Séduite, autant par la qualité remarquable de son architecture que par sa situation face à la mer ou sa longue histoire tissée entre l’art et le paysage environnant, Jocelyne Alloucherie a conçu un projet spécifique pour le Musée d’art moderne André Malraux du Havre.
Depuis de nombreuses années, Jocelyne Alloucherie travaille sur une notion particulière de paysage. Elle ne l’aborde pas comme sujet en soi avec son habituelle charge de codes culturels, mais plutôt comme un reflet de notre rapport au monde, qui ouvre sur des relations fort diverses autant au sein des œuvres que dans leur ancrage social et architectural. Ainsi, elle a été amenée à développer des configurations complexes qui proposent divers niveaux de sens et d’exploration, où images et objets se côtoient dans un parcours imaginaire mais bien incarnés dans l’espace qui les reçoit.
Depuis 2007, elle a réalisé un corpus assez étendu, regroupé sous le titre général de Climats. Il offre des séquences d’images qui sont des métaphores de vents, de bourrasques et de rafales tumultueuses. Elles transmettent la force d’un souffle fictif mais tout aussi réel. Elles portent également les traces dynamiques du geste du peintre, nous faisant osciller entre l’échelle d’un immense espace ouvert et celle plus Jocelyne Alloucherie intime du corps en action. Elle utilise le terme générique d’ "images" ne sachant plus comment nommer ces œuvres qui participent à la fois de la photographie, du dessin tout autant que de la peinture, mais qui sont finalement enregistrées en scannographie et imprimées numériquement. Cette désignation convient d’ailleurs à ces concrétions qui, malgré diverses étapes d’exécution comportant chacune une rigueur technique différente, relèvent davantage de la fiction et de l’imaginaire et se présentent au regard en toute légèreté.
« L’image dans sa réalité ontologique, explique Jocelyne Alloucherie, nous inclut et nous exclut tout à la fois. Et ce fort contraste de socles ou de structures architecturales les recadrant vient accentuer cette oscillation entre deux mondes qui la caractérise ; cette propension de l’image à révéler et à se révéler. Les volumes horizontaux ou verticaux s’y développent de manière organique mais aussi rythmée, proposant des hauteurs et des longueurs différentes tout en conservant des proportions similaires. Les grandes vagues de sable sont des souffles, des traces de vent. Elles évoquent aussi une masse fluide et mouvante comme un océan. Bien sûr, on peut y voir encore l’expression de quelques inquiétudes climatiques mais la structure métaphorique dont elles participent ouvre sur la possibilité d’une évocation multiple et continue. Les œuvres se déploient comme un long déambulatoire incitant le visiteur à un déplacement, faisant sans cesse osciller sa perception et ses points de vue. Ce contrepoint exalte les qualités diverses de l’œuvre pour entrer en affinité avec l’architecture moderniste et audacieuse du musée.
Après avoir observé les jeux de la lumière solaire dans la salle, en février dernier, j’ai pensé que les cimaises pourraient être distribuées de plusieurs façons et pas nécessairement en une ligne unique continue en contre-jour devant les grandes fenêtres donnant sur la mer. J’ai également imaginé qu’il serait bien d’y aménager des percées pour laisser la lumière naturelle entrer par moments en dialogue avec les œuvres. Il m’a semblé heureux que le rythme des ombres au sol vienne à certaines heures s’étendre sur une partie des œuvres, du moins sur les éléments horizontaux. J’ai souhaité aussi inscrire des ruptures qui laissent pénétrer cette lumière si variable du paysage dans l'espace de l’œuvre ».
Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...
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