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1ère Biennale de la photographie en Pays de Lunel
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Le 2011-10-05 18:29:09

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g Une conception dominante réduit souvent la photographie à son aspect le plus intime et à la place qu'elle occupe dans la formation de la mémoire individuelle. Elle est alors de format réduit et se loge dans l'album familial, dans les boîtes en carton ou les archives personnelles. On l'emporte avec soi, sur soi-même, là où elle traduit une identité d'appartenance à un groupe d'affinités, à un cercle de proches. Une autre conception majoritaire la relie à l'édition. Si le livre d'artiste occupe une place à part, magazines et journaux font la part belle à l'image photographique. Sur la page imprimée, la photographie contribue à la construction de la mémoire collective des sociétés humaines lorsqu'il s'agit de diffuser massivement les nouvelles et les événements du monde. Sous d'autres aspects, elle promet du bonheur, lorsqu'elle s'associe aux campagnes publicitaires pour décrire un univers idéalisé. Elle se trouve alors instrumentalisée au nom d'une économie du rendement dans laquelle les moyens déployés sont mécaniquement conditionnés par la hauteur des résultats escomptés. Pourtant, au-delà de son usage dans la sphère privée et des vertus estimées de son utilisation médiatique, la photographie trouve aujourd'hui un écho auprès du grand public par une diversité de propositions couvrant tout le champ des arts plastiques au sein duquel sa place est devenue centrale. Jouant de sa spécificité, liée, tant au processus de réalisation qu'à la restitution d'informations à partir d'une surface sensible, elle a ouvert depuis une trentaine d'années l'univers de ses possibles, une fois débarrassée de ses oripeaux, pour constituer une activité expressive autonome, témoigner d'une présence au réel, et développer, à partir de ses caractéristiques plastiques propres, des problématiques artistiques originales face au monde actuel. Dans le même temps, elle a étendu son dispositif de présentation métissant sa pratique à celle d'autres média, multipliant supports, formats et volumes, investissant les murs des galeries et des musées, suscitant de gigantesques manifestations nationales et internationales, et sortant des lieux d'expositions traditionnels pour investir tout le périmètre public, détournant au besoin de leur destination première, les commerces, les services, les lieux de convivialité et les espaces collectifs de circulation. Comme la peinture qui a vu l'autonomie croissante de ses constituants (motif, forme, couleur, texture, surface, cadre), la photographie mobilise l'ensemble de ses composantes pour formuler de nouvelles interrogations : réflexion sur notre propre perception du monde, univers du sensible, limites du réel, etc. Elle s'est muée en véritable outil conceptuel, privilégiant l'idée sur la technique et revisitant différentes approches esthétiques ou documentaires, de sorte que plusieurs tendances majeures peuvent aujourd'hui être observées : celle qui rapproche la photographie du langage pictural, celle qui l'ancre dans un récit à travers des séries narratives, celle du document qui explore et interroge la réalité du monde. L'enseignement de Bernd et Hilla Becher à Düsseldorf influence encore toute une génération d'artistes par la valeur esthétique de leurs images de bâtiments industriels photographiés de manière systématique dans une véritable approche scientifique. Thomas Ruff et Andreas Gursky scrutent les limites de la réalité à partir d'images monumentales. Jeff Wall élabore entièrement une scénographie minutieusement calculée pour donner l'illusion du réel. Jean Marc Bustamante enregistre tous les éléments s'offrant à sa chambre photographique sans aucune priorité. Il s'écarte de l'événement pour donner une représentation du monde visible à valeur de tableau. Il intitule d'ailleurs tableau ses photographies de très grand format. Nan Goldin, ou Sophie Calle évoquent l'intime à travers des séries narratives autobiographiques. Cindy Sherman développe une réflexion sur l'identité, sur la place de la femme et ses représentations dans la société contemporaine, en utilisant une scénographie de l'autoportrait faisant référence aux typologies de l'image picturale, du cinéma, de la publicité et des magazines. Les orientations de la photographie observées sur la scène mondiale se retrouvent dans la production de différents acteurs locaux. Issus d'horizons différents (illustration, graphisme, presse, reportage, édition, enseignement, etc.), on les retrouve au sein de collectifs de photographes indépendants, structures légères fondées sur la mutualisation des moyens logistiques et le partage d'informations. Dans une région bipolarisée autour de deux grandes manifestations : les Rencontres Internationales de la Photographie d'Arles, et le festival Visa pour l'image à Perpignan, on assiste depuis une dizaine d'année à l'émergence des collectifs d'artistes qui, au-delà de la diffusion de leurs créations, y voient le moyen de mieux inscrire leur pratique photographique dans la vie de la cité, et d'être de véritables interlocuteurs ou partenaires des différents opérateurs culturels et décideurs locaux. Alors que d'autres villes ont inventé leur festival (Le Printemps de Cahors, puis Toulouse, ou encore Les Boutographies, rencontres photographiques de Montpellier), c'est sans thématique ou sélection imposée, ni commissariat d'exposition, que les collectifs de photographes du Gard et de l'Hérault proposent de découvrir leurs travaux. Le parc de l'Orangerie à Lunel-Viel a inspiré les photographes et suscité différentes installations in situ parmi lesquelles le public pourra se laisser surprendre par un accrochage en liberté, tant dans les formats que dans les supports. Transit propose une réflexion sur l'état du monde à travers un voyage au pays imaginaire de Sévésie. Ferdinand F affirme sa mémoire singulière du monde. En confrontant le regard particulier de ses photographes sur leur environnement, Ferdinand F veut déceler ce qui fonde à la fois la singularité et l'universalité du rapport au monde visible. Noir d'Ivoire étudie les traces laissées par le retrait des eaux, ou approche la valeur dramatisée mais pourtant esthétique des forêts carbonisées. Les Photographes Anonymes jouent leur accrochage sur la rythmique particulière du parc et de ses végétaux, mais le ton est grave lorsqu'ils mettent en rapport un énorme bloc de papiers compactés avec les tranches de ces arbres qu'on découpe pour le fabriquer. Dans un propos voisin, c'est en stigmatisant l'accumulation des déchets dans nos sociétés avancées, que Clair-obscur nous renvoie à l'image de nos propres comportements. En-vue met en résonance urgence et enfance, ou sublime les atmosphères cotonneuses de la ville endormie que la lumière électrique dérobe à la pénombre. La Maison de la photographie revisite l'esthétique du paysage à partir d'éléments emblématiques de la région, la vigne et l'olivier, comme en écho à la série sur les masets isolés, produite par l'invité, le photographe Serge Gal. Préoccupations environnementales, témoignages d'une présence au monde, regards critiques sur une réalité tantôt contrariée, tantôt sublimée, autant d'interrogations traversant une production qu'il serait illusoire de vouloir réduire à une seule catégorie (reportage, photographie documentaire, plasticienne, conceptuelle). Une pratique artistique qui échappe en tous cas au conformisme et se trouve légitimée par son ancrage dans une réalité humaine ou sociale qu'elle ne cesse d'interroger. Jardin de l'Orangerie Orangerie : Serge Gal : Photographe invité : Titre : « mazets et ruines de la Vaunage » « Depuis la route, on ne voit rien. Une tâche claire au soleil, rien de plus. Beaucoup de tâches claires… De fait, ils ne se livrent que lorsqu'on les regarde, les contemple. Et alors ils parlent, ils se racontent… La Vaunage, depuis Caveirac jusqu'à Congénies, vallée miniature aux portes de Nîmes, est pleine de ces mazets, de ces presque ruines… » Yann de Fareins : Collectif « Noir d'Ivoire » Titre : « Nature Morte » Au cÅ“ur de paysages carbonisés, Yann de Fareins tente, dans une approche systématique, de constituer un ensemble d'images qui traduisent l'émotion intense qu'il éprouve en parcourant ces forêts détruites. Sujets centrés dans un format carré, éclairage au flash, tirages contrastés: autant de choix pour représenter un drame récurent. Nadine Béteille : Collectif « En Vue » Titre : « morte saison » Au- delà d'une apparente « bétonisation » les diverses stations balnéaires retrouvent leur rythme hivernal et offrent au regard du promeneur une vision quelque peu insolite. … Les bâtiments prennent des allures de décors abandonnés, conçus dans une architecture qui se veut plaisante, esthétique, ordonnée, parfois un peu arrogante, mais non dépourvue de charme. En l'absence de préjugés et autres à prioris, il devient possible au photographe d'avoir une approche plus sereine qui lui permet de mettre en évidence, au travers des images, une harmonie toujours fragile entre les espaces naturels et les lieux aménagés. C'est dans ce sens que mon interprétation photographique propose une vision poétique et invite à la flânerie, la rêverie, en ces lieux où la saison dite morte est en réalité riche d'émotions et de vie … Nanda Gonzague : Titre : « vivre en Sévésie » Collectif « transit » Les conséquences de la fuite de dioxine sur la ville de Seveso (Italie) en 1976, l'accident de Bâle (Suisse) en 1986 ou encore l'explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001 rappelle à l'homme qu'il intègre dans sa vie, dans ses villes, des activités terriblement nuisibles et dont il tente de se protéger. « Living in Sevesia » est un projet photographique portant sur le risque industriel, plus particulièrement sur la vie quotidienne autour des sites classés Seveso II à travers plusieurs pays d'Europe. Pergola : Bernard Bouyé ; Bruno Degrancourt ; Cécile Kypraïos ; Jacques Lafont ; Jean-Paul Lejeunes ;Dominique Peyronnier ; Philippe Vagelli ; Titre « identité rurale » Collectif « la maison de la photographie méditerranée » Arnaud Laroche ; Christian Maccotta ; Mariusz Sapinski ; Peter Vass Collectif « ferdinand f » Titre « seaside » Seaside est le premier projet qui ait concerné simultanément les quatre membres de ferdinand f. Quatre points de vue sur un lieu tour à tour délaissé ou recherché, désert ou surpeuplé, rassurant ou inquiétant, un lieu de promiscuité et de solitude : le bord de mer. Le parc : Jacques Fournier Titre : « sans titre » Collectif « les photographes anonymes » Coupez ; Tranchez ; Rasez ; Ratiboisez. Il en restera toujours quelque chose. Nicolas Reboul Collectif « Clair // Obscur » Titre : « restes humains » Le travail « restes humains » est un questionnement sur un sujet d'actualité directement lié à nos comportement et aux modes de fonctionnement de notre société. Suzanne Klein Titre : « le voile de la mariée » Titre : « installation sur rocaille » Collectif « les photographes anonymes » Dix images d'un film d'emballage plaqué par le vent contre la grille d'un jardin, accrochant la lumière rasante d'un après-midi de printemps. La transparence du film plastique artificiel laisse deviner l'arbuste en arrière-plan. Les photos sont fixées sur les dix lampadaires qui longent le chemin près de l'entrée du parc débouchant sur la grande allée devant l'orangerie. L'allée est empruntée par les jeunes mariés en sortant de la mairie. Cette série d'images peut être lu à plusieurs niveaux, en y interprétant un voile et même en y devinant la forme d'une femme en robe de mariée. Une autre lecture réside dans la fascination de la beauté de ce qui est à l'origine déchet, hostile à la nature, et qui pourtant met en valeur la nature qu'elle voile et dévoile. MABEL ZARAMA « extrait de la série : Collecte » Elle est le personnage de ses images. Cependant, elle-même ne s'y reconnaît guère. Mais elle a besoin de s'inventer pour ne pas mourir. C'est ainsi que s'imposent ces moments où elle se plonge dans ses labyrinthes. Une seule image ne révèle pas tout le sens. Ce sont les sèries qui racontent la condensation de ses propres temps. 2006, extrait de la série de 20 images «Collecte» Mairie Salle I : Christian Maccotta Collectif « ferdinand f » Titre : « Pologne » « Pologne » est un travail effectué lors d'un séjour du collectif à Cracovie. Le travail réalisé par seulement trois des membres du collectif n'est pas considéré par le premier projet commun mais plutôt comme un projet simultané. Salle II : Catherine Tauveron “Dans le premier regard, on saisit les flaques de couleur. Ensuite viennent des éclats de lumière. On cherche à voir, à comprendre, surtout à se donner le plaisir de reconnaître les choses. On exploite les sensations (…) Embrouillé dans la proximité, les yeux avec le visage s'enfouissent dans les fleurs. “ (M.C Sellier). Titre : « fleurs vives, fleurs mortes » Collectif « Noir d'Ivoire » Salle III : Bruno Badoux Titre : « portrait sans visage » Collectif « En Vue »

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Du 04/05/2007 au 14/05/2007

Statut : festival terminé











 




Photographier c'est tendre un piège. Soit on met en place la trappe et on attend que la victime tombe dedans, et on appelle cela du reportage ; soit on déplace la trappe pour qu'elle tombe dedans à coup sur, et on parle d'art.
Pierre Movila   














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