« Ce n'est pas le sujet qui fait une photographie, mais le point de vue du photographe ».André Kertész.
Il ne faut pas se méprendre. Le sujet de l'œuvre de Bernard Hébert n'est peut-être pas le quartier des tanneurs de Fès. Ces puits en briques de terre séchée, ces bains de chaux vive, ces cuves où les hommes aux jambes nues foulent les peaux ne sont pas les objets anecdotiques et pittoresques d'une approche documentaire et didactique. Certes, ces images semblent identifiables instantanément. Le thème annoncé vous autorise une reconnaissance presque immédiate de leur signification: des tanneurs au travail. Mais ce fragment de réel que Bernard Hébert cadre, découpe et immobilise dans une portion d'espace et de temps, dépasse cette réalité. Ce qu'il donne à voir est moins le sujet promis-le travail de ces tanneurs- que ce qui l'entoure et vous allez devoir, comme lui le fait dans ses voyages, prendre votre temps. Il vous invite à rentrer dans la photographie par la tache de lumière d'un chapeau blanc, un bidon de teinture bleue, les jambes d'un tanneur dans une masse liquide rouge et épaisse.
L'auteur de ces photographies sait imposer à votre regard la complexité du spectacle qui le fascine. Ici, le familier devient étrange. Ce sont des jeux de lignes, de cercles et de diagonales, des matières, des traces, des ombres et des lumières, des textures et des couleurs enfin, avec la palette d'un photographe-peintre. Dégradés de blancs qui absorbent la lumière, rouge sang, bleu indigo, jaune safran, touches de vert menthe. A vous de vous perdre dans ces vues en plongée, ces vastes panoramas ou dans ce point de vue frontal. Les perspectives se multiplient, évacuent le ciel, étonnamment absent du cadre dans ce lieu pourtant en plein air. Les seules ouvertures sont les fenêtres, rectangles noirs qui rythment les façades. L'essentiel est bien là: la matière, la couleur.
La photo comme un tableau. Cet étalage de peaux amoncelées est une gamme de dégradés de bruns et de blancs, toute en clair-obscur à la Rembrandt; la lumière transperce une peau dressée par un tanneur, à peine visible et pourtant si présent. Car tout s'écrit avec la lumière. Bernard Hébert vous le dit, la photographie est d'abord et avant tout une écriture. Il va vers ce monde non pas comme un voyeur mais pour en révéler, avec son style, une beauté secrète, silencieuse, immobile, intemporelle.
Natalie CASTETZ
LE COEUR DE LA MEDINA selon Bernard Hébert « Cachée derrière ses murailles aux couleurs changeantes à chaque heure du jour, Fès repose dans son vallon et sur les flancs des collines qui la protègent depuis plus de 800 ans. Une histoire, une culture et un rayonnement dignes des plus grandes civilisations... En franchissant l'une des portes de la ville, le visiteur est immédiatement baigné dans l'atmosphère extraordinaire et enivrante de ses ruelles étroites. Le charme opère à chaque instant et les bruits, les couleurs et les odeurs transportent les sens . Pour qui ressent le désir de cette magie orientale, le bonheur, proche de l'exaltation, est permanent. Dans l'ivresse de la découverte, se succèdent le calme des ruelles, l'animation des souks, l'harmonie des monuments, le silence discret des palais. L'activité humaine révèle non seulement un art de vivre mais aussi un savoir-faire, un artisanat riche de traditions séculaires. Potiers, ferronniers, ciseleurs sur cuivre, teinturiers, tanneurs transmettent souvent entre générations cet héritage manuel et culturel. Parmi toutes ces activités, la tannerie tient une place particulière. Chouara est la plus grande et la plus ancienne. Par sa dimension mais surtout par son décor et son architecture fantastique, elle est le véritable cœur de la médina. En arrivant sur les lieux, quarante ans après mon premier séjour, j'ai retrouvé intact le souvenir du labyrinthe des ruelles, des escaliers qui précèdent de nombreuses boutiques, de l'odeur pénétrante qui vous prend à la gorge en arrivant sur les terrasses et de la sensation provoquée par la découverte de cette scène. En contrebas, s'offre à nous la vision extraordinaire et hors du temps de cette palette géante où les hommes s'activent et semblent condamnés à répéter les mêmes gestes pour l'éternité.
On reste simplement saisi par le ballet parfaitement réglé des mouvements de chacun des acteurs. Tout dans le geste des hommes et l'animation de ce lieu est un spectacle. Mais la beauté de la scène et l'exaltation des sens ne peuvent pas faire oublier la dimension humaine des risques et les conditions de travail éprouvantes que ces hommes connaissent pour la plupart depuis l'enfance... Ce charme médiéval est, de toute évidence, mêlé d'ambiguïté et de contradictions mais la fascination de l'endroit s'impose. Dans cet univers où l'œil capte avec enthousiasme les couleurs et les matières, j'ai simplement voulu partager l'émotion que provoquent en moi ces lieux chargés d'un passé et d'une authenticité qui sont au cœur de l'histoire de la ville de Fès et du Maroc tout entier ».
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
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