Yvon Bobinet expose « Pays Sages/Paysages » à La Barak
Le vendredi 03 août 2012 15:13:22
Très utilisée désormais dans le cinéma, la 3D reste un procédé marginal en photographie. Avec ses séries d’images en relief, Yvon Bobinet étonne et détonne. A travers cette technique, le photographe s’amuse des images et des mots pour entrer en interaction avec le spectateur. Il joue avec les impressions, mêlant ingénieusement réel et imaginaire.
Des mondes en relief
Diplômé des Beaux-arts de Nantes, Yvon Bobinet a longtemps enseigné les arts appliqués. Parallèlement, il a toujours pratiqué la photographie. Vers 2000, après avoir longtemps travaillé en argentique, il se lance dans l’aventure du numérique qui lui permet d’approcher différemment l’image stéréoscopique. Depuis peu, il peut se consacrer pleinement à sa passion, multipliant les expositions où il surprend le monde photographique, habitué aux images planes.
Pour produire ses images en relief, Bobinet a choisi l’approche binoculaire. Nom compliqué pour un procédé enfantin qui sied à l’espièglerie de l’auteur.
A l’aide de deux appareils fixés côte à côte, le photographe prend deux clichés en simultané, chacun selon un angle de vue légèrement différent. Les photographies sont ensuite traitées de sorte qu’il ne reste qu’un cliché vert et un cliché rouge. Juxtaposées, les images forment un anaglyphe, image en relief que l’on peut visionner à l’aide de lunettes filtrantes.
Depuis vingt ans, Bobinet réalise des séries d’anaglyphes. Pourquoi ce choix ? Tout d’abord, selon l’artiste, les images produites, même vues sans lunettes, présentent un intérêt et une lisibilité particulière. Elles suscitent la curiosité.
C’est aussi la nature de l’espace stéréoscopique qui a séduit le photographe. En effet, cet espace n’existe que si l’on prend le temps de le regarder. La magie des lunettes filtrantes fait aussi que l’image apparaît uniquement pour une personne, pendant un temps compté et intime. Le spectateur peut alors s’approprier l’espace mais il prend également conscience de sa fragilité et de sa fugacité. La 3D confère par ailleurs une sensation de proximité, l’idée d’un espace que l’on pourrait toucher en tendant la main. Le spectateur peut alors se sentir impliqué dans ce qu’il observe.
Ce ne sont plus des images que le photographe se plait à créer, mais bien des mondes.
Regarder autrement et voir ce qui n'est pas
Les anaglyphes induisent une démarche active de la part du spectateur. Le travail du photographe peut ainsi être vu comme une invitation à voir autrement, à consacrer du temps à chaque image dans un monde où celle-ci est omniprésente et où, chaque jour, nous absorbons des informations visuelles à une vitesse vertigineuse. Yvon Bobinet présente des visuels détaillés, invitant chacun à y passer du temps, à regarder au sens ancien de « faire attention à » et ainsi à découvrir les histoires qu’ils racontent. Des histoires que le photographe, par un travail habile, s’amuse à brouiller encore, même une fois révélées par le filtre des lunettes.
« Mes images sont des espaces fabriqués. En apparence proches de la réalité, elles sont en fait des mises en scène que la spatialité spécifique de l’anaglyphe rend consciemment fictives. Il faut juste regarder autrement... »
Bobinet manipule les apparences, mêlant univers fantaisistes et technique hyperréaliste. L’image binoculaire donnant une perception purement mentale de sa spatialité - car construite par le cerveau lorsqu’il fusionne les informations vertes et rouges - est intrinsèquement prédisposée à nous faire voir ce qui n’est pas. On comprend ainsi pourquoi le photographe a choisi de privilégier cette technique, jouant sur l’ambiguïté entre le réel et le perçu.
De cette série en cours, Yvon Bobinet présente quelques extraits. Il s’agit d’un ensemble de paysages à première vue paisibles, des « pays sages ». Ils semblent refléter un échantillon du monde, culturel et géographique, bribes d’un voyage qui aurait conduit le photographe de la Corse à la Polynésie en passant par le Kirghizistan.
Cependant, comme toujours, derrière les apparences se cachent des histoires et des situations imaginées.
Comme lorsqu’il était enfant, Yvon Bobinet s’invente des histoires et reconstruit un monde à son échelle à partir d’espaces naturels. Pour qu’il y ait illusion, la conversion doit être vraisemblable. Mais dans chaque image, un objet dérange. Elément abandonné laissé ou glissé par le photographe, il donne au spectateur une idée de l’échelle du lieu mais alerte aussi sur l’impact de l’homme sur la planète. Aucune volonté de dénoncer ou de critiquer ici. Simplement, encore, de poser des questions. Avec cette invitation à la rêverie et au voyage, Bobinet tisse une fois de plus un lien ténu entre le monde réel et celui de l’imaginaire.
Quatre photographes, quatre regards sur terre… Quatre expositions réunis ici en une seule offrant quatre regards différents sur le monde qui nous entoure.
L’Eau, la Terre, l’Air et le Feu les quatre éléments indispensables à toute vie sur terre sont exploités par ...
Une trace est une suite d’empreintes ou de marques que laisse le passage d’un être ou d’un objet : elle implique un déplacement dans l’espace et le temps. La trace est donc ce qui reste de quelque chose qui a été, ce qui subsiste du passé, d’une chose, d’un évènement qui a existé. Elle est éphémère ou dura...
Beginning in 2006, Luo Dan set out across China to document the enormous spectrum of Chinese society. Leaving behind his decade-long career as a photojournalist, and inspired by the likes of Robert Frank and Jack Kerouac, LUO Dan embarked on two long journeys crisscrossing China to document his fellow countrymen. "China Route 318" (2006) is comprised of...
Après ses séries photographiques sur la cité scolaire Jean-Jaurès à Montreuil et sur le nouveau site des Archives Nationales à Pierrefitte-sur-Seine, Gilles Raynaldy, photographe en résidence à la Capsule, présente du 25 avril au 7 juin un travail qu'il a commencé il y a peu au contact des ...
Malgré les apparences, l’acte est photographique. Le protocole est précis, la technique est simple : 2 photographies en surimpression, sans aucun autre artifice. En tant que photographe d’architecture, je photographie volumes, perspectives, espaces, matières... en tant que photographe auteur j’ai souhaité manipuler ces éléments, les ...
Cela fait partie du travail du photographe de voir plus intensément que la plupart des gens. Il doit avoir et garder en lui quelque chose de la réceptivité de l'enfant qui regarde le monde pour la première fois ou du voyageur qui pénètre dans un pays étrange.