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Dossier- La photographie au quotidien : Des milliers d'adeptes dans une jungle sans loi
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Le 2011-10-05 18:29:09

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g La photographie fait vivre des milliers de jeunes sénégalais . Cependant, elle est confrontée avec un manque de professionnalisme de la part des pratiquants. Aujourd'hui, la mise en place de structure de formation est une nécessité pour sauver ce métier, aux effets artistiques, qui est pratiqué par n'importe qui et n'importe comment, pourvu qu'il ait un appareil photo. La majeure partie des cars de transport en commun à Dakar est ornée de photos de marabouts, d' artistes et de vedettes de football à l'image de Serigne Touba, Youssou Ndour ,El Hadji Diouf, Henri Camara, entre autres. Dès l'entrée de ces véhicules, la première chose qui attire le regard, ce sont les photos . Selon les chauffeurs, elles sont là pour faire plaisir aux clients et cela dépend du goÛt du conducteur. À l'intérieur du car d'Ousmane Ka, l'option est claire, ce sont des photos des marabouts qui ornent la devanture du pare brise. « Je préfère les photos des Serignes, ce sont mes guides et beaucoup de clients apprécient en même temps que moi, raison pour laquelle ces photos ornent la devanture de ma voiture », avoue avec fierté M Ka. Même son de cloche du côté Maïssa Fall, conducteur interurbain de Dakar à Thiès. Il déclare en tant qu'adepte de Serigne Touba : « je ne peux rien faire sans lui, c'est ce qui explique ces photos dans mon car et cela n'est pas seulement un choix, c'est aussi une question de foi ». Précise - t- il. Des photos de vedettes, pour le plaisir des clients Si, au niveau des deux cars, les photos des marabouts font le décor, par contre, chez Pape Diop, ce sont les photos des vedettes comme El Hadji Diouf, Henri Camara, Fadiga, Youssou Ndour qui attirent l'attention des clients. Ces vedettes, annonce M Diop, constituent une référence pour les futures générations, elles ont mérité d'être, ici parce qu'elles font la fierté de tout un peuple, indique le jeune chauffeur. Les joueurs, comme El Hadji Diouf, ont fait rêver des milliers Sénégalais et continuent de le faire, conclut Pape Diop. Ces photos prises à la sauvette, sans l'autorisation des concernés , sont achetées par les transporteurs , selon les tailles des photographies, entre 200 et 1500 f Cfa, au- prés des vendeurs ambulants. Les vendeurs ou les distributeurs de ces photos font le tour des gares routières et des différents marchés de Dakar, pour vendre leurs marchandises. Il n'y a pas de sot métier dans la vie, dit l'adage , l'essentiel c'est de gagner sa vie et surtout d'aimer ce que l'on fait et beaucoup de jeunes sénégalais l'ont compris. C'est le cas du jeune Aliou Niang qui fait le tour des gares routières et des marchés de Dakar, pour vendre les photos qu'il achetait au niveau des labos photos au prix de 100 f et qu'il revend entre 200 et 1500f l'unité, selon la taille. De l'avis de ce jeune vendeur, ses principaux clients sont des chauffeurs de cars rapides et autres « ndiaga ndiaye », ainsi que certains fans. Durant les périodes du Ramadan, ce sont les photos des grands marabouts qui sont les plus vendues, mais s'il faut faire un classement, ce sont les joueurs qui suivent avec les photos d' El Hadji Ousseynou Diouf ou Henri Camara, entre autres. M.Niang, très fier de son métier, déclare sans gêne que les affaires marchent trés bien . « Il m'a arrive de faire un bénéfice de 2500 à 5000 francs par jour. Pour les grandes manifestations religieuses, comme le magal de Touba et le gamou, on peut gagner jusqu à 100.000 francs Cfa, parce que les photographes nous vendent les photos moins cher, surtout, pendant le magal Touba », précise-il. Ibrahima Nder ne dit pas le contraire ; ce vendeur de photographies, âgé d'une quarantaine d'années, arrive à nourrir sa famille et prendre en charge ses enfants dans les écoles privées. Se faire de l'argent à tous les prix Par contre, Modou Thioub déclare qu'il ne gagne pas grande chose dans ce commerce et souhaite que les photographes baissent le prix des photos clandestines. « Cette baisse nous permettra d'avoir plus de bénéfices , parce que nous sommes pour la plupart des soutiens de familles ». Vendre des photos dans les gares routières nous permet de gagner notre vie, affirme ce vendeur. Les photos achetées par les vendeurs sont tirées par les photographes qui s'investissent, pour « chasser » l'image, dans plusieurs directions . Ils sont d'abord très nombreux à assiéger les cérémonies familiales, religieuses ou tout autre événement où les femmes sont bien en vue avec leurs toilettes, pour immortaliser l'instant et offrir un souvenir payant à ceux qui le veulent . Parmi les événements, il faut prendre en compte les grandes manifestations comme les séances de lutte, les matches de football ou les concerts. Dans les cérémonies, on retrouve des vedettes de la musique ou du sport roi, le football ; on y croise également des chefs religieux , sans compter les personnalités publiques . C'est souvent une véritable aubaine pour ses photographes, que l'on hésite à appeler « amateurs », tant il est vrai qu'ils vivent finalement de ce métier de photographe. La vente, sur les artères de la capitale, de photos prises clandestinement, dénote un manque de professionnalisme de la part des photographes qui s'y adonnent. Selon Edouard Diatta , photographe au quotidien national le Soleil, « les photographes doivent s'organiser, pour empêcher ce genre de business qui n'honore pas notre noble profession » . Ce doyen du photojournalisme ne cache pas sa peine, lorsqu'il voit un photographe professionnel vendre ses photos à 100 francs. Combien va t- il gagner ? s'interroge-il. Eugène KALY

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