Dans les premiers portraits photographiques, la position des mains préoccupe autant le modèle, désireux de fixer de lui une image digne, que le photographe. Sagement posées sur les genoux ou sur un livre, soutenant le front ou le menton, l'une d'elles glissée dans l'ouverture de la veste, autant de choix qui ne doivent rien au hasard. Lorsque les photographes s'éloignent du portrait codifié, lorsqu'ils veulent exprimer la personnalité du modèle, ils n'oublient pas que la main est, après le visage, la partie la plus individualisée du corps. Elle implore, menace ou prie. Elle mendie, elle étreint, elle caresse. Elle sert le jeu du danseur, du mime, du comédien…. Elle joue un rôle essentiel dans la création.
Si la main peut-être vue comme partie d'un tout, comme détail, cet accrochage abordera également la photographie de la main comme fragment autonome. Alors que les peintres et sculpteurs réalisent directement le fragment, tête, pied, main..., le photographe le crée en l'isolant, par le choix du cadrage ou de l'éclairage. Ces détails, véritable "alphabet des morceaux du corps", sont largement utilisés pour la formation des artistes.
De Disderi à Nadar, d'Auguste Vacquerie à Alfred Stieglitz, les oeuvres sélectionnées sont représentatives des techniques et des pratiques, commerciale, artistique ou amateur, qui ont jalonné la production photographique jusqu'au début du XXe siècle. Elles montrent des mains anonymes, mais aussi celles de Nijinsky et du mime Deburau, de la comtesse de Castiglione et de George Sand, d'Edgar Degas et d'Auguste Rodin...
Commissaire
Joëlle Bolloch, chargée d'études documentaires au musée d'Orsay.
Visites avec conférencier
visites en groupe de l'exposition
du 26 juin au 8 septembre 2007
visites de l'exposition en langue des signes
du 30 juin au 6 septembre 2007
Photographie :
Bronia Wistreich-Weill
Les Mains jointes
vers 1925
Epreuve à la gomme bichromatée
H. 30 ; L. 12,9 cm
Paris, musée d'Orsay
(c) RMN, Gérard Blot, DR
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