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Laurent Millet - Les tempestaires
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Le 2011-10-05 18:29:09

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g Poétique météorologique « [Il existe] certains étangs sur les bords desquels ont l'habitude de se rendre les fabricateurs d'orage pour battre la grêle. (S) Souvent des familles entières se vouent à cette industrie qui ne s'exerce qu'au sein des plus profondes ténèbres. Armés de longues perches ou d'énormes pelles de bois, les grêleux, toujours au nombre de trois, battent vigoureusement et en cadence la surface liquide. Bientôt sous l'action frénétique de leurs bras, qu'accompagnent des imprécations et des cris sauvages, l'eau s'élance en sifflant dans les airs. Ses parties les plus ténues se volatilisent, gagnent les hautes régions de l'atmosphère, s'y assemblent, s'y condensent, et quand paraît le jour, le fléau est enfanté. » Ainsi naissent les nuages. (P. Sébillot, Croyances, mythes et légendes des pays de France. Cité par Nora Philippe, catalogue Millet / Muniz, Hôtel des Art. Toulon, 2005) Laurent Millet vit dans un village de l'estuaire de la Gironde. Cette notation n'est pas anecdotique, tant la matière de sa création est puisée à son environnement. Il y eut d'abord cette série d'images, en 1997, "Les petites machines littorales", constructions, sculptures éphémères devenues des photographies à la poétique et à la matière si séduisantes, que ce jeune français inconnu avait les honneurs d'une grande galerie New Yorkaise... grand succès entériné par un article du New York Times, et prolongé par une exposition au musée des beaux arts de Santa Fe. Dans l'exposition rétrospective présentée cet été à l'Hôtel des Arts de Toulon (Illusions et machines à images. Laurent Millet / Vik Muniz), on a pu voir le début d'un travail intitulé "Les tempestaires". S'inspirant d'anciennes croyances paysannes, mais aussi de la vie de son village, des chasseurs, de la vie sauvage des marais, de ce monde de la campagne nocturne auquel il aime se confronter, Millet construit une poétique météorologique et animale. Les Tempestaires / Le Bestiaire Le tryptique qui ouvre cette série est l'image d'un rideau qui se déchire : l'eau stagnante du marais est pulvérisée en jeysers par l'impact d'un tronc qui explose sa surface. Photos réalisées de nuit, flash déclenché d'une main au bruit de l'impact, l'autre précipitant le tronc dans l'eau. Photo "physique" implicant le corps du photographe dans un happening que l'on imagine directement inspiré de ce texte de Sébillot qui décrit l'action malfaisante des tempestaires réussissant par magie et par force de bras à modifier la météorologie. D'autre photographies, en couleur cette fois, continuent d'explorer ce changement d'état de matière : cerisiers en fleur("j¹ai photographié au flash ces boules blanches qui sont comme des explosions sourdes, comme des étoiles... masse solaire, suave et douce"), nuage dans un aquarium, pluie sur une mer de tempête la nuit... A l'opposé, la dernière série de cet ensemble, le Bestiaire, reprend la technique du négatif papier inauguré avec les "petites machines littorales". Cette technique implique une longue pause et un statisme total : l'image est patiemment construite et le temps est ici utilisé dans sa capacité à effacer toute matérialité de l'eau qui devient une matière indécise et vague. Laurent Millet nous ouvre son atelier. Il nous convie à le suivre sur un chemin dont il fait la trace en avançant et il avoue volontiers cette part d'inconnu et d'improvisation présente dans la création «Dans mes travaux récents, il y a encore ce point d¹incertitude : quelque chose continue de m¹échapper, de s¹échapper. Je ne peux pas l¹expliquer autrement, c¹est spontané. Comme les cerisiers en fleurs la nuit. Ce sont des choses qui s¹accomplissent et qui ne peuvent être contrariéesS Ça me rappelle quelqu¹un qui parle de la peinture de Cy Twombly et dit : ³Comme si un oiseau s¹était roulé dedans². » Bestiaire. 20 juillet I, 2005.Tirage argentique viré, 30 x 40 cm. © Laurent Millet

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Photographe(s)

Laurent Millet

Galerie Camera Obscura
268 Boulevard Raspail
75014 Paris 
France

Voir tous les lieux

Du 02/12/2005 au 31/12/2005

Statut : expositions terminé











 




l'émotion à fleur de peau
Kris SERAPHIN LANGE   














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