inscrivez-vous Pas encore membre ? Inscrivez-vous | Connexion Connectez-vous

 
Rubrique(s) : expositions, > Raphaël Dallaporta au musée Niépce


Raphaël Dallaporta au musée Niépce
+0
moins
plus


Le 2012-01-25 13:18:53

Partager:


g

Le travail de Raphaël Dallaporta (né en 1980) porte sur la fragilité de la vie aussi bien que sur une analyse des perversités de la société. Le travail subtil, intrigant, de ce jeune photographe fait appel à la sensibilité et à la curiosité du spectateur. L’exposition Observation rend compte de la richesse d’une œuvre qui n’hésite pas à traiter les objets chargés de sens comme de simples objets industriels. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce détachement, cette fausse objectivité n’est là que pour montrer les limites de la photographie et ses dérives esthétisantes. Cette première exposition personnelle de l’artiste dans un musée français présentera les séries photographiques Antipersonnel, Esclavage domestique, Fragile et Ruine.

La démarche atypique de Raphaël Dallaporta place ses photographies à la frontière de l’art conceptuel et de l’image documentaire. À l’opposé de l’artiste solitaire, il aime s’adjoindre la collaboration de professionnels lui permettant de pénétrer des univers inconnus ou interdits. Chacune de ses séries est le résultat d’un travail mené en commun avec, tour à tour, des militaires du génie d’Angers, des juristes, un professeur de l’institut médico-légal de Garches, ou des archéologues… Chaque image est conçue suivant un protocole rigoureux de prise de vue, alliant frontalité et neutralité, et concourant à décontextualiser l’objet représenté.

Antipersonnel, 2004
Des objets inconnus semblent émerger de l’obscurité. La légende nous renseigne vite ; il s’agit de mines antipersonnel. Raphaël Dallaporta s’en tient au seul objet, reproduit à l’échelle 1, et nous laisse libres d’imaginer les conséquences de son existence. Aucune image sanguinolente ne vient illustrer, tel un reportage, les mutilations provoquées par ces engins. Le photographe nous présente des natures mortes contemporaines à l’allure inoffensive, que la technique photographique tend à esthétiser pour mieux en taire l’usage.

Esclavage Domestique, 2006
Des images froides et distantes de façades d’immeubles sont associées à des textes. Ces récits écrits par Ondine Millot, décrivent les faits qui se sont produits à l’adresse exacte des habitations photographiées. Le spectateur comprend alors que cette série de photographies s’intéresse à une conséquence souvent ignorée du trafic d’êtres humains : l’esclavage moderne. Les images nous incitent à appréhender les réalités dérangeantes que peut cacher l’ordinaire des façades. La dénonciation entreprise par Raphaël Dallaporta de ces situations insupportables où une personne réduit l’autre à l’état de chose, tire sa profondeur de la distance que conservent ses photographies et de son refus de verser dans le sensationnalisme.

Fragile, 2010
À la manière de planches encyclopédiques destinées à un cours d’anatomie universitaire, Raphaël Dallaporta photographie des organes. La légende une fois encore vient expliquer l’origine de ces images muettes. L’objet principal n’est finalement pas l’organe représenté mais la raison de sa présence dans une salle d’autopsie. L’apparente neutralité de la prise de vue, issue d’un protocole strict (vue frontale, arrière plan noir permettant un éclairage dense du "sujet"), isole chaque fragment de corps en tant qu’indice permettant de déterminer la cause de la mort. Ces reliques de chair et d’os ont une valeur concrète d’identification. Mais ainsi photographiées, elles possèdent en outre une dimension métaphysique et philosophique en rappelant le caractère éphémère de la vie et la vulnérabilité humaine.


Fragile, 2010 © Raphaël Dallaporta


Ruine (Saison 1), 2011
Durant l’automne 2010, Raphaël Dallaporta prend part à une mission archéologique dans la région de Bactriane en Afghanistan, lieu de conquête mythique d’Alexandre le Grand. À l’aide d’un drone conçu par ses soins, il réalise dans ce pays en guerre des photographies aériennes de sites archéologiques en grand péril ou inconnus jusqu’alors. L’appareil télécommandé est réglé pour prendre un cliché toutes les cinq secondes, cliché d’une précision sans équivalent. La modélisation des images assemblées, leurs contours volontairement asymétriques mettent en valeur des monuments et des lieux inaccessibles. La technologie la plus pointue se met au service de thèmes chers à l’artiste -la destruction, la précarité des choses-. Elle rend visible ce qui a été et qui n’est plus. Et n’est-ce pas la définition même de toute photographie ? Tout le travail de Raphaël Dallaporta aboutit ainsi à un constat : la photographie ne dit rien, elle enregistre une forme et documente l’invisible. Médium moderne des traditionnelles vanités, elle permet d’évoquer avec subtilité la fragilité de toute chose, la violence et les vices de la société contemporaine.

 

© Musée Nicéphore Niépce



   Réagissez à cet article


Pseudo


Email (Confidentiel)


Commentaire




Code de validation






Mots clés / Tags : style, euml, dallaporta, em, rapha, text, align, justify, images, span, photographie, px, photographies, travail, fragile, inconnus, arch, vue, objet, artiste,

Partager:

Permalien :


  Articles dans la même rubrique
  Hell Raisers à la Galerie Les Filles du Calvaire

Une Ford Pick-up, une Pan/Shovel 66, une Custom 2004 (Jeffrey), une Triumph 69 (Vince), une El Camino 64, une Bel Air 65 (peinte par Vince), une Duo Glide 62, une Comet (qui appartenait à Steve Mc Queen), une Special Construction 2000 (toutes, OM), une Harley 1969, une Dyna 2003 (Wes),une Pan 59, une Pan 62, une Pan 65 (John Copeland), une Sportster 68 (Dr...

    Lire la suite



  « L'émouvantail », le conte photographique de Stéphane Fedorowsky

Le conte photographique l’Emouvantail, se veut être « l’Echo » d’une histoire d’amour entre un épouvantail etune jeune femme, la Dame de l’O qui pourrait être celle de chacun d’entre nous… Mais pas seulement…

Souvent associé à un personnage eff...

    Lire la suite



  Un centre d'essai éphémère Olympus au coeur de Paris

 

Olympus installe un centre d’essai éphémère au cœur de Paris pour faire tester son nouvel hybride haut de gamme.
 
Au mois de juin, l’équipe d’Olympus investit la magnifique cours du Marais, au cœur de Paris, en installant un centre d’essai entièrement dédi&eac...

    Lire la suite


  Hans Steiner, "Chronique de la vie moderne"

Créée par le Musée de l’Elysée à Lausanne, l’exposition Hans Steiner Chronique de la vie moderne a été présentée à la Fotostiftung de Winterthour, à la Médiathèque Valais-Martigny et au Museo Villa dei Cedri de Bellinzona.



    Lire la suite



  Mouna Saboni, "Je voudrais voir la mer" à la galerie Annie Gabrielli

Mouna Saboni est d'origine bretonne, de mère française et de père marocain. Elle a 23 ans et termine sa troisième année à l’ENSP d’Arles.
Je voudrais voir la mer est présentée dans le cadre du festival des Boutographies, Rencontres Photographiques de Montpellier dédiées aux jeunes photographes. La série sél...

    Lire la suite



  Awol Erizcu s'expose chez Hasted Hunt Kraeutler

Awol Erizku's photographs reference classical art works to include models of color in order to emphasize, and draw attention to the lack of racial diversity represented in art history.

 

Erizku creates images such as, Girl with a Bamboo Earring, 2009 in which he repl...

    Lire la suite



  "Dead Cities" à la galerie melanieRio

L’exposition traite de la ville et de sa disparition, sujet du livre de Mike Davis, «Dead cities», fil conducteur de cette exposition.

Thèmes de prédilection du cinéma, de la bande dessinée et de la littérature souvent abordés sous le prisme de la science fiction, ...

    Lire la suite



  Helmut Newton : White women / Sleepless nights / Big nudes

Originally conceived for and presented at the Museum of Fine Arts Houston, the upcoming exhibition at the Helmut Newton Foundation is dedicated to Newton’s first three legendary publications. The motifs published in the books have been transformed into exhibition prints. During Newton’s lifetime, these photographs bordering between fashion and nude ph...

    Lire la suite



 


Photographe(s)

Raphaël Dallaporta

Musée Nicéphore Niépce
28, Quai des Messageries
71100 Chalon sur Saône 
France

Voir tous les lieux

Du 18/2/2012 au 20/5/2012

Statut : expositions terminé











 




Je photographie ce que je ne désire pas peindre, et je peins ce que je ne peux pas photographier.
Man Ray   














     Inscrivez-vous


     Dès maintenant et restez informé
     de toute l'actualité photo !