Christopher Anderson et son image singulière de la France dans « Sète # 12 »
Le mercredi 28 novembre 2012 13:04:33
Bleu, blanc, rouge... Telles sont les couleurs sur lesquelles Christopher Anderson a réfléchi ses images. Lors de sa venue à Sète pour le Festival imageSingulières, il a été très vite immergé dans le tourbillon qui enivre la ville à cette période de l'année.
De ces drapeaux français qui ornent la ville, Christopher Anderson a réalisé un travail des plus intéressants sur la question symbolique du drapeau, mais aussi sur sa portée identitaire. Il est américain, certes, mais sa femme et son fils sont français, ce qui l'a poussé à s'interroger par le biais de ses clichés.
Des portraits, des foules en délire, des joutes sur des bateaux, des rues, des devantures de magasins, des articles alimentaires sont autant d'images allégoriques qui représentent, le temps d'un Festival, une image de la France animée fière de son identité, qui a séduit le photographe.
Christian Caujolle a réalisé, pour ce livre de photographies, un texte lyrique dont lui seul a le secret : « Généralement, lorsque l'on pense aux images, lorsque l'on les regarde et que l'on cherche à les apprivoiser, c'est l'idée – ou la réalité – du silence qui s'impose. Pourtant, avec la traversée de Sète par Christopher Anderson, c'est un bruit, un ryhtme plutôt, qui s'impose immédiatement. (…) Comment retrouver Sète (et quelle Sète ? ) dans cette proposition aux trois couleurs ? C'est certainement en acceptant de suivre le ryhtme marqué du propos, en nous arrêtant sur les visages et les regards de ceux qui ne sont pas que du rouge, du bleu ou du blanc mais qui trouent la matière colorée de leur présence, en appréciant la lumière qui révèle la matière d'une bouée d'un bleu iréel, en dégustant la façon dont, sur fond rouge et surgissant d'un maillot rayé bleu et blanc le regard d'un jeune homme se donne, en appréciant la virgule de sang sur un coude éraflé durant le combat, en acceptant de voir que le blanc n'est jamais blanc quand une pauvre ampoule s'inscrit sur un mur ou que l'écume naît du ressac que nous pourrons redécouvrir, ou réinventer Sète. »
La suite sera à découvrir dans le reste des lignes …
Christopher Anderson
Né au Canada en 1970, Christopher Anderson a grandi au Texas où son père était pasteur. Puis il a vécu à New York et à Paris. Sa vie de photographe a commencé au laboratoire du Dallas Morning News où il a appris à développer les films et faire du tirage. En 1993, Christopher a été embauché comme photographe pour un petit journal du Colorado. Jamais vraiment à l'aise dans cette position d'employé, il quitte le journal pour démarrer une carrière en freelance en 1995.
Anderson commence à travailler en couleur, et traite un large panel de sujets pour les magazines. Il commence à documenter des questions sociales comme les effets de la crise économique en Russie, les réfugiés afghans au Pakistan, et plus récemment l'élection d'Evo Morales en Bolivie.
En 1999, Christopher Anderson embarque sur un petit bateau avec 44 immigrés haitiens qui tentent de rejoindre les Etats-Unis. Cette expérience a changé sa manière de travailler et il s'est approché de ce qu'il définit comme le « experimental documentary ». Ces images furent récompensées par le « Robert Capa Gold Medal » en 2000. Il passe ensuite plusieurs années à essentiellement photographier les conflits au Moyen-Orient, notamment en Irak, en Afghanistan et au Liban, où il a suivi la première compagnie de soldats américains à entrer dans Bagdad en 2003. Cette même année, il publie sa première monographie, Nonfiction.
En 2004, Anderson entame un projet photographique sur la « révolutioné d'Hugo Chavez au Venezuela. Ce travail donne naissance en 2009 à son deuxième ouvrage, Capitolio, une compilation de quatre ans d'images (Capitolio a été exposé en 2009, lors de la 2e édition du festival ImagesSingulières à Sète). Capitolio fût désigné comme l'un des meilleurs livres photos de l'année au Kassel Photo Book festival en Allemagne. Plus récemment les travaux de Christopher Anderson se sont focalisés sur sa propre famille qui sera le sujet central de son prochain livre intitulé SON.
Il rejoint l'agence VII en 2002 pendant plusieurs années avant d'être nominé à Magnum en 2005 pour en devenir membre en 2010. Entre 2005 et 2009, il est photographe à Newsweek magazine. Il est actuellement le premier photographe en résidence pour New York Magazine. Il vit maintenant à New York avec sa femme et son fils.
« Pauvre Mexique, si loin de Dieu et si près des Etats-Unis », déclarait le général Porfirio Diaz au XIXe siècle. Une formule qui fait aujourd'hui encore sens et que Jérôme Sessini reprend dans son dernier livre : The Wrong Side.
« À l'heure où tout est prétexte à capturer les images et à les diffuser, il est important d'offrir aux jeunes une éducation au regard. Penser le monde en images, devenir des regards conscients. » Raymond Depardon
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