Résurgences, un bestiaire photographie de Didier Lemarchand
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Le 2011-10-05 18:29:09
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résurgence 1&2
A travers la naturalisation, les muséums ont cherché à donner vie à des animaux inertes. Aujourd'hui, seuls les jeunes enfants et les innocents sont encore impressionnés par cet ersazt de vie. Les animaux empaillés ont été supplantés auprès du public par la photographie et le cinéma documentaire. Or, paradoxalement, la photographie animalière à travers son naturalisme "taxidermise" aussi à sa façon les animaux.
En parcourant les allées de différents muséums (La Chaux de Fond, Dijon, Autun, Toulon) une autre vision photographique s'est imposée : dénaturaliser les animaux empaillés pour leur redonner vie derrière l'oeil du spectateur; retrouver, par leur surgissement, non pas le mouvement réel saisi, mais un mouvement virtuel, potentiellement bien plus riche en sensations, souvenirs et réflexions, et au-delà, interroger la renaissance de mon propre regard.
Didier Lemarchand
Lorsque Didier Lemarchand m'a envoyé ses « photo-graphies », c'est ce titre qui a retenu mon attention, avec l'idée d'un courant continu venu du plus profond du monde souterrain, de je ne sais quelle mystérieuse grotte dont les murs auraient été revêtus de peintures rupestres, images empruntées à de très anciennes « civilisations ». L'écho s'en trouve dans le mono-logue intérieur qui accompagne l'ensemble des images. « Résurgence » évoquait aussi le souvenir, l'émerveillement de l'enfant qui dans un lointain musée de province découvrait les animaux naturalisés par le taxidermiste attaché aux « cabinets de curiosités » et les dialogues silencieux qui s'en suivaient. S'y ajoutait la mémoire de moments heureux de notre culture… C'est évident : les animaux de Didier Lemarchand devaient nous parler. Surpris dans leur immobilité ils nous apostrophent. Héros singuliers, ne nous renvoient-ils pas à ces mots de Paul Valéry :« …Achille immobile à grands pas… » ?
Gérard Fournaison
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