAULE L EGLISE A VOULU INVENTER UN PROC ES ET COUVRIR LES MAQUIS DES VOISINS AV(EC) MACHINES A COMMANDER LE CERVEAU DU MONDE ET A VOIR LA VUE IMAGE DE L OEIL FAIT TUER LES JUIF A HITLER ONT INVEN TE CRIMES DE NOTRE PROCES

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Photographe(s)

Martin d'Orgeval

Maison Européenne de la Photographie
5, 7 Rue de Fourcy
75004 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 10/10/2007 au 08/01/2008

Statut : expositions terminé











 




Aujourd'hui, ma photo est une réflexion qui se concrétise dans l'action et aboutit à une méditation. La spontanéité - le moment suspendu - intervient pendant l'action, à la prise de vue. Une réflexion sur le propos la précède. Une méditation sur la finalité la suit. C'est là, pendant ce moment exaltant et fragile, que s'élabore la véritable écriture photographique : la mise en séquence des photos. Le souffle de l'écrivain est alors nécessaire à cette entreprise. Le photographe, n'est il pas celui qui écrit avec la lumière ? Mais à la différence de l'écrivain qui possède son verbe, le photographe est, lui, possédé par sa photo, par la limite du réel qu'il doit transcender pour ne pas en devenir prisonnier.
Abbas   














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